Revue encyclopédique, 28 nov
LE MOUVEMENT KKMIMSTE. tl
De ces divers groupements, c'est celui de la Fronde qui est, sinon peut-être le plus actif, du moins celui qui fait le plus de bruit. C'est le seul qui a possédé un organe quotidien. Nettement antireligieux, il est d'un sectarisme étroit et violent. Son programme social est du reste assez vague, et s'il possède un remuant étatmajor, les troupes lui font défaut presque complètement. Mais le tapage qu'il mène fait parfois illusion: il cause aussi peut-être pas mal de tort aux vrais et justes intérêts féminins, car les exagérations bruyantes de M™*^ Marguerite Durand et de ses collaboratrices écartent du féminisme nombre d'esprits pondérés, effrayés par certaines excentricités.
Le mouvement féministe s'est révélé à l'attention publique par de nombreux congrès.
C'est d'abord, en 1889, le « congrès des revendications », présidé par M"*' Maria Deraisme. C'est ensuite le « congrès des œuvres et institutions », organisé par M"" de Morsier et Bogelot sous la présidence de Jules Simon. « Ces deux conp^rès eurent, même à l'étransTer. un grand retentissement et appelèrent sur le féminisme l'attention du public. D'autres suivirent parmi lesquels nous nous contenterons de citer celui de 1891 qui étudia la si grave question de la recherche de la paternité, et celui de 1896 marqué par des scènes regrettables ; les orateurs et les « oratrices » s'y laissèrent aller à de dangereuses et parfois grotesques exagérations. Aucune de ces réunions, il faut le reconnaître, ne fut capable d'établir un programme net et précis avec des revendications logiquement justifiées. Au moment de l'exposition de 1900, il y eut quelques tentatives de préparation d'un grand congrès où devaient être convoqués tous les groupements. Mais ces tentatives n'aboutirent point, et nous avons eu, au lieu de cette
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assemblée unique, trois assemblées : le congrès « libéral » ou protestant, que présida M™^ Sarah Monod, le congrès à tendances socialistes et antireligieuses, que présida M"*^ Maria Pognon, le congrès des femmes catholiques, section détachée du congrès national et que M™^ de BuUy présida. Ce dernier, qui nous intéresse surtout, devait être un congrès d'œuvres, il fut aussi, et pour une large part, un congrès de doctrine, ne craignant pas d'aborder les questions les plus graves : séduction, recherche de la paternité, régime des contrats de mariage, vote des femmes chefs de famille pour les conseils municipaux et pour les conseils d'arrondissement, tutelle légale, réglementation de la prostitution, travail des femmes, etc., et nous devons dire qu'en thèse générale, il n'a pas eu peur de se décider pour les solutions les plus avancées K »
Pour compléter ce bref historique, signalons les principales publications féministes. Le Droit des femmes fut le premier organe de l'école : il fut fondé, vers la fm de l'Empire, par M'^^ Maria Deraisme. D'autres journaux ou revues ne tardèrent pas à paraître, mais beaucoup n'eurent qu'une existence éphémère. Citons, entre autres, la Femme, le Journal des femmes, la Revue féministe, la Revue des femmes russes et des femmes françaises, le Féminisme chrétien, V Avant Courrier e, \^ Fronde, X^Pain, l'Entente — et nous en omettons plusieurs.