‹ Initiatives fémininesChapitre 38 sur 94 · Cf. Bulletin de VUnion familiale, septembre l · texte numérisé non relu

Cf. Bulletin de VUnion familiale, septembre l

« proche pas du bord du trottoir, etc.. » Comment voulez-vous qu'un enfant puisse se souvenir de tant de prescriptions? Il ne fera attention à aucune. Il en sera tout autrement si l'enfant sent que nos ordres ne sont pas donnés pour le plaisir de commander, mais sont sérieusement motivés. Donc, autant que faire se pourra, il est bon d'indiquer brièvement le pourquoi de nos injonctions et de leur montrer ainsi qu'on les traite en personnes raisonnables » . Mais il faut éviter de discuter les ordres que l'on formule.

Alors même que l'on suit tous ces préceptes, il arrive qu'un enfant refuse d'obéir.

Que tenter en pareil cas?

La question est parfois bien embarrassante ; M. Maurice Beauffreton, qui s'était chargé de l'étudier au Cercle de Charonne, l'a résolue avec beaucoup de netteté et d'habileté. La première chose que doivent faire les parents lorsqu'ils se trouvent en face dun semblable refus, c'est de laisser au jeune insubordonné le temps de la réflexion. « 11 arrive parfois que celle-ci porte conseil et qu'après avoir d'abord hésité, un enfant se décide à obéir sans que l'ordre ait dû être réitéré. S'il n'en est pas ainsi, ne croyez pas qu'il faille élever la voix ni se mettre en colère. Sans prier ni supplier l'enfant d'obéir, comme sont tentées de le faire quelques mères, faites appel à sa conscience en répétant la prescription avec autant de fermeté que de gravité dans le ton. Très souvent cet appel à ce que nous avons de meilleur en nous, à ce qui établit notre dignité d'homme, est entendu du petit récalcitrant. Sinon, n'hésitez pas à faire comprendre que l'obstination dans la désobéissance ne nous amènera pas à capituler ; quelque mauvaise humeur que montre l'enfant, il finira par céder, et l'expérience acquise lui évitera la récidive. »

Et, pour appuyer cette affirmation, M. BeaufTreton citait un exemple personnel. « Je faisais faire un S(jir. a-t-il raconté, à certain garçon de douze ans, un devoir qu'il désirait recopier seulement chez lui, afin déjouer dans la rue avec des camarades. Quand le devoir ne fut plus qu'à transcrire, mon élève s'y refusa, et, pour bien marquer sa résolution de ne pas obéir, déposa son porte-plume et, s'appuyant la tête sur le coude, me tourna le dos. J'insiste une première fois, mais en vain. Alors je prie qu'on apporte mon dîner dans la salle où nous sommes à travailler. Vingt minutes durant, le gamin garde son attitude, mettant un faux amourpropre à ne pas capituler; puis, silencieusement, il se met à recopier les problèmes demeurés au brouillon. Ai-je besoin de dire, ajoute M. Beauffreton, qu'il n'a jamais recommencé? »

Par ce très rapide aperçu de ce que l'on discute dans les séances du Cercle d'éducation familiale, nous souhaiterions avoir montré l'intérêt pratique de ces réunions : on n'y aborde pas, vous le voyez, les problèmes compliqués de la psychologie de l'enfant, on s'etîorce seulement de faire œuvre utile et sociale en aidant les pères et les mères à mieux remplir leur haute et difficile mission.

— C'est parler d'or... Seulement que pouvons-nous faire en pareille matière, nous autres, pauvres femmes de bonne volonté? Nous n'avons qu'à écouter, et, le plus souvent, qu'à attendre vainement les enseignements de MM. les pédagogues.

Sans doute, beaucoup de nos lectrices formuleront in petto cette objection. Qu'elles me permettent cepen-

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dant de le leur dire très respectueusement, cette fin de non-recevoir ne saurait être décisive , du moins pour celles d'entre elles qui sont mères de famille ou qui ont élevé des enfants.

Qui les empêche, en effet, de tenter quelque chose dans le genre de ce que Ton fait avec succès à l' Union de Charonne? Pourquoi, par exemple, ne pas réunir régulièrement d'autres mères de famille, ou, si elles le préfèrent, rien que des jeunes filles de la classe populaire? Et, dans ces petits groupements féminins de mères ou de futures mères, on étudierait en commun les éléments de cette science de l'éducation. Avec un pareil sujet à l'ordre du jour, ne craignez pas que les langues restent jamais inactives : tout le monde aura son mot à dire, et partant tout le monde trouvera la réunion des plus agréables.

— Mais le programme?

— Votre propre expérience de maman ou de grand'mère pourra vous le fournir, meilleur que tous les autres, parce qu'il aura été vécu.

Toutefois, si vous ne voulez l'établir de la sorte, en voici un que j'emprunte aux prospectus de V Ecole pratique d'études sociales et ménagères ^. Suivant les besoins, on pourra l'augmenter ou bien au contraire le restreindre.

Le voici, tel qu'il est formulé pour les cours normaux où se forment les maîtresses de l'enseignement ménager :

A. Pédagogie de la première enfance. — La pédagogie : définitions, divisions, rapports avec les autres sciences 2 ; les premiers instants de la vie, le milieu, la couchette, la

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