POUR LES ECOLIERES ! LES COLONIES DE VACANCES
I. Une œuvre d'actualité. — Qu'est-ce qu'une colonie scolaire? Un mot sur le fonctionnement. — Les résultats : amélioration de la santé physique et de la santé morale. — Quelques exemples. — II. Mais quel peut être le rôle des femmes? — On répond par quelques faits. — III. Deux dames qui triomphent trop facilement. — Une collaboration possible pour toutes les bonnes volontés féminines.
De toutes les œuvres qui se sont développées en ces temps derniers, il n'en est peut-être aucune de plus séduisante pour la générosité féminine que les colonies de vacances. Or, il n'est personne qui, d'une manière ou d'une autre, ne puisse leur apporter une utile contribution,
— Comment, même moi?
— Même vous, Madame, qui vivez cependant toujours à la ville...
Mais, pour vous convaincre, — je voudrais tant vous persuader ! — je vous demande de me suivre dans quelques indispensables explications préliminaires.
Et d'abord, savez-vous ce que c'est qu'une colonie de vacances, ou, comme l'on dit aussi, une colonie scolaire?
C'est une invention relativement récente ayant pour
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but de réparer un mal qui, lui aussi, n'est pas de date très ancienne. Depuis l'extension de la grande industrie, les villes sont devenues d'énormes agglomérations humaines, où l'homme ne trouve plus assez de plac«.* ni assez d'air pour vivre d'une vie parfaitement saine. Ce sont surtout les enfants qui deviennent les victimes de l'exode rural : allez dans un faubourg ou bien regardez la sortie dune école publique, et vous verrez quantité de petits êtres, pâles, anémiés, rachitiques : les tuberculeux de demain!... Ils mourront de n'avoir pu remplir leurs poumons d'air pur et de n'avoir pris un peu de nourriture vraiment substantielle.
De braves cœurs, ayant vu le mal, ont mis un intelligent courage à l'enrayer. Et, ces cœurs généreux, ce sont surtout des cœurs féminins — cœurs naturellement maternels. Puisque ces bambins mouraient de respirer 1 atmosphère des usines, on profiterait des vacances, a-t-on pensé, pour les envoyer humer quelques semaines le bon air de la campagne, de la montagne ou de la mer. Cela les « retaperait » : reconstitués, ils pourraient affronter, sans trop de danger, une nouvelle année de séjour à la ville. Ainsi est née l'œuvre des colonies scolaires.
De rechercher les origines exactes de l'œuvre, cela ne conduirait à aucune résolution pratique. Passons donc. Il vaut mieux considérer le fonctionnement de l'institution en elle-même.
11 y a deux types principaux de colonies scolaires.
Suivant un premier système, les enfants et les jeunes gens sont envoyés dans des endroits sains, assez éloignés des villes, et répartis par petits groupes dans des familles de paysans qui se recommandent par leur moralité. C'est le placement familial.
Dans le second système, tous les « colons » logent dans un même local mis ijracieusementà la disposition
de Tœuvre. Ce local varie : c'est une ferme, c'est une maison d'école disponible pendant les vacances, c'est enfin un immeuble spécialement construit et aménagé à cette intention. Nous avons là le second type dit « colonie » d'internat qui nous paraît faciliter une meilleure surveillance et permettre une action moralisatrice beaucoup plus intense, mais qui n'est pas aussi sans présenter des inconvénients.
Chaque système a ses partisans — fanatiques. Cependant, on n'est pas toujours libre d'adopter le type que l'on préfère, mais l'on est forcé de prendre celui-là seul que les circonstances rendent possible.
L'important, c'est qu'avec les deux systèmes, bien organisés, et moyennant quelques soins, il se fait un bien réel.
D'abord un bien physique.
La chose peut se constater facilement ; il n'y a qu'à ouvrir les yeux. Teint plus coloré, joues moins creuses, corps plus développé et plus vigoureux, voilà ce que l'on observe chez ceux qui, au bout de quatre à six semaines, reviennent de la mer, de la montagne, ou simplement de la campagne.
Mais sur ce point écoutons M. l'inspecteur A.-E. André, un spécialiste qui a largement contribué à développer les colonies scolaires en faveur des élèves des écoles officielles. « Les pesées et les mensurations faites avant le départ et aussitôt après le retour des colons permettent de constater une augmentation notable du poids ^ de la taille, l'élargissement de la poitrine, un agrandissement sensible de la capacité pulmonaire. Un médecin suisse, le docteur Leuck, pour démontrer l'action bienfaisante des colonies scolaires autrement que par la mine, la taille, la force dynamo-
1. Un autre spécialiste des colonies scolaires, M. le pasteur L. Comte,
métrique de l'enfant et le poids proportionnel, a fait des recherches comparatives sur le sang, mesurant la quantité d'hémoglobine chez des garçons et chez des filles, le nombre des globules sanguins, et il est arrivé à des résultats très démonstratifs. Le chiiïre d'hémoglobine, qui était au départ en moyenne de 74 % chez les garçons et de 75 chez les filles, s'est élevé respectivement au retour à 88 et 95, deux mois après à 82 et 86, et quatre mois après la cure d'air 86 et 90. Ce sont les enfants anémiques, ceux qui ont le chilîre d'hématies le plus faible au début du séjour, qui bénéficient le mieux des vacances et qui voient la richesse de leur sang se modifier dans les proportions les plus larges. » Mais, sans entrer dans toutes ces considérations médicales, il est facile de se rendre compte que ce séjour
fondateur de VŒuvre strphanot'te des enfanta à la montagne, donne des chiffres précis. Les voici :
POIDS GACSE PAR LES EISFASTS
Filles.
Au départ.
A r*rriTéc
Marie,
1i ans,
âîi»i00
Jeanne,
9 ans,
Louise,
9 ans,
92 ViO
Noëlle,
8 ans.