Cf. Féminisme français, t. H, p
3. Il en est plusieurs autres dans le même ordre d'idées qu'un Parlement soucleux.des intérêts populaires devrait faire aboutir. Celle-ci, par exemple, dont l'idée première appartient à MM. les professeurs Jalabert et Glasson : « En cas d'abandon par le mari du domicile conjugal, la femme peut obtenir du juge de paix l'autorisation de saisir-arréter et de toucher des salaires ou des émoluments du mari une part en pro-
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le droit d'rtre témoins dans les actes de 1 état civil ', les féministes n'ont guère obtenu grand'chose d»i Parlement. Ce qui a été concédé intéresse surtout les femmes de la bourgeoisie : il en est notamment ainsi de Télectorat aux tribunaux de commerce (23 janvier 1898) ou du droit de porter la robe d'avocat (30 juin 1900 . Ce n'était peut-être pas les deux réformes les plus urgentes.
Reste un dernier ordre de revendications, de beaucoup les plus intéressantes. Ce sont les revendications relatives aux questions économiques et professionnelles.
Parmi ces revendications, on peut en distinguer trois ou quatre principales dont les autres ne sont, pour ainsi dire, que des conséquences.
D'abord le libre accès de toutes les carrières, aux femmes comme aux liommes. C'est l'élément « bourgeois » du féminisme français qui s'est surtout attaché à faire triompher cette revendication. Tour à tour, on a fait retentissante campagne — et campagne victorieuse — pour la femme médecin, puis pour la femme avocate, enfin, ces derniers mois, pour la femme architecte et pour la femme « prix de Home ».
Ce côté du féminisme a dunné lieu à d'innombrables discussions dans les périodiques, il a été le prétexte de mille plaisanteries faciles, il a parfois inspiré la verve des caricaturistes ou des auteurs de « revues » ;
portion de ses besoins et du nombre de ses enfants. Le nu^mc droit appartient au mari, en cas d'e\islence d'enfanls, si la fcniine ne subvient pas spontanément, dan^i la mesure d(> ses faculti^s, aux charges du ménage. • Cf. Turgeon, Le Féminisme franrais. l. U, p. 155. 1. Loi du «7 décembre 1897.
mais, à bien considérer les choses, il est de portée relativement secondaire; il ne peut, en effet, modifier la condition que de quelques milliers de personnes.
Singulièrement plus importantes sont les autres revendications du féminisme économique.
Il s'agit, en effet, de plusieurs centaines de mille êtres humains dont le salaire et la situation se trouveraient fort améliorés par le succès de quelques-uns des principes théoriquement proclamés.
Cest la question du gain quotidien qui nous paraît l'emporter sur les autres en intérêt pratique.
Presque toujours le salaire féminin est sensiblement inférieur au salaire masculin ^ : il ne constitue, suivant l'expression usuelle, qu'un salaire d'appoint.
L'écart entre les deux salaires — masculin et féminin — est souvent d'un tiers, voire même de la moitié.
Cet écart ne s'explique ni par la différence des besoins de l'homme et de la femme, ni par un rendement très inférieur du travail féminin.
La situation de la femme, au point de vue civil et politique, le peu d'usage qu'elle a fait jusqu'ici de l'organisation syndicale, la grande concurrence qui existe entre femmes, expliquent en partie cette infériorité de salaire. « Mais la raison principale, celle qui est au fond de toutes les autres, nous paraît être celle-ci. Partant du fait que, pendant longtemps, la femme a trouvé, en totalité ou en partie, la subsistance au foyer domestique, on a fixé son salaire de travailleuse professionnelle au taux d'un salaire d'appoint. Toujours, partout, en échange de ce salaire d'appoint, on lui a demandé de fournir une journée entière de travail professionnel. Aussi la femme, mariée ou non, qui a un état, est le plus souvent obligée de satisfaire aux exi-