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Le prix de la pension est de 50 francs

3. La pension, avec trois repas, coûte 60 francs lorsqu'on a une chambre et 45 francs en dortoir. On a la faculté d'emporter son déjeuner de n)idi si l'atelier ou le magasin est trop loin.

4. Parmi ces établissements, nous citerons la maison de famille de l'Union internationale des Amies de la jeune fille (40, rue Denfert-Ro-

lits disponibles. Et il y a à Paris des milliers et des milliers d'ouvrières ou employées qui vivent dans l'isolement le plus dangereux et le plus douloureux ^

Après s'être occupé du logement, on s'est inquiété de la nourriture. On s'est efforcé de donner à l'ouvrière, au prix coûtant, des aliments sains et bien préparés, et de les lui servir dans un local où elle serait à l'abri des galanteries masculines. C'est, en effet, dans les « gargotes » que se perdent, souvent et tout à la fois, l'estomac et la vertu de ces pauvres filles.

Les restaurants d'ouvrières cherchent à parer à ce double danger. Ils n'ont pas été créés par le Syndicat de l'Aiguille, mais, pour compléter ce que nous avons dit sur les œuvres annexes des associations professionnelles féminines, nous avons cru pouvoir en parler à la fin de ce chapitre, d'autant qu'ils sont dus à l'initiateur du syndicat de l'Aiguille et aux membres de l'Union chrétienne des ateliers de femme.

Dans le Guide social de l'Action populaire^ ^ M. l'abbé du Lac en a raconté les origines. Après avoir montré leur nécessité à Paris où, ne disposant que

chereau), l'Œuvre familiale des Ouvrières (74, rue d'Hauteville), l'Hôtellerie de l'Armée du salut (rue Fontaine-au-Roi, 40, place de la République). Enfin mentionnons les établissements de laSociété philanthropique, qui sont ouverts seulement à la clientèle féminine. La plupart de ces « Maisons de famille » ont une salle commune où les ouvrières peuvent se réunir et trouvent à leur disposition des livres, des revues et des journaux illustrés — sans parler de l'inévitable piano.

1. Elle est poignante cette réponse qu'une supérieure de maison de famille faisait a M. Georges Picot : « Quand une chambre devient vacante chez nous, dèclarait-elle, dix, quinze demandes nous arrivent à la fois, les sollicitations sont pressantes, les lettres de recommandations se multii)lient; il nous faut choisir; l'heure, je vous l'assure, est cruelle, cai- s'il y a dix postulantes, nous avons conscience que les neuf jeunes filles refusées avant peu seront perdues ».

2. Cf. Guide social de l'Action populaire pour 1904 (V. Lecoflfre, éditeur, Parisj, p. 493 et suiv.

d une heure pour déjeuner, l'ouvrière ne peut retourner chez elle et donc est obligée soit d aller au restaurant, soit de manger sur le pouce, M. l'abbé du Lac ajoute : «... Réussir ne fut pas diOicile : nous donnâmes d'abord le morceau de pain gratis et, au bout de quelques semaines, le restaurant était comble *. Il fallut bientôt en louer un second, puis un troisième, puis un quatrième : ces restaurants étaient tous trop petits. Nous ne pouvions pas arriver à les réunir avec un foyer commun et unique, de là des frais considérables. Les commencements furent assez durs et assez pénibles; c'est peu à peu que nous parvînmes à concentrer notre clientèle sur un seul grand restaurant, qui put donner à manger à la fois à six cents personnes, rue de Richelieu, 47. Nous en avons gardé un petit, 27, place du Marché Saint-Honoré, mais il est trop restreint et nous cherchons toujours un plus grand qu'il soit possible de louer. » Ce qui grève surtout le budget de ces restaurants, c'est le loyer dont le prix est particulièrement élevé en pareils quartiers. Les autres frais sont à peu près couverts par les recettes, mais il faut trouver de quoi payer le bail : la générosité féminine y pourvoit.

Les restaurants d'ouvrières ont réussi-, puisqu'en dix ans, ils ont servi plus d'un million de repas. Lors de l'Exposition de 1900, ils ont obtenu une médaille d'or, — et ce n'était que justice. Ils ont fait un bien moral

1. On sert à la carte elà prix fixe. PourO fr. 90, on a pain, vin, biére ou lait, un plat de viande, un légume et un desserL Un salon de lecture est ouvert aux clientes.

î. D'autres restaurants d'ouvrières ont été organisés. Signalons deux restaurants catholiques, l'un appartenant a VŒuvre internationale catholique de la protection de la jeune fille, rue des Bauchos, 4, à Passy, l'autre rue du Faubourg Sl-Honoré, 170. Nous citerons encore les deux restaurants du Foyer de l'ouvricre, rue d'Aboukir, GO et boulevard des Capurines, ;»!>. puis le restaurant de la Maison ouvrière protestante, rue Titon, '2i. Kniin, sous l'inspiration de M. Gide, on a établi un restaurant cooperatil pour les Midinettes

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immense en empêchant beaucoup de mal de se produire. 11 est, en effet, un article de leur règlement qui est formellement observé, c'est que, dans ces établissements, on ne reçoit que des femmes; grâce à cette mesure, les ouvrières restent entre elles et elles ne peuvent qu'y gagner. C'est bien ainsi d'ailleurs que le jugent ceux qui s'intéressent vraiment à elles. M. l'abbé du Lac raconte qu'il lui arrive parfois d'être appelé, durant leur maladie, auprès du père, du mari ou du frère d'une des clientes de ces restaurants et voici comment on l'accueille fréquemment : « Ah ! c'est vous le curé gargotier? Eh bien! vous avez fait là une bonne chose, Monsieur le curé ! » De telles paroles, dites sur le ton d'une reconnaissante conviction , dédommagent un cœur de prêtre de bien des démarches et de pas mal d'inquiétudes.

Nous venons d'étudier, dans son ensemble, le mouvement des syndicats féminins.

11 est tout à fait à ses débuts, les associations professionnelles de ce genre sont encore en très petit nombre, et, chacune d'elles ne compte pas un chiffre bien élevé d'adhérentes. D'autre part, les institutions annexes (bureau de placement, mutualités, coopératives, œuvres économiques de toutes sortes) sont relativement peu développées ; elles exigent, pour la plupart, un capital et des fonds de roulement assez considérables, or les cotisations des syndiquées sont minimes — et ne peuvent être que modiques en raison même de la modicité des salaires gagnés.

Il y a donc de ce chef des difficultés sérieuses, car un syndicat ne progresse que si, d'une façon ou d'une

autre, il rend service à ses membres. Pourquoi des lors les chrétiennes, qui disposent d'un peu de temps libre ou qui ont quelques ressources pécuniaires, ne mettraient-elles point leur activité ou leurs bourses à la disposition des présidentes de groupements professionnels? Tous les dévouements peuvent trouver à s'employer dans cette œuvre immense. Il est à souhaiter que le mouvement gagne en rapidité et en intensité. Pour les syndicats féminins^ les catholiques ont jus- <iu"à présent la bonne fortune de ne pas avoir été par trop devancés. A eux de comprendre limportance actuelle de l'organisation syndicale, se plaçant nettement et résolument sur le terrain professionnel : en prenant vigoureusement en main la défense pratique des intérêts des travailleurs, ils auront non seulement fait œuvre de justice, mais, par surcroît, ils auront indirectement contribué à la défense des libertés religieuses.

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