POÈMES LYRIQUES TRÈS NOMBREUX. || THEATRE
LE plus ancien monument de littérature allemande est le chant de Hildebrant qui remonte à une époque inconnue, peut-être au ix'= siècle, et dont un hasard heureux nous a conservé un fragment d'une grande beauté. Nous ne savons rien des œuvres écrites en allemand depuis le chant de Hildebrant jusqu'aux Nibelungen, sauf quelques poésies religieuses comme le Heliand en bas allemand et le Livre des Évangiles en haut allemand.
Les Nibelungen 'sont un vaste poème, écrit probablement au xiii* siècle (ou, à cette époque, formé par juxtaposition de chants populaires plus anciens). C'est une grande épopée nationale oii sont rapportés les exploits légendaires de tous les ancêtres de la Germanie, Huns, Goths, Burgondes, Francs surtout. Il y a des parties d'un dramatique admirable. L'analogie avec VIliade est frappante et la comparaison, même au point de vue littéraire, peut être faite,
MOYEN AGE : ALLEMAGNE Ensuite viennent des productions moins natio- =
nales, des imitations des poèmes français, Chan- 'diverses'^ son de Roland, Alexandre, chansons du Cycle d'Artus ou de la Table Ronde ^ des imitations des poèmes latins, par exemple de VBnéide, etc. Voici encore que se répand l'histoire de Re-. nart, comme en France, et du reste la question reste pendante si le premier poème de Renart est français ou allemand. Poèmes religieux et poèmes satiriques abondent du reste aux xm* et XIV' siècles, mais ce qui est très caractéristique c'est le grand nombre de poètes lyriques (Dietmar d'Ast, Kùrenberg, Frédéric de Hausen, l'empereur Henri VI, etc.) qu'a produits le moyen âge allemand. Cette poésie est en général amoureuse et mélancolique, quelquefois pleine de l'ardeur guerrière que l'on trouve chez quelques-uns de nos troubadours. Les poètes qui, comme en France, promenaient à travers l'Allemagne, de cour en cour et de château en château, leur muse lyrique, s'appelaient les Minnesinger (chanteurs d'amour). Celui de tous qui est resté le plus illustre est le Tannhaeuser. Une légende fantastique et touchante s'est formée autour de son nom.
L'Allemagne eut, comme nous, son théâtre -
populaire, moins abondant peut-être, mais très Populaire semblable. On cite comme les plus anciennes que l'on connaisse de ces tragédies populaires les Prophètes du Christ, le Jeu de Vantéchrist très curieux par la juxtaposition de faits bibliques et d'événements contemporains. Plus tard ce furent les Miracles de la Vierge, les Vierges sages et les Vierges folles, drames plus variés, à person-
iz comédie
nages plus nombreux, à décoration plus complète, à intérêt relativement plus concentré. La comédie, en général très grossière, était fort en honneur, surtout au xiv'^ siècle. Ce qu'on représentait sous le nom de Jeux de carnaval ^ le plus souvent n'était autre chose que des fabliaux dialogues, scènes de ménage, scènes de marché, scènes de carrefour. C'était la grosse joie plébéienne se donnant toute licence. — L'activité littéraire allemande, au moyen âge, a été au moins égale à celle des trois peuples littéraires d'Occident.