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il est vrai, que l'ordre nouveau supprima, par la loi du 8 avril 1791, toute inégalité résultant entre héritiers de la distinction des sexes ; mais on peut se demander si ce présent ne fut pas un présent funeste, et s'il n'eut pas plutôt un fâcheux résultat. »
Cependant, sous la Révolution, se produisirent des manifestations féministes. C'est ainsi qu'une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne fut présentée à la Constituante par Olympe de Gouges. Voici quelques-uns des articles de ce document assez bizarre : « La femme naît libre, égale à l'homme en droits; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation qui n'est que la réunion de l'homme et de la femme. La loi doit être l'expression de la volonté générale; toutes les citoyennes, comme tous les citoyens, doivent concourir à sa formation personnellement ou par leurs représentants. Elle doit être la même pour tous. Toutes les citoyennes et tous les citoyens étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes les dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents. La femme a le droit de monter à l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à là tribune. »
La rédactrice de cette déclaration n'obtint jamais le droit de paraître à la tribune ; par contre, la Convention la fit monter à l'échafaud.
En 1848, le mouvement féministe sembla prendre une nouvelle vie.
LE MOLVEMF.NT FEMINISTE. 9
Dans la fermentation des idées nouvelles, des sociétés furent fondées ; les Icariennes, les Vésuviennes, les Blooméristes; et toute une littérature spéciale vit le jour : le Volcan^ la Vois des femmes, la licpuhlique des femmes y la Politique des femmes y Y Opinion des femmes...
Mais ce mouvement n'eut pas de suite. En réalité, le féminisme fit peu de bruit durant la plus grande partie du xix* siècle.
Ce n'est que depuis une trentaine d'années que cette doctrine a pris une réelle importance, en France, et encore plus à l'étranger.
C'est vers la fin du second empire que s'organise le premier groupe féministe avec Onésime Reclus, Louise Michel et Maria Deraisme. « L'année terrible arrêta le développement de cette société et d'autres de même nature qui étaient sur le point de se fonder; néanmoins le mouvement était lancé. Il reprit bientôt. C'est alors, après 1870, que M"*' Daubé créa VAssociation pour l'émancipation progressisme des femmes qu'elle dirigea jusqu'en 1874. Après la mort de M"' Daubé, M'^' Maria Deraisme, durant vingt ans, incarna le féminisme. Mais emportée par la passion antireligieuse, elle donna à son action une forme sectaire qui éloigna de nombreux adhérents. » Peu à peu, d'autres sociétés virent le jour : M'"'= Cheliga-Lœwy fonda l'Union uniç'erselle des femmes, M"' Vincent \ Egalité, M""Potonié-Pierre et Maria Martin la Solidarité, M"°« Pognon la Ligue française pour le droit des femmes, et M™« Schmall Y Avant-Courrière dont il fut question, il y â quelqua temps, à propos de ses démêlés avec ^L le sénateui Cazot ^ Enfin, il s'est organisé un groupe du Fémi-
1. Ce fut à l'occasion du projet de loi voté par la Chaml)re et accordant aux f«'mmes mariées le droit de disposer de lcur> salaires. Ce projet dormait depuis des antices dans les cartons de la commission
nisme chrétien dont nous aurons à parler au chapitre suivant ^ .
Dans la Revue encyclopédique ^, M™* Cheliga a classé ces différents groupes que nous serions tenté d'appeler de « petites chapelles » : « Le tableau des nuances du féminisme, écrit-elle, répond assez exactement à celui des partis politiques à la Chambre, sauf que la formation des partis féministes s'est accomplie au rebours de ce que nous voyons ordinairement dans le milieu politique. Ainsi, il n'y avait, au début du mouvement féministe, que l'extrême- gauche des révolutionnaires qui voulaient bouleverser la société ; puis sont venues les possibilistes, les modérées. Avec Maria Deraisme, nous arrivons à l'opportunisme républicain; le groupe du Droit des femmes présidé par Léon Richer approche plutôt du centre. La droite fut longtemps inconnue dans les rangs féministes, et la société anonyme de VAçanî'Courrièrey bien que très modérée, ne paraissait point destinée à prendre cette place, quand le nom de la duchesse d'Uzès, révélé et mis en tête de cette association, prouva que le féminisme français avait fini par avoir un parti correspondant à la Primrose league anglaise, ce qui d'ailleurs ne peut qu'augmenter considérablement son influence... »
Ainsi qu'on le voit par ce rapide tableau les groupes féministes sont loin de s'entendre : ils diffèrent tant sur le programme que sur le mode d'action, allant, comme on la dit, « du conservatisme religieux à la révolte la plus osée, en passant par le progressisme bourgeois et le radicalisme libre-penseur w.
du Sénat, chargé de l'examiner. M^^ Schmall s'étonna de ce long sommeil, mais son étonnement exprimé d'une façon un peu mordante pour le rapporteur de la commission, n'a pu interrompre ce long sommeil : il dure encore !