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CHAPITRE III

LA PROTECTION LEGALE ET LES OUVRIERES. 2^ l'observation DES LOIS PROTECTRICES

Le respect des lois protectrices. — Inspecteurs et inspectrices du travail. — Une contre-proposition qui eût été opportune.

— Les départements où la main-d'œu\Te féminine est le plus développée. — Comment se répartissent les effectifs ouvriers.

— Une conséquence de la loi de 1900. — II. Le développement des « ateliers de famille ». — Comment on tourne la loi. — Ateliers de famille et sweating System. — L'exemple des États- Unis et de l'Angleterre. — Les « ateliers de famille » et les travaux dangereux. — III. En marge de la loi. — Trois exemples de fraude. — IV. Le travail de nuit : contraventions relevées. — Repos hebdomadaire et repos du dimanche. — Tolérances regrettables. — V. L'hygiène dans les ateliers. — Ce que le public pourrait obtenir. — Dans les mouhnages et les filatures de soie. — Le couchage des ouvrières. — Une pro testation féminine.

Au précédent chapitre, nous avons vu comment la loi française protégeait la femme qui travaille; certes, notre législation présente encore de regrettables lacunes; mais, telle quelle est, elle constitue un incontestable progrès sur l'état de choses qui existait il y a quelque trente ans. 11 nous est particulièrement agréable de saluer en un illustre orateur et député catholique, en

M. le comte Albert de Mun, l'artisan de nombre de ces bienfaisantes améliorations.

Seulement, ce n'est pas tout que d'avoir des lois, encore faut-il qu'elles soient observées. Ici donc se pose pour le public — et surtout pour le public féminin — la grave question de savoir si les lois protectrices de l'ouvrière sont respectées en France.

Ce n'est point nous seul qui répondrons, mais nous emprunterons les principaux éléments de notre réponse au rapport annuellement présenté au président de la République par la commission supérieure du travail. Cette commission, instituée par la loi du 2 novembre 1892 et aujourd'hui présidée par M. Richard Waddington, a récemment publié à \ Officiel ^ le rapport pour 1904. Les renseignements que celui-ci contient présentent un caractère administratif : ils ont leur source dans les visites dont sont chargés les agents spéciaux de l'inspection du travail.

Voyons donc ce que déclarent ces fonctionnaires ayant mission de surveiller l'application des lois protectrices du travail et des travailleurs.

La première conclusion qui se dégage du résumé synthétique de leurs rapports, c'est que le corps de linspection du travail n'est pas suffisant pour assurer complètement le respect de notre législation. Le nombre des établissements soumis à l'inspection s'est considérablement accru au cours de l'année écoulée : de 322.289, chiffre de 1902, il atteint 528.703 -\ Inspecteurs et inspectrices ne peuvent faire les milliers de

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