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XVIII'' ET XIX* SIÈCLES : FRANCE

Leconte de Lisle, poète philosophe, épris de — Poètes la littérature indienne, épris de pessimisme, de célèbres goût du néant et de soif de la mort, simposant à ladmiralion par une forme sculpturale et par un rythme majestueux; Sully Prudhomine philosophe encore, surtout psychologue, maniant l'élégie lyrique avec un grand art et surtout la pénétrant d'une sensibilité grave, triste et profonde qui l'aurait fait aimer et admirer avec respect de Catulle, de Tibulle et de Lucrèce ; François Coppée, le poète deà joies et des douleurs des humbles, très habile versificateur du reste et d'une sincérité candide qui fait oublier qu'il a de l'art ; Baudelaire, curieux de sensations rares et parfois artificielles, d'un style extrêmement laborieux, mais arrivant quelquefois à produire une forte impression morbide ou lugubre, considéré, par toute une école qui existe encore, comme un des plus grands poètes de toute la littérature française ; Verlaine, extrêmement inégal, souvent détestable et méprisable, tout à coup charmant ou touchant, ou d'un sentiment religieux qui fait songer à un clerc du moyen âge ; Catulle Mendès, pur romantique, pur virtuose, mais d'une habileté de versificateur étonnante. A ces poètes s'opposèrent des raffinés très curieux qui voulaient renouveler l'art poétique en attribuant plus de valeur au son des mots qu'à leur sens, faire de la poésie une musique et d'une façon générale et surtout, peut-être, être difficilement compris. Ils se donnèrent le nom de symbolistes et acceptèrent celui de décadents; ils tenaient pour leur chef ou pour un ami leur faisant honneur, Stéphane

Mallarmé. Cette école n'a pas été consacrée par des chefs-d'œuvre et ne tardera pas sans doute à être oubliée.

En face de toute cette littérature qui était d'origine romantique même quand elle affectait le mépris des hommes de 1830, toute une littérature réaliste se développait, composée presque exclusivement de prosateurs, mais de prosateurs touchés de poésie, qui avaient lu les romantiques et qui n'auraient pas été ce qu'ils ont été si le romantisme n'avait pas existé, ce qu'ils n'ont pas nié, du reste, et ce dont presque tous sont convenus. Flaubert dont le chef-d'œuvre, Madame Bovary, est de 1857, ^^^ ^^^^ exactement partagé entre les deux écoles ; il avait très également le goût de la grande éloquence, de l'aventureux, delà couleur orientale, etc., et le goût du fait vrai, commun, vulgaire, bien vu, bien saisi et présenté nettement avec toute sa signification. Mais comme il a mieux réussi, du moins aux yeux de ses contemporains, comme réaliste que comme homme d'imagination, il est resté dans l'histoire comme le fondateur du réalisme, toujours à la condition que l'on considère Balzac comme ayant de grandes parties de réaliste vigoureux qui ont donné l'impulsion et qui ont pu servir de modèles.

Du réalisme de Flaubert est né le « naturalisme » de Zola qui est la même chose plus grossière. Du reste par son talent énergique, violent et tenace, par une imagination lourde mais puissante, il a exercé sur ses contemporains une sorte de fascination qu'il serait puéril de considérer comme un engouement sans cause.

Les

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