‹ Initiation littéraireChapitre 31 sur 56 · XVI^ ET XVIP 5'« ; ESPAGNE ET PORTUGAL · texte numérisé non relu

XVI^ ET XVIP 5'« ; ESPAGNE ET PORTUGAL

est exaucée par Vénus. On peut remarquer aussi que le poème manque d'unité et n'est qu'une succession de poèmes. Mais, comme dit Voltaire, « l'art de conter les détails, par le plaisir qu'il donne, peut tenir lieu de tous les autres; et tout cela prouve que l'ouvrage est plein de grandes beautés puisque depuis deux cents ans il fait les délices d'une nation spirituelle qui doit en connaître les fautes ».

Les principaux dramatistes portugais sont Saa de Miranda, Antonio Ferreira, Gil Vicente. Saa de Miranda est un poète philosophe, ou pour mieux dire, un poète à idées; il a rompu avec les éternelles idylles, églogues, bucoliques, pastorales et bergeries de ses prédécesseurs sans cependant se refuser d'en faire et d'excellentes, mais le plus souvent visant ailleurs et plus haut. Il a réformé aussi toute la métrique, introduisant des mètres comme ailleurs, mais inusités dans son pays. Il a écrit des odes, des épîtres à la façon d'Horace, des sonnets, des poèmes lyriques en latin, des morceaux épiques. Pour toute cette partie de son œuvre on peut assez légitimement le comparer à notre Ronsard. Enfin il a écrit deux comédies en prose les Etrangers et les Villalpandios (les Villalpandios sont des soldats espagnols qui ont un rôle dans la comédie). C'est un des esprits les plus élevés et les plus nourris de littérature classique que le Portugal ait connus.

Ferreira qui fit des poèmes lyriques, des poèmes élégiaques et surtout des épîtres par où il a gagné le nom d'Horace portugais, est surtout un poète dramatique. Il a fait des Far ça s ^ ce qui ne veut

Dramatistes

Ferreira

Gil Vicente

point dire des farces mais des poèmes dramatiques qui sont mêlés (farcis) de profane et de religieux; il a écrit le Brtsto, comédie populaire, le Jaloux qui est peut-être la première comédie de caractère qui ait paru en Europe et enfin Tues de Castro, tragédie, tragédie nationale, tragédie régulière aussi et tellement régulière que l'auteur a cru devoir y introduire des chœurs à la manière antique, pathétique d'ailleurs et menée avec beaucoup d'art.

Gil Vicente, poète très fécond qui écrivit quarante-deux pièces de théâtre, deux tiers environ en espagnol et le reste en portugais, a touché à tous les genres de littérature dramatique; il a fait des drames religieux {autos), des tragédies, des drames romanesques, des comédies et des farces. Ses grandes œuvres sont la Sibylla Casandra, le Veuf, VAinadis de Gaule, le Temple d'Apollon, la Barque d'Enfer. Ses comédies surtout sont d'une verve plus italienne que portugaise. Une tradition veut qu'Érasme ait appris la langue portugaise uniquement pour lire les comédies de Gil Vicente.

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