‹ Initiation littéraireChapitre 32 sur 56 · MICHELET, GEORGE SAND, MERIMEE, RENAN, ETC · texte numérisé non relu

MICHELET, GEORGE SAND, MERIMEE, RENAN, ETC

LE XVIII* siècle français, annoncé et très nettement annoncé par La Bruyère, a été comme inauguré par son ennemi Fontanelle. Fontenelle, neveu de Corneille, débuta par de très méprisables fadaises, églogues, opéras, tragédies froides, lettres de petits-maitres et l'on put croire à l'apparition d'un sous-Voiture. Très rapidement, parce qu'il avait l'âme même du xvni^ siècle à savoir le goût de la science et le goût du raisonnement libre, il se révéla homme très sérieux et parce qu'il avait de l'esprit il se révéla homme sérieux très amusant, ce qui est rare. Il fit ses Dialogues des morts, très humoristiques et en même temps, assez souvent, très profonds; il fitses Entretiens sur la plural itJ des mond^'<h2Lbitahles)

INI TIA TION U TTERAIRE

puis, parce qu'il était secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, ce furent ses charmants et souvent étonnants Éloges des savants, que l'on doit considérer comme la meilleure histoire qui soit de la science au xvif siècle et au xviii^ siècle jusqu'en 1740 environ.

Bayle, Français qui vivait en Hollande pour "■^ ' cause de religion, journaliste et lexicographe, dans ses Nouvelles de la République des lettres et dans son immense Dictionnaire fît preuve d'une érudition très étendue et, sur toutes les questions du monde, surtout philosophiques et religieuses, inclina les esprits à un scepticisme absolu. Fontenelle et Bayle sont les deux hérauts qui ouvrent la marche du xviii* siècle. Maintenant examinons successivement les poètes, puis les prosateurs de la première moitié de ce siècle. La Motte, aussi célèbre de son temps qu'il est oublié du nôtre, fut lyrique, fabuliste, orateur dramatique, épique même d'une certaine façon. Il écrivit des odes mortellement froides, des fables souvent très spirituelles, mais recherchées et laborieuses, des comédies dont la plusremarquable est VA mant înagnifique, assez médiocre, une tragédie excellente et qui eut un des plus grands succès du théâtre français, Inès de Castro. Enfin, comme il était partisan des modernes contre les anciens, il abrégea V Iliade d'Homère en douze chants aussi froids que ses poésies lyriques. Il avait des idées paradoxales en littérature et, poète ou croyant l'être, il estimait que les vers énervent la pensée et les sentiments et qu'il ne faudrait n'écrire qu'en prose. C'est contre ces tendances que Voltaire a très énergiquement réagi.

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