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XVI'^ ET XVW SIÈCLES : ITALIE

satires, pamphlets, factums, diatribes qui faisaient trembler tous les princes du temps et en les faisant trembler faisait aussi couler leur or dans la caisse de l'Arétin ; il avait élevé le chantage à la hauteur d'un genre littéraire.

Le cardinal Bembo, cicéronien dévot jusqu'à une sorte de fanatisme, a écrit surtout en latin ; mais il a laissé des poésies italiennes d'une grande élégance et d'un grand charme ; il compte parmi les plus brillants représentants et ouvriers de la Renaissance italieune.

Baldi, très grand savant en toutes choses, se délassait de son érudition en écrivant des égîogues, des poésies morales et un très curieux poème didactique sur la navigation.

Tansillo, très fécond poète, composa un poème un peu licencieux intitulé le Vendangeur, un poème religieux intitulé les Larmes de saint Pierre que Malherbe jeune trouva si beau qu'il le traduisit en partie, la Propriété champêtre et la Nourrice où il se montre élève du Tasse, des comédies, un drame bucolique, etc.

Dolce, non moins fertile, a donné cinq poèmes épiques dont le meilleur estV Eri/ance de Roland, beaucoup de comédies, la plupart imitées de Plante, des tragédies imitées d'Euripide et de Sénèque. plus une, qui paraît originale et qui est la célèbre Mariamne si souvent imitée en France. Il a été, en outre, infatigable traducteur d'Horace, de Cicéron, de Philostrate, etc.

Le grand sculpteur et ciseleur Benvenuto Cellini appartient à l'histoire littéraire par son Traité sur la sculpture et ï orfèvrerie et par ses admirables Mémoires, certainement très mêlés

Bembo Baldi

Tansillo Dolce

Benvenuto Cellint

de roman, mais œuvre littéraire de tout premier ordre.

Annibal Caro, ^zr sqs poésies, par ses lettres, par ses ouvrages de critique littéraire, par sa comédie de les Gueux, par sa traduction en vers de V Enéide, s'est acquis un très haut rang dans l'estime de l'Italie et de l'Europe.

Guarini, ami du Tasse qu'il aida dans un travail de revision et correction de la Jérusalem délivrée, fut aussi très incontestablement son élève. Le Tasse ayant fait un poème bucolique, VAminta, Guarini écrivit le poème bucolique Pastor Fido (le fidèle berger) qui est un des plus grands succès littéraires qu'on ait jamais vus. C'est une manière de drame irrégulier, mêlé de chants et de danses, très varié, très poétique, très touchant, d'un goût quelquefois un peu fade. Toutes les Bergeries, tant françaises qu'italiennes et plus tard l'opéra lui-même se rattachent à Guarini ou dérivent au moins du goût pour l'églogue au théâtre que Guarini avait excité. C'est un des hommes dont l'influence a été la plus considérable, non seulement sur la littérature, mais encore sur les manières, les coutumes et les mœurs.

Au XVII* siècle la littérature italienne fut indiscutablement en décadence. C'est le temps, en vers surtout, mais même en prose, du bel esprit sans profondeur et même sans fond, du verbiage élégant et précieux ou burlesque sans aucune véritable force ni de pensée ni de passion. Nous voici en présence de Marini, dit en France le cavalier Marin, zy&csonAdone, poème épique et mythologique ingénieux, parfois bril-

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