D'IRAN
ILFUTCHALDÉEN, ASSYRIEN, PERSE. || BIEN DES FORMES DE L'ART MODERNE EN SONT DÉRIVÉES.
LA Mésopotamie, «o» La Mésopotamie, la fertile vallée du Tigre et de l'Euphrate, comme celle du Nil, nourrissait déjà, trente ou quarante siècles avant notre ère, une formidable population. La ville de Babylone, sur les rives de l'Euphrate inférieur, a laissé le souvenir d'une agglomération colossale. Mais cette région n'était pas, comme l'Egypte, à l'écart, hors des tourmentes de peuples. Elle est ouverte à tous les vents, à toutes les invasions. Elle a été durement piétinée par des conquérants successifs, Assyriens, Perses, Macédoniens, Arabes et Mongols. Aujourd'hui, le désert a réconcilié tous ces tumultes dans un même silence de mort. Les remparts gigantesques, les palais, les temples-pyramides, du haut desquels les Mages observaient la vie des astres, tout a été nivelé. Cette architecture de brique s'est fondue ; il n'en subsiste que quelques monticules informes ; la terre peu à peu reprend son bien.
Art chaldéen. o La pioche des fouilleurs réveille parfois quelques monuments de ces civilisations lointain es.ATello,nonloinderantiqueBabylone, on amis au jour des restes confus de palais de brique et quelques statues de diorite maintenant au Louvre. Elles représentent un roitelet de la région, qui vivait sans doute vingt-trois siècles avant notre ère et s'appelait Goudéa. Il apparaît debout et assis, vêtu d'une robe longue, les mains croisées sur la poitrine en une attitude touj ours semblable et probablement rituelle. La tête est courte, coiffée d'un polo de laine tricotée ; le sculpteur, comme en Egypte, a taillé des plans simples, tout en ciselant avec minutie les cils du visage et les franges du costume.
Elam. o A Suse, vers le même temps, s'élevait une ville élamite bien antérieure à la ville perse. Les fouilles ont exhumé de cet emplacement des pierres sculptées, des bas-reliefs, une statue de bronze qui permettent d'imaginer une civilisation agricole et pastorale. Mais le monument le plus précieux de ces découvertes est le célèbre code du roi Hammourabi, exposé au Louvre. Il date de vingt siècles environ avant notre ère; c'est un énorme bloc de diorite gravé de caractères cunéiformes. Sa justice réside dans un impitoyable talion. Au haut de cette table de la première loi connue, un bas-relief nous montre Hammourabi, comme plus tard Moïse, recevant de son Dieu la révélation. Ces pierres sculptées de Chaldée et d'Elam ne sont que quelques feuilles desséchées de ce qui fut une forêt; elles suffisent à prouver que l'art assyrien est un ■continuateur fidèle de l'art chaldéen.
Les Assyriens, o Les Assyriens descendus des (16)