CHAPITRE U L'ÉTUDE DE SAINT THOMAS
S'il est une œuvre qu'il doive être difficile et ==^= à peu près impossible de résumer, c'est bien général
l'œuvre de saint Thomas. Chacun de ses livres de l'œuvre
de forme un tout ordonné de telle sorte que chaque g^-,,^ Thomas.
point particulier de doctrine, nous dirions chaque proposition, s'y trouve à sa place, éclairé par la place qu'il occupe dans l'ensemble, et, à son tour, éclairant l'ensemble par cette place où il se trouve. Que ses livres soient composés de chapitres, ou de leçons, ou d'articles, chacune de ces parties est comme un rayon de lumière, qui descend d'un foyer central et y remonte, très rapproché du rayon d'à côté, mais s'en distinguant nettement, et s'ajoutant à lui, pour accroître la lumière au fur et à mesure, si bien que les leçons dans les livres, les chapitres dans les traités, et plus encore les articles dans la question et les questions dans les parties, en s'ajoutant ainsi, constituent des faisceaux de lumière dont l'ensemble aboutit à former un soleil. Comment, dès lors, y toucher pour rien changer ou rien retrancher, sans nuire, par là même, au caractère essentiel de cette œuvre. Aussi bien jamais l'on ne saurait trop appuyer, quand il s'agit de saint Thomas et de son œuvre, pour recommander de la prendre telle qu'il l'a don-
Œuvres philosophiques.
Les Commentaires sur Aristote.
née et de s'y attacher avec une fidélité scrupuleuse, jalouse.
Ce sera par les œuvres philosophiques qu'il faudra commencer. Encore sera-t-il bon de prendre garde à ne pas confondre avec les œuvres philosophiques certaines œuvres d'aspect philosophique et où se trouve, en effet, beaucoup de philosophie, et de la plus haute, et de la meilleure, mais qui cependant, au sens propre et formel, ne sont pas des œuvres philosophiques, mais des œuvres théologiques. C'est ainsi que souvent on a appelé du nom de Somme philosophique la Somme contre les Gentils. Rien n'est plus inexact. La Somme contre les Gentils est une œuvre essentiellement théologique. Saint Thomas lui-même nous en avertit au début du second livre, où précisant le rôle et la méthode sur le procédé du philosophe et du théologien, il décrit, comme procédé théologique, celui-là même qui est le sien dans cet ouvrage. La philosophie de saint Thomas, ou son œuvre philosophique, comme telle, ne doit pas être cherchée ailleurs que dans ses Commentaires sur Aristote. Et c'est par là que doit commencer l'étude ordonnée du saint Docteur.
Dans l'œuvre philosophique elle-même, il y aura un certain ordre à garder pour l'étudier comme il convient. Les premiers livres à lire seront ceux qui ont trait à la Logique ou à VOrganon d'Aristote. Ils se ramènent à deux dans l'œuvre de saint Thomas : le livre du Perihermenias; et le livre des Seconds analytiques. La
S.ON ETUDE
matière de ces livres est la plus essentielle, puisqu'il y est question de la proposition ou du jugement et du raisonnement démonstratif. On pourra très utilement joindre à cette lecture celle de la Samma lotiiis logicae, insérée dans les éditions des Œuvres complètes. 11 est vrai que cet ouvrage n'est pas tenu, par les critiques, pour être l'œuvre de saint Thomas lui-même. Mais il se rattache à lui de très près, soit qu'il résume des leçons faites par lui, soit qu'il ait pour auteur un de ses fidèles disciples, probablement Hervé de Nédellec. 11 constitue, très certainement, la Somme de la logique la plus claire et la plus parfaitement thomiste qui puisse être proposée à ceux qui veulent connaître l'ensemble de la logique telle que l'a vécue saint Thomas.
Après les livres de Logique, devront venir les -
livres des Physiques, où saint Thomas, à la phYsiques. suite d'Aristote et en le commentant pas à pas, s'applique à mettre en pleine lumière la pensée du Philosophe en ce qui touche à l'étude de Yêlreniûhile en général. C'est là qu'on trouvera, et à leur place, les aperçus les plus profonds sur les principes de l'être mobile ; sur la notion de nature, et sur les quatre causes ; sur le mouvement et l'infini; sur le temps et l'espace ; sur les diverses espèces de mouvement ; sur la nécessité d'un premier moteur. — Dans les commentaires sur les livres du Ciel et du Monde, quelque différente que soit, aujourd'hui, notre conception du système du monde, on trouvera, sur le mouvement local en général, qui est ce-
lui de l'ensemble des corps, des aperçus du plus haut intérêt. — Dans les commentaires sur les livres De generatlone et corriiptione , c'est la doctrine même des transformations substantielles, que la science la plus moderne, notamment dans sa partie chimique, est venue confirmer avec tant d'éclat. — Avant ceux-là, d'ailleurs, pourront être lus avec fruit les commentaires sur les Météores, qui regardent plutôt le mouvement d'altération, intermédiaire entre le simple mouvement local et le mouvement de transformation substantielle. — Enfin, toujours dans ce même ordre de l'être mobile considéré en particulier, on aura les commentaires sur les livres de l'Ame, qui ne sont rien autre que l'étude du principe vital à son triple degré — végétatif — sensitif — et rationnel, nous conduisant par son degré suprême aux confins d'un nouveau monde qui est celui de l'être tout court ou de la métaphysique.
~ Ici viendront les commentaires de saint Tho- Métaphvsi- mas sur les douze premiers livres des Métaques. physiques, où, à la suite d'Aristote, et en éclairant la pensée du philosophe grec de toute la splendeur de son propre génie, le saint Docteur nous donne, sur les systèmes des premiers philosophes, sur la vérité et la certitude des premiers principes dans l'ordre de la connaissance, sur la vraie nature de l'être, comme tel, et sur ses principes, sur la substance et ce qui la constitue, soit en général, soit dans les êtres mobiles ou physiques, soit dans les êtres immuables ou [80]
SON ETUDE
d'ordre intellectuel et spirituel, soit de l'Être subsistant ou premier, qui règne au sommet et dans une région absolument à part dans tout le domaine de l'être, des profondeurs de doctrine qu'on chercherait vainement ailleurs. Rien, dans l'ordre philosophique, ne saurait être comparé à ces livres.
C'est au début de son commentaire sur les li- "TT^T" vres de l'Ethique à Nicomaque qu'on trouve, ^^^ Politique. fixé par saint Thomas, son plan magistral de toutes les parties de la philosophie rattachées à la notion d'ordre. L'ordre à établir dans les act£â.de la raison, c'est la fin ou l'objet propre de la Logique. Avec la raison une fois ordonnée, saisir tel qu'il est en lui-même l'ordre profond et dernier des choses, c'est le propre de la Physique et de la Métaphysique. Sur cet ordre des choses une fois perçu, régler l'ordre de l'action humaine, c'est le propre de la morale, comprenant l'Éthique, quand il s'agit de l'individu ; l'Économique, s'il s'agit de la famille ; la Politique, lorsqu'il s'agit de la cité.
Mais, pour régler, comme il convient, cet or- =
dre dej^action, la philosophie ne peut plus suf- tuéologiqnes. fire.QPy faut une science plus haïïT^ L'ordre
des choses tel que la raison le perçoit ou peut le percevoir est celui que manifeste seulement le monde extérieur sensible dans lequel nous vivons. Or, ce monde extérieur sensible ne saurait rien nous dire de ce qui est au cœur du monde métaphysique, spirituel ou divin. Seuls, les êtres qui vivent dans ce monde, et surtout l'Être sou- [8i]
SAINT THOMAS
verain qui en est le Roi et qui a pour domaine propre son monde à Lui, le monde divin, peuvent nous renseigner sur les secrets de leur être ou de leur vie. Que si d'autre part, il a plu à Dieu de nous ouvrir ce monde divin qui est le sien et de vouloir que notre action individuelle, familiale, ou sociale soit réglée selon cet ordre supérieur, il est de toute évidence que nous ne pourrons régler cette action comme il convient qu'en nous conformant à cet ordre. De là l'impérieuse nécessité de le connaître. D'autre part, c'est par la foi, et, plus excellemment, par la science de cette foi ou par la théologie, que cet ordre nous est connu. Il s'ensuit qu'une nouvelle science ou un nouvel ordre d'enseignement et de doctrine s'impose en outre et en plus de l'enseignement philosophique.
— Et c'est, en effet, par cette première conclucontrT^ sion que saint Thomas ouvre sa Somme théololes Gentih. gique. Le premier article qu'il y étudie est celui-ci : Utiim prœter disciplinas philosophicas sit necessarium aliam doctrinam haberi? Et il donne la réponse que nous venons d'indiquer. Du même coup, nous voyons la place que doit occuper, dans notre étude de saint Thomas, l'étude de ses œuvres théologiques et tout spécialement l'étude de la Somme. Elle doit venir après l'étude des œuvres philosophiques telles que nous venons de les rappeler. Mais elle doit venir à ce moment précis. On pourrait, il est vrai, se demander s'il ne faudrait pas auparavant nous enquérir du fait [82]
SON ETUDE
de la Révélation et chercher, dans les œuvres de saint Thomas, ce qui peut se rapporter à ce fait, comme doivent être, semble-t-il, ses commentaires sur les livres de l'Écriture Sainte. A cela, nous répondons que saint Thomas n'a point d'oeuvre spéciale se rapportant à ce qui constitue aujourd'hui les traités de propédeutique entre la philosophie et la théologie proprement dite. Pour lui, le fait de l'existence de la Parole de Dieu ou de sa Révélation était un fait patent. Le Livre de Dieu contenant cette Parole ou cette Révélation était du domaine public et accepté de tous. Il en était de même du fait de l'Église interprète et gardienne infaillible de celte Parole ou de cette Révélation. Son autorité comme telle n'était alors contestée par personne dans le monde chrétien. Et, pour ceux du dehors, ils n'avaient qu'à regarder, tant le fait de l'Église était aveuglant de vérité, à cette époque de l'apogée de la chrétienté. Toutefois, si saint Thomas n'a pas senti le besoin de faire sur ce double sujet de longs traités spéciaux tels que nous les avons eus depuis la révolte du seizième siècle, il a condensé, en trois ou quatre chapitres, au début de la Somme contre les Gentils, et dans la première question de la Somme théologique, comme tout le traité de la Révélation et de l'Eglise et des lieux théologiques. Et, même aujourd'hui, ces quelques pages suffisent. Car, plus nous nous éloignons des temps de la révolte protestante, plus la vérité de la Bible et de l'Église demeurera établie parle seul fait de leur [83]
SAINT THOMAS
magnifique permanence au milieu de la pous sière des sectes dissidentes.
~ Il est un autre caractère de vérité de cet ordre théologique. Surnaturel. C'est l'harmonie du corps de doctrine édifié à son sujet par la raison théologique. Et, ici, vient, proprement, l'œuvre maîtresse de saint Thomas, sa Somme théologique. En elle se trouve vérifiée, excellemment, la grande parole de Pascal : « Le plus court moyen pour empêcher les hérésies est d'instruire de toutes les vérités ; et le plus sûr moyen de les réfuter (ces hérésies) est de les déclarer toutes (ces vérités). Car que diront les hérétiques. Tous errent d'autant plus dangereusement qu'ils suivent chacun une vérité. Leur faute n'est pas de suivre une fausseté, mais de ne pas suivre une autre vérité ». Pour qui vit dans la Somme théologique, celte faute n'est point possible; parce qu'il suit toutes les vérités, étant instruit de toutes et les trouvant toutes merveilleusement déclarées, chacune à la place qui est la sienne. « Il y a un grand nombre de vérités, disait encore Pascal, et de foi et de morale, qui semblent répugoaates », prises isolément, « et qui subsistent toutes dans un ordre admirable. La source de toutes les hérésies est l'exclusion de quelques-unes de ces vérités ; et la source de toutes les objections que nous font les hérétiques est l'ignorance de quelques-unes de ces vérités » [Pensées, art. xiv, xi]. Celui qui vit dans la Somme théologique connaît toutes les vérités, qu'il s'agisse des vérités d'ordre naturel
SON ETUDE
et rationnel, ou qu'il s'agisse des vérités d'ordre surnaturel et de foi. Il les connaît toutes, communiquant entre elles, et loin de se nuire ou de se combattre et de s'exclure, s'appelant, au contraire, les unes les autres et ne formant qu'un seul ordre transcendant où règne la plus parfaite harmonie.
Quand une fois l'esprit a pénétré dans celte cité de lumière et qu'il s'y est établi, il y éprouve un tel repos de contemplation, une telle quiétude de possession de la vérité, qu'il ne sent plus le besoin d'autre chose. Il y a pour lui comme une souffrance d'avoir à en sortir; et il ne le ferait jamais, même pour recourir à d'autres écrits de saint Thomas, si, quand il va à ces autres écrits, il n'y retrouvait, en formules toujours également lumineuses, tel ou tel des aspects de la vérité totale qu'il possède organisée en corps parfait de doctrine dans la Somme. A ce titre, il lira avec joie et avec fruit, mais plutôt par mode de références ou de comparaisons détachées, tel ou tel autre des écrits du saint Docteur, qu'il s'agisse du Commentaire sur les Sentences, ou des Questions disputées, ou des Opuscules soit philosophiques, soit théologiques.
Pour ce qui est des Commentaires sur les livres de l'Écriture Sainte, ils occuperont une place à part. Ils ne sont eux-mêmes que l'application de la pensée théologique toute pleine des lumières de la Somme aux documents par excellence de la Révélation divine. Loin donc de s'opposer à la jouissance de la Somme ou de lui être étran- [85]
Les œuvres
de
saint Thomas.
Les commentaires de l'Écriture.
SAINT THOMAS
Saint Thomas pour le clergé
et les philosophes.
gère, cette lecture en sera comme le fruit par excellence, son fruit dernier le plus savoureux. Car, de même que les documents de la foi ont précédé le corps de doctrine de la Somme, de même ils se retrouvent après lui, avec cette différence seulement que chacune de leurs parties, au lieu d'être isolée au regard de l'âme et de paraître parfois obscure dans son isolement, s'éclaire de la pleine lumière du tout, possédée avec une perfection d'ordre absolument transcendant.
Ce que nous avons dit jusqu'ici de l'étude de saint Thomas ne s'applique qu'à ceux qui peuvent recourir à toutes ses œuvres dans leur texte original. C'est par excellence le propre du clergé, dont la mission et le rôle est précisément d'aller chercher, dans ces œuvres, le pain substantiel de la vérité catholique qu'ils doivent ensuite distribuer autour d'eux. Mais d'autres aussi pourraient, s'ils le voulaient, recourir directement aux œuvres de saint Thomas dans leur texte. Ce sont tous ceux que nous pourrions appeler les professionnels des études philosophiques. Pour eux, la langue de saint Thomas ne saurait être un obstacle. Ils sont appelés, en effet, d'oflQce, à lire d'autres livres écrits en latin, dont la langue et la pensée sont bien autrement difficiles à entendre que la langue et la pensée de saint Thomas. Bien plus, c'est dans le texte de saint Thomas, notamment pour ce qui est des Commentaires sur Aristote, qu'ils trouveraient, comme ils ne le trouveront nulle part ailleurs, la clef [86]
SON ETUDE
des œuvres du philosophe grec que plusieurs ; d'entr'eux sont obligés, par état, de rechercher
et de traduire. Mais, s'agirait-il même des œu- ^
vres strictement théologiques, et très spéciale- ^
ment de la Somme, outre qu'ils ont le plus grand ;
intérêt à connaître pour eux et pour les autres la *
vérité totale qui s'y trouve exposée, il y a encore \ que c'est à chaque pas qu'ils rencontreront, dans
ces écrits, les aperçus philosophiques les plus de ,i
nature à les intéresser. j Longtemps on a pu croire que saint Thomas, = ;
j 1 •. j ' j » • 1 t 1 . » ^cint Thomas .
dans la suite de son expose doctrmal, tel surtout po„r l'élite. ',
que nous le trouvons dans la Somme théologiqiie, '■
n'était et ne pouvait être ouvert qu'aux spécia- !
listes. En fait, il en était ainsi jusqu'à nos jours.
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puis Pie IX, ont amené, grâce à Dieu, un nouvel J
état de choses. Des travaux ont été faits pour que J
l'accès des œuvres de saint Thomas, notamment
de plusieurs de ses opuscules, de sa Chaîne d'or, \
de ses Commentaires sur saint Paul, de la Somme i
contre les Gentils, et, plus encore, de sa Somme '
théologique, s'ouvre directement, même à ceux i
du dehors qui ne pouvaient lire le saint Docteur
dans son texte latin. Assurément, les traductions ,o *'
de ces œuvres ne sauraient jamais remplacer le •
texte origin,al. Mais pour ceux qui ne peuvent i
recourir à ce texte, ou qui trouvent plus à leur 1
portée une traduction en langue moderne, des j
traductions françaises ont été publiées, qui leur J
permettent de s'initier à la pensée du saint Doc- ;^
teur dans la suite de son exposé intégral et au- i
SAJ\T THOMAS
Lp
Commentaire
français
de la
Somme
théologique.
thentique. Il a été fait aussi des traductions de la Somme théologique en d'autres langues modernes. L'une de celles qui pourront aider le plus à ouvrir l'accès direct de saint Thomas est la traduction anglaise que viennent de publier les Pères Dominicains de la Province d'Angleterre. En France, il existait jusqu'ici deux traductions assez répandues, celles de Drioux et de Lâchât.
C'est pour faciliter plus encore à ceux du dehors l'accès direct de l'œuvre par excellence de saint Thomas qu'a été entrepris le Commentaire français littéral de la Somme théologique, où se trouve la pensée du saint Docteur dans l'intégrité de son texte, mais non plus sous la forme d'une traduction rigide et figée, qui ne peut que très difficilement donner, dans sa perfection, le sens et la saveur de cette pensée, ni d'une traduction suivie d'un commentaire, ce qui a l'inconvénient de ne plus faire un tout homogène et sans heurt, mais par « une traduction fondue aAec le Commentaire, une traduction qui, aux endroits difficiles, se continue par un Commentaire, une traduction avisée et secourable, qui, selon le besoin et le désir du lecteur, s'explique elle-même » et « fait connaître à fond la doctrine théologique de saint Thomas, rendant facile à croire deux choses : la première, que saint Thomas est le prince des théologiens ; la seconde, que la Somme est le plus beau livre sur la plus belle des sciences ». [P. Coconnier, dans Isl Revue Thomiste.]
SON ETUDE
Cependant, quelque accessible que pût être rendue de la sorte au public du dehors l'œuvre par excellence de saint Thomas, son étendue et son caractère d'explication ou même de démonstration technique et détaillée ne permettaient pas de la proposer, sous cette forme, à l'universalité des intelligences. 11 restait de la réduire, sans la transformer : en ce sens qu'on en garderait les lignes essentielles et qu'on donnerait, dans la suite même de son ordre merveilleux, la moelle des conclusions doctrinales qu'elle renferme, avec le minimum d'explications ou de preuves qui demeurent à la portée du grand nombre ou de la multitude; la. forme dialoguée ajouterait encore à la facilité de la lecture et permettrait dç conserver le caractère foncier de la Somme elle-même qui procède par interrogation discutée en chacun de ses articles. Cette pensée trouvait sa réalisation dans La Somme théologique de saint Thomas d'Aquin en forme de catéchisme pour tous les fidèles, dont un double Extrait adapté permettait d'initier à l'ordre de la Somme et à son premier fond substantiel doctrinal, même les enfants des écoles, et jusqu'aux « tout petits ». Désormais, il n'est plus une intelligence qui ne puisse , si on le veut, vivre dans la lumière même de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin.
Saint Thomas pour tous.
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