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III

La Henriade

Poètes

Crébillon

Poètes comiques

et tant son génie tient à la nature propre de son esprit), a fait nombre de tragédies et d'opéras qui eurent le succès de toutes les œuvres d'imitation, c'est-à-dire un succès sans discussion, et qui paraissent aujourd'hui le comble du genre ennuyeux.

Crébillon vint ensuite, vigoureux, énergique, secouant violemment les nerfs, roi de l'horreur et des épouvantements, ne laissant pas d'avoir quelque analogie avec Shakspeare, mais sans finesse, sans profondeur, ne se doutant même pas de ce que c'est que d'être psychologue ou moraliste, écrivant mal et méritant dans une certaine mesure le surnom de « le Barbare »que lui a donné Voltaire.

Celui-ci, possédé du démon du théâtre, ayant le sens des beaux sujets et des sujets nouveaux et originaux, les aménageant pour le théâtre avec assez d'industrie, de plus aimant la pompe, la figuration, la décoration et faisant pencher la tragédie du côté de l'opéra, ce qui, à son époque, n'était pas du tout un mal ; mais faible dans l'exécution, ne créant jamais de caractères, parce qu'il ne peut pas sortir de lui-même, aussi médiocre comme psychologue et moraliste que Crébillon lui-même et remplaçant les analyses de passion par des thèses et des lieux communs philosophiques, a laissé un théâtre tragique qui jusqu'à 1815 environ, a fait illusion, mais qui est tombé dans un discrédit d'où il y a peu à parier qu'il se relève.

Les poètes comiques de ce temps sont fort agréables. Les plus illustres sont Destouches, Regnard, La Chaussée. Destouches est le type même de ces comiques du xvin* siècle que nous

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