SEIZIÈME ET DIX-SEPTIÈME SIÈCLES ITALIE
. POÈTES : l'ariostb, le tasse, guarini
i folengo, marino, etc
Iprosateurs : Machiavel, ouichardin, davila, etc
L'ITALIE, après Dante et Pétrarque, était en pleine force et en pleine gloire littéraires [au xvi* siècle. Elle eut une admirable pléiade tde poètes et de prosateurs du plus haut mérite. [Elle eut Ariosto, Tasso, Berni, Sannazar, Ma- Ichiavel, Bandello, Guichardin. Au-dessous d'eux jent écrivains distingués parmi lesquels il faut lîiter l'Arétin, Folengo, Bembo, Baldi, TanmUo, Dolce, Benvenuto Cellini, Annibal Caro, îuarini.
Ariosto, qu'on appelle en France l'Arioste, a jécrit le Roland furieux qui est, non pas |Tépopée en parodie, comme on a trop répété, |mais l'épopée gaie et joyeuse de Roland et de Ises compagnons. Les principaux personnages. sont : Roland, Charlemagne, Renaud, Agralant, Ferragus, Angélique, Bradamante; Mar- Iphise. Le ton est extrêmement varié et l'auteur |y est tantôt joyeux, tantôt satirique, tantôt touchant, tantôt mélancolique et même tragique.
Ariosto est le poète imaginatif et fantaisiste par excellence avec un fonds de bon sens, de raison et d'humanité. Goethe a très bien dit de lui : ' « D'un nuage d'or la sagesse fait retentir quelquefois des sentences sublimes, tandis que, sur un luth harmonieux, la folie semble se livrer à des écarts sauvages et se maintient pourtant dans une parfaite mesure ». Ariosto savait toute l'antiquité mais au fond son grand maître était Homère.
: Torquato Tasso, que nous appelons le
.e asse "Tasse, qui eut une vie traversée de mille épreuves et qui fut longtemps en proie à une maladie mentale, a écrit un poème sur la croisade de Godefroy de Bouillon. Le poème est mêlé de merveilleux; les principaux personnages sont : Renaud, Tancrède, l'enchanteresse Armide, Clorinde. L'inspiration du Tasse es surtout mystique et lyrique ; son génie descriptif est délicieux. La réputation de la Jérusalem délivrée fut immense au xvii* siècle et les allusions sont fréquentes que l'on fait aux personnages ou aux épisodes de ce poème dans toutes les littératures de l'Europe. Il y eut en Italie des partisans acharnés de la supériorité du Tasse sur l'Arioste ou de la supériorité de l'Arioste sur le Tasse et de nombreux duels à ce sujet, les plus querelleurs étant, comme il arrive toujours, ceux qui n'avaient lu ni l'un ni l'autre.
. ■ Berni est un demi-burlesque, comme l'Arioste
Berni dans les parties gaies de son œuvre. Il a fait des satires, souvent virulentes, des paradoxes comme l'éloge de la peste et de la famine et un Roland
XVP ET XVII* SIÈCLES : ITALIE imoiireux qui est extrêmement agréable. Le -,enre bernesque, c'est-à-dire humoristique, a été créé par lui et a gardé son nom.
Sannazar a écrit en latin et en italien. Son grand titre à la gloire est son Arcadie, poème idyllique, grande «bergerie » qui devait avoir des milliers d'imitateurs. Il a fait en outre des églogues en italien et des sonnets en italien également qui le font considérer comme un des grands maîtres de cette langue.
Grand penseur, grand politique, grand philosophe moraliste, Machiavel est un des plus puissants esprits de l'humanité. Il a écrit le Prince, les Discours sur la première décade de Tiie-Live, un Art de la guerre, des lettres diplomatiques et des rapports, car il fut un temps secrétaire de la République de Florence, des Histoires florentines, une comédie {la Mandragore), des romans et des contes. Le Prince est un traité de l'art d'acquérir et de conserver le pouvoir par tous les moyens et en particulier par le crime intelligent et avisé. Machiavel y a marqué la séparation, tantôt relative, tantôt absolue, qu'il y a entre la politique et la morale. Les Discours sur la Première décade de Tite-Live sont pleins de sens, de pénétration et de profondeur ; ses œuvres légères sont d'une singulière finesse de pensée unie à une grossièreté de fond qu'il serait vain de vouloir méconnaître ou excuser.
Bandello est un auteur de nouvelles dans le : genre de celles de Boccace ou de Brantôme. Son originalité, volontaire ou spontanée, consiste dans le mélange de récits licencieux et de
Sannazar
Machiavel
Bandello
sentences et maximes qui sont les plus morales et les plus austères du monde. Il a écrit de plus des odes élégiaques extrêmement estimées. Son style très pur est considéré en Italie comme" style proprement classique.
Guichardin a écrit avec une patience infinie,' une conscience sévère et une imperturbable froideur, en un style pur mais un peu prolixe, cette Histoire de Florence qui est une histoire d'Italie, qui dès son apparition fut saluée comme classique et qui est restée classique. Son histoire est tout à fait œuvre d'homme d'État ; il avait ^ passé toute sa vie dans les plus grandes affaires, gouverneur de Modène, de Parme, de Bologne, diplomate mêlé aux plus importantes négociations; cet historien est un homme historique. " Folengo a donné un poème macaronique, ° ^"^^ c'est-à-dire mêlé de latin et d'italien sous le nom ' de Coccacius (en français Coccaye) qu'il faut! connaître, parce que, traduit en français, il a été^ le premier modèle, semble-t-il bien, de nôtres Rabelais, de plus un Orlandino (enfance âe^ Roland) qui est amusant. D'autres œuvres,* sérieuses, ne méritent pas qu'on en parle sérieusement.
, . L'Arétin (Aretino) est un satirique et un';
poète éperdument licencieux, qui est resté le'^ type, en quelque sorte, de l'auteur infâme. Il fitl des comédies (/a Courtisane, le Maréchal, le Philosophe, V Hypocrite), des lettres familières,.: extrêmement intéressantes pour l'étude des? mœurs du temps, des œuvres religieuses eti édifiantes, pleines, sinon de sincérité, du moinsî de talent, enftn une multitude innombrable def