BOSSUBT, PASCAL, LA BRUYÈRE, FÉNELON, ETC
LE xvi' siècle est pour la France l'époque de la Renaissance des lettres. On appelle renaissance des lettres ce qui est résulté, chez chaque peuple, du contact plus étroit des lettrés de ce peuple avec les littératures antiques, contact qui, du reste, selon le tempérament divers de ces peuples, tantôt a fortifié la veine nationale, tantôt l'a, pour un temps, affaiblie.
Le XVI* siècle en France débute par Marot et Saint-Gelais. Marot est un très gracieux chansonnier, élégiaque et satirique. Il est infiniment spirituel sans pointe, sans manière et sans affectation; il s'élève quelquefois jusqu'à une poésie
Comtntnes
Pabelats
La PletJ.de
philosophique assez grave et jusqu'à l'éloquence. Saint-Gelais, parce qu'il était le plus poète de cour de tous ceux qui furent jamais poètes-courtisans, fut mis par son siècle au niveau de Marot et de confiance les historiens littéraires l'ont laissé à peu près à ce rang. La vérité est qu'il ne vaut rien. On ne saurait cependant lui ôter la gloire d'avoir rapporté d'Italie, où il avait longtemps séjourné dans sa jeunesse, le sonnet.
Dans cette première moitié du xvi^ siècle il faut, en prose, signaler Commines, l'historien de Louis XI, historien politique, historien homme d'Etat, infiniment intelligent des caractères et des tempéraments des grands et écrivain d'une netteté et d'une limpidité rares pour son temps.
François Rabelais, dans ses deux romans épiques, le Gargantua et le Pantagruel, est savant, capable d'une certaine sagesse philosophique que l'on a beaucoup exagérée, mais surtout pittoresque à souhait et possédant l'art de conter autant, plus peut-être que personne au monde. On l'a appelé « l'Homère bouffon » et le surnom peut lui rester légitimement.
La seconde moitié du xvi'' siècle est, à tous les égards, la plus considérable. En poésie c'est la Pléiade, c'est-à-dire la véritable et complète « renaissance » encore que de la « renaissance » Marot ait été déjà un très bon ouvrier de la première heure. La Pléiade c'est Ronsard, du Bellay, Pontus de Tyard, Rémi Belleau et autres, c'est-à-dire gens qui veulent donner à la France, en français, l'équivalent de ce que l'antiquité a produit de plus noble et de plus beau. Ils n'y réussirent pas ; mais ils ont l'honneur de l'avoir.