XVI II" ET XIX'' SIECLES : FRANCE
par son admirable récit à demi autobiographique Adolphe.
Classiques aussi Joseph de Maistre dans ses considérations politiques (Soirées de Péiersbotirg) ; ' même dans le roman, Mérimée, net, précis, coupant et fin; et enfin dans la critique Sainter Beuve, qui commença, il est vrai, par être le théoricien et le conseiller littéraire du romantisme, mais qui bientôt, presque dès 1830, dégagé d'un charme, devint l'auteur de Port- Royal et, quoique d'esprit large et hospitalier parce qu'il était l'intelligence même, très décidément classique dans ses préférences, dans se sentiments, dans ses idées et même dans son style.
Stendhal, pur homme du xvm» siècle et l'exagérant presque par la sécheresse de son âme et de son style, semblant antérieur à Rousseau, pur matérialiste et écrivant avec une précision et une nudité naturelle en même temps et voulue, avait de très beaux dons d'observation et dans le fameux roman le Rouge et le Noir, dans la première partie de la Chartreuse de Parme, dans ses Mémoires d'un touriste enfin, a su dessiner des caractères avec une netteté, une sobriété, une puissance et un relief très rares.
Le théâtre, encore dans cette première moitié =
du xix" siècle, fut très brillant. La lutte y fut ^' *^'^^''' vive pendant trente ou trente-cinq ans entre les classiques et les romantiques, les classiques défendant leur citadelle, le théâtre français, beaucoup plus par leur polémique dans les journaux que par les oeuvres en général regrettables qu'ils apportaient à la Comédie, les romantiques
donnant à cette scène presque toutes les pièces d'Hugo {Hernaiii, Marion de Lorme, Ruy Blas, les Burgraves), et les pièces de Vigny {Othello, Maréchal d'Ancre), et les pièces de Dumas {Henri III et sa cour, etc.). Entre les deux écoles, plus rapproché pourtant, au théâtre, de la nouvelle que de l'ancienne, l'habile Casimir Delavigne donnait, presque toujours avec succès, Marina Faliero, Louis XI, les Enfants d'Edouard, Do?t Juan d'Autriche, la très jolie, mais sans intérêt passionné. Princesse Aurelie, etc.
Un véritable génie dramatique quoique sans style, sans élévation d'idées et sans idées, mais prodigieux constructeur de pièces bien faites, Eugène Scribe, tant par ses drames et comédies que par ses opéras, fut le grand pourvoyeur des théâtres français depuis 1830 environ jusqu'à
La seconde moitié du xix^ siècle fut, en littérature pure, partagée entre le romantisme affaibli mais persistant et le réalisme. Théophile Gautier donnait encore en i9)^^ ses, Émaux et Camées qui sont peut-être sa plus belle œuvre poétique et plus tard (1862) le Capitaine Fracasse. Hugo donnait les Misérables, les deuxième et troisième Légendes des siècles, les Chansons des rues et des bois, etc. Une troisième génération romantique, dont Théodore de Banville était le représentant le plus éclatant et qui procédait beaucoup plus de Gautier que de Hugo et que de Musset, poussait à l'extrême et peut-être à l'excès la virtuosité verbale et rythmique. Puis de grands ou très distingués poètes parurent.