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II. — Comme exercices pratiques

1" L'entretien de la maison, de ses différentes parties et des meubles. L'entretien des chambres à coucher, des parquets, planchers, carrelages, etc. Les travaux de ménage à faire pour chaque semaine, chaque saison.

2° Le lavage du linge, des vêtements, des bas, etc., la manière d'enlever les taches, ainsi que les précautions à prendre avant, pendant et après le lessivage. Le lavage des flanelles, des étoffes en laine, etc. Le blanchissage. Les précautions à prendre relativement à l'herbe fraîchement coupée, à la chute des feuilles, des bourgeons et de la suie.

3° Le repassage. Pliage et tuyautage du linge, etc.

4" La cuisine. Série de repas à bon marché restant dans les limites qu'autorise le modeste budget d'un ouvrier et d'un artisan, et procurant une alimentation saine et réconfortante au moyen de mets nourrissants, variés et peu coûteux. Manière d'accommoder avantageusement les restes de légumes, de viandes, etc. Provisions.

b" Ouvrages mariuels. Le raccommodage et l'entretien de toutes sortes d'habillement et de linge; reprise, ravaudage, remaillage et rapiéçage des bas. L'utilisation des vieux vêtements sera l'objet d'une attention toute particulière.

On fera ensuite étudier l'achat, la coupe usuelle, la confection du linge de literie, de chemises, de vêtements sim-

pies, de vêtements de travail, etc. Il convient de faire établir le prix de revient de chaque objet.

6*^ Enfin, pour les communes rurales, les travaux au jardin, les soins à la basse-cour, etc.

La circulaire insiste ensuite sur les idées d'économie qui doivent inspirer cet enseignement, sur l'importance du choix d'un personnel enseignant compétent, sur la nécessité de ne pas dépasser le chiffre de 24 élèves pour une seule maîtresse.

Et le ministre ajoute :

En résumé, il faut :

10 Que les élèves ne soient pas admises avant l'âge de quatorze ans dans les écoles et les classes pour adultes, et avant l'âge de douze ans dans les classes annexées aux écoles primaires.

2° Que les élèves exécutent tous les travaux pratiques inscrits au programme et qu'elles fournissent, autant que possible, le linge pour le lessivage, le raccommodage et le repassage.

3° Qu'elles assistent toutes ensemble aux leçons théoriques données aussi intuitivement que possible; ces leçons doivent toujours précéder les exercices pratiques. La durée des leçons théoriques peut être de deux heures par semaine.

4^ Que tous les travaux du ménage soient effectués à la fois. En vue de la bonne exécution des divers travaux, il conviendrait de répartir les 24 élèves qui forment la classe en quatre groupes de six :

1er groupe : cuisine et nettoyage;

2^ groupe : lessivage ;

3® groupe : repassage ;

4' groupe : raccommodage.

b° Que chaque élève assiste au moins à deux séances pratiques de deux à trois heures par semaine.

6° Que chaque préparation culinaire comporte un repas complet pour six personnes, représentant une famille entière comprenant le père, la mère et quatre enfants ; ce repas sera composé de potage, légumes, viande ou poisson,

OU bien de tel autre aliment en usage dans la localité. Le menu du repas, dont le coût ne doit pas dépasser 2ô centimes par tête, est inscrit au tableau noir avec les indications suivantes ;

A. La durée de la préparation ;

B. La quantité, le nom et le prix des denrées ;

C. Le prix de revient du repas et le prix par plat et par tête.

Les élèves cuisinières consomment le repas qu'elles ont préparé.

7*^ Que les élèves lessivent toute espèce de linge (sauf les chemises et les draps de lit) et le repassent. Des précautions spéciales seront prises en cas d'épidémie ou de maladie contagieuse.

8° Qu elles apportent des vêtements à raccommoder, du linge à repasser, des ustensiles à nettoyer, etc.

9^ Qu'elles transcrivent les menus dans leur cahier avec l'indication du mode de préparation; qu'elles tiennent, en outre, note du résumé des principales leçons théoriques, et enfin qu'elles aient un li\Te de ménage.

10° Que les maîtresses tiennent régulièrement : a) un registre d'inscription ; b) un registre de présence ; c) un livre de ménage ; d) un journal de classe indiquant jour par jour le sommaire des leçons données et le détail des travaux exécutés. Le règlement, ainsi que la distribution du temps et du travail, seront affichés dans le local.

ir Que la maîtresse veille à ce que le roulement des groupes d'élèves s'opère régulièrement.

En terminant, le ministre belge fait appel à linitiative privée et il invite tout spécialement les femmes à travailler au progrès de l'enseignement ménager.

Nous ne saurions prétendre que dans les groupements catholiques de jeunes filles, on pourra réaliser intégralement ce que l'on pratique en Belgique dans les « classes ménagères ». Mais nous avons reproduit la circulaire ministérielle pour donner une vue d'ensemble de cet enseignement, si en honneur chez

nos voisins. Nous l'avons reproduit aussi pour suggérer quelques idées à ceux et à celles qui dirigent des œuvres féminines ; il leur est bien permis d'être curieux de ce qui se fait à côté d'eux.

Les Belges attendent beaucoup du développement de cet enseignement : « Nous avons la prétention, disait un haut fonctionnaire de ce pays à M™® la comtesse de Diesbach*, de résoudre seuls le problème social par le moyen de la femme devenue la vraie mère de famille. Nous avons 300 écoles ménagères apprenant aux jeunes filles leurs devoirs d'épouses et de mères : en supposant que chaque année 6 d'entre elles sortent de nos écoles absolument formées à leur mission — en réalité ce nombre est toujours dépassé — voici donc 1.800 femmes aptes à remplir leur admirable rôle que nous jetons tous les ans dans la société; dans dix ans elles seront 18.000. Jugez par là de l'avenir. »

Quant à nous, nous n'irons certes pas aussi loin : nous ne croyons pas que la diffusion de l'enseignement ménager puisse résoudre, à elle seule, le problème social, mais nous estimons qu'en faisant régner au foyer l'ordre, la paix et, en certaine manière, le bonheur conjugal, les connaissances ménagères faciliteraient considérablement la solution de la question.

Aussi souhaitons-nous que, dans les œuvres catholiques, on s'en occupe de plus en plus : il y a là, tout à la fois, un élément d'intérêt et un élément de moralisation et de formation pour les jeunes filles.

Parmi nos lectrices, il en est que la tentative séduira, nous en sommes certain : qu'elles se mettent en mesure de donner cet enseignement et, si elles ne peuvent suivre en personne un de ces cours normaux dont

1. Cf. Écoles ménagères, par >!■"« la comtesse de Diesbach [Petites Annales de Saint-Vincent de Paul décembre 1902).

LA rONQLÉTE DE L'AME FÉMININE 129

nous parlions plus haut, qu'elles envoient, à leurs frais, à Paris, à Lyon ou à Frihourg une femme d'intelli gence et de dévouement — laïque, religieuse ou sécularisée — qui, après quelques semaines d'études, reviendra au pays organiser cette bienfaisante institution.

11 peut y avoir là le point de départ d'une efficace action chrétienne auprès des jeunes filles de la paroisse. Ce peut être aussi la source du bonheur donné à de nombreuses familles d'ouvriers ou de paysans. Dans un pareil bien réalisé, ne trouverait-on pas de quoi compenser — et au centuple — les quelques sommes avancées pour la fondation de l'enseignement mena g er'?

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