Cf. Association catholique^ 15 janvier 1905, p
rendre son intervention inefficace et nuisible même. Avant tout, il faut éveiller en ses membres l'esprit social, cet esprit de dévouement et de justice qui seul peut vivifier les réformes économiques. Mais ces réformes, les femmes doivent les étudier et en favoriser l'application. Qu'il s'agisse de la protection légale des ouvriers, de l'organisation professionnelle ou des œuvres d'assistance, du soin moral et matériel des jeunes travailleuses, de la surveillance des enfants des ouvrières de fabriques, etc., \^ femme doit se préparer ^par une culture méthodique et scientifique , à sa mission nouvelle dans le monde du travail. »
Comme conclusion pratique. M™® Gnauck-Kûhne fit décider que l'Union féminine organiserait des cours sociaux qui seraient professés par des économistes de valeur \ Il était impossible d'installer dans chaque ville d'Allemagne cette sorte d'université sociale féminine; d'autre part, il fallait éviter que les femmes et les jeunes filles habitant de petits centres éloignés, fussent privées de ce nouvel enseignement; aussi l'Union a-t-elle donné à ses cours la forme si souple et si moderne de conférences itinérantes. « Quand les femmes allemandes auront acquis, par une culture générale, un véritable esprit social, l'Union établira des cours spéciaux, où, en complétant leur éducation, les femmes se formeront à faction pratique. » Il nous semble qu'il y a, dans l'organisation de cet enseignement social^, une idée des plus heureuses qui peut donner force et cohésion à faction féminine catholique. Ne pourrait-on faire semblable chose en notre pays ?
Si d'Allemagne nous passons en Italie, nous cons-
\. La première série de ces cours s'est ouverte en janvier 1903.
2. En Allemagne, ce ne sont pas seulement les femmes catholiques qui s'organisent, mais aussi les femmes socialistes (Cf. Mouvement socialiste, 15 décembre 1904).
LE MOUVEMENT FEMINISTE. 25
taterons l'existence d'un mouvement féminin chrétien qui, pour être d'orif,Mne très récente, n'en est pas moins fort actif. Il a dans l'Azione muliebre un organe très vivant. Lors du dernier Congrès des catlioliques italiens, qui s'est tenu à Bologne en novembre 1903, M. l'abbé Grugni, de Milan, a présenté un intéressant rapport sur « l'organisation féminine * » : après une discussion assez chaude, on y a reconnu la nécessité d une a action féminine chrétienne » et l'on y a préconisé la formation de groupes d'étude et de propagande. En plusieurs villes, mais surtout dans le Milanais, ces groupes ont commencé à se constituer et à travailler.
Ainsi donc, nous assistons, dans les différents pays de civilisation chrétienne, à l'éveil d'une action féminine catholique qui se manifeste surtout sur le terrain des œuvres et des institutions sociales. S. S. Pie X encourage ces efforts, c'est du moins ce que l'on est en droit de conclure des paroles qu'il adressait à M^*" Delamaire , alors qu'il chargeait l'évèque de Périgueux de transmettre sa bénédiction à la Ligue patriotique des Françaises : « ... Dites bien à toutes nos chrétiennes de France, si vaillantes aussi, déclarait le Saint Père, combien le Pape leur recommande l'action sociale. 11 ne suffit plus , insista Sa Sainteté , qu'elles s'enferment dans des œuvres de bienfaisance proprement dites, où toujours l'on sent l'écart des rangs, la hauteur de celui qui donne et l'infériorité de celui qui retjoit... Non, je leur demande d'aller au peuple, de lui parler, de lui rendre service dans une vraie confraternité chrétienne, suivant l'esprit évangélique lui-même' ... »
1. Cf. Atti del XIX Congrtsso eatolico italiano, p. » et suIt. «. Cf. Bulletin de la Ligue patriotique des Françaises (numéro de décembre 1904,.
Ces encouragements dn Pape ne pourront que fortifier le mouvement féminin catholique, encore à ses débuts : de toutes parts, les bonnes volontés s'offrent pour le travail social, mais il est à désirer que ces bonnes volontés soient instruites et dirigées dans une commune orientation.