‹ Initiation artistiqueChapitre 47 sur 54 · GROS ET PRUDHON · texte numérisé non relu

GROS ET PRUDHON

Archêolo gie et morale, o La Révolution politique de 1789 a précipité la réaction contre l'art galant de Boucher ; il tombait avec l'aristocratie corrompue que l'on venait d'écraser ; l'art révolutionnaire fut moralisateur. Il fut aussi archéologique ; les hommes de ce temps croyaient revivre la Rome antique ; les républicains imitaient Brutus ; bientôt l'Empire recommença César. La petite ville de Pompéi exhumée des cendres du Vésuve apportait non plus seulement des œuvres d'art, mais le cadre de la vie gréco-romaine. Les artistes trouvèrent dans ce tombeau ouvert toutes ces « antiquités » qu'ils cherchaient si avidement depuis la Renaissance. Ce n'est pas seulement l'architecture et la statuaire, c'est le mobilier et le costume qui ressuscitaient Rome et la Grèce.

Le style Empire, o L'architecture est un art lent et pacifique ; elle pâtit des révolutions et des guerres. Les assemblées révolutionnaires et les administra tions de l'Empire se sont installées dans des constructions provisoires ou des palais d'ancien régime. Les édifices rêvés par l'Empereur ne furent exécutés qu'après sa chute. L'arc du Carrousel de Percieret Fontaine a vu défiler les armées impériales, mais l'arc de l'Étoile de Chalgrin ne fut achevé que pour le retour des cendres de Sainte-Hélène. Comme ia colonne Vendôme, ils sont des imitations de la Rome impériale. La Madeleine de Vignon et la Bourse de Brongniart affectent également des allures de temple antique. Le mobilier dit Empire, dessiné par des architectes archéologues, résulte aussi d'un effort de reconstitution d'après l'antique. On y démêle des emprunts à Rome, à la Grèce et à l'Egypte. Il montre une gravité un peu pédante et semble protester contre la futilité des styles de l'ancien régime.

Louis David, o Le peintre Louis David domine l'art de son temps. Il était déjà illustre quand la Révolution commença. Il en devint le peintre officiel avant d'être celui de l'Empereur. Il eût volontiers consacré son talent à peindre Brutus et Léonidas, mais Napoléon le ramena vers son temps; ses plus fortes compositions résument le régime impérial dans le Sacre et la Distribution des Aigles. David est un maître d'un robuste réalisme que contrarient des doctrines d'un idéalisme intransigeant et le fanatisme de l'antique. Des statues de marbre sur le mur gris d'un musée l'ont enpêché parfois de voir la réalité dramatique et pittoresque, mais elles ne l'ont pas empêché de ressentir

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