XV IW ET XI X^ SIÈCLES : ANGLETERRE
jusque vers le milieu du siècle, depuis objet d'une sorte d'adoration chez la plupart de nos poètes et amateurs de poésies.
Plus près de nous, Tennyson, d'inspiration très variée, poète épique, poète lyrique, poète élégiaque, toujours très élevé et très pur, se rapproche du classique et est déjà un classique lui-même.
Swinburne, presque exclusivement lyrique, habile et prestigieux versificateur, d'inspiration biblique, le plus souvent est un tempérament poétique extrêmement original, et Dante Rossetti, d'inspiration médiévale, est d'une puissante et un peu vertigineuse imagination.
En prose le siècle commence par le romancier historique Walter Scott, admirablement documenté et savant, reconstructeur et ressusciteur étonnant des âges disparus et particulièrement du moyen âge, douant de vie tous ses personnages et même tous les objets en quelque sorte quil évoque. Nul plus que lui, non pas même Byron, n'a été en contact pour ainsi dire continu avec nos poètes romantiques et aussi avec le public français. Le roman anglais créé à nouveau par ce grand maître a été dignement continué par Dickens, à la fois sentimental et humoriste, peintre railleur, avec indulgence, des petits bourgeois d'Angleterre, et exact, avec sensibilité, des pauvres gens et gens du peuple ; par Thackeray, surtout railleur et satirique, terrible pour les égoïstes, les hypocrites et les imbéciles{snobs) ; par le fécond et très divertissant Bulwer-Lytton, par la grave, philosophique et sensible George Eliot, par Charlotte Bronte, auteur de l'émouvante/a «^ j5^/-^, etc.
JUkistoire
L'histoire a pour elle deux hommes absolument supérieurs, Macaulay {Histoire d'Angleterre depuis Jacques II), très profond penseur et très brillant écrivain, et Carlyle, le Micheîet anglais, fiévreux, emporté, disparatej'déconcertant, qui traite l'histoire en très puissant poète lyrique.