‹ Initiatives fémininesChapitre 69 sur 94 · MX · texte numérisé non relu

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Eugénie,

6 ans,

Maria,

li ans.

Claire,

11 ans.

Marie,

11 ans.

Jeanne, 11 ans, 19 » 23 100

Bénédicte, 12 ans, 30 900 34 >

Garçons.

Jean, il ans, 2:>* . 28* >

Maurice, 7 ans, 20 . *2 ,

Chanes, 13 ans, 35 • 37 »

Lucien, 12 ans, 28 GOO 30 .

Georis'os, 12 ans, 27 » fa 700

Marius, 11 ans, 27 600 29 600

Emile. 11 ans, 30 400 ^\ 200

Joso|»h. 6 ans, 17 » 19 •

Jacques. 9 ans, 13 ar>0 26 800

hors de la ville doit faire le plus grand bien à des enfants malingres, nourris trop souvent de façon insuffisante et vivant dans des logements trop petits. A ces corps affaiblis, le grand air et une substantielle nourriture ne peuvent qu'apporter du réconfort.

La santé morale ne se ressent pas moins heureusement que la santé physique de cette existence nouvelle.

Mais ici les résultats varient beaucoup suivant la direction donnée à la « colonie ».

Nous ne parlerons que des « colonies » organisées par des catholiques. Elles sont encore peu nombreuses ^ , mais les quelques essais faits jusqu'à présent nous paraissent des plus encourageants. On en pourra juger par les extraits suivants d'une lettre que nous adresse M. l'abbé Yallier, professeur au petit séminaire de Verrières (Loire), qui, aux vacances dernières, a pris une part active à l'organisation et à la surveillance d'une colonie scolaire lyonnaise. «... Le résultat a été splendide, nous déclare-t-il. Physiquement, nos enfants ont rosé la pâleur de leurs joues et ont appris l'endurance des marches longues et progressives. Moralement, ces petits anémiques ont pris dans leur sang enrichi un mois de vrai bonheur : quel trésor dans une vie que d'avoir en réserve pour les mauvais jours une semence de souvenirs qui invitent à l'espérance; et comme cela fait du bien à la santé de l'homme tout entière! A Verrières, quatre-vingt-dix enfants ont compris que la discipline et l'esprit de fraternité sont nécessaires et sont bons partout, comme ici à la co-

1. Parmi ces colonies, nous tenons à signaler tout particulièrement l'œuvre des Saines vacances (37 j, rue de Vaugirard, Paris), fondée par M. Henri de Lassuchette, et l'Œuvre des vacances, organisée par M. l'abbé de Pitray pour les jeunes gens du patronage Olier, rue d'Assas, (Paris) ou la Colonie bretonne de M. l'abbé Biais pour les membres du patroHage de St-Pierre de Montrouge (Paris;.

lonie, en classe, à la caserne, à l'usine, partout. Mais surtout, et c'est là ce qu'il faudrait pouvoir dire à tous les prôtres, à tous les chrétiens dévoués, ces colonies à Verrières ont été des œuvres éminemment, pleinement sacerdcjlales, qui laisseront certainement leur trace dans les âmes, plus profondément encore que dans le sang. Deux mois à posséder, absolument, et dans tous les actes de leur vie, des enfants séparés du monde, vivant au grand air, en pleine lumière, près du prêtre. Il faut avoir vu le bien qu'on peut faire à ces enfants pour le croire; il faut aussi entendre leurs parents en parler encore un mois après!... »

Certes, nous n'avons rien à ajouter à ce que notre aimable correspondant — un témoin — nous rapporte des bienfaits d'ordre spirituel. Mais nous signalerons tout particulièrement le bien d'ordre intellectuel que l'on peut faire à ces enfants et jeunes gens durant les quelques semaines de liberté que l'on passe avec eux. Que d'occasions de rectifier leurs idées sur une multitude de matières, d'élargir l'horizon de leur pensée et de développer leur raison! Il y a là, ce nous semble, un apostolat de nature à tenter les esprits instruits et profondément chrétiens; mais, pour faire vraiment du bien, il y faut, outre une bonté aimante, des connaissances sérieuses et étendues. La jeunesse discerne vite l'insuffisance du savoir de quiconque s'avise de l'endoctriner; par contre, elle donne non moins vite sa pleine confiance à ceux qu'elle sent réellement compétents, sincères — et qui, au besoin, plutôt que de « bluffer », déclarent tout net que Ton ne peut tout connaître et qu'il faut de bonne heure se spécialiser. Kn prenant un point de comparaison dans leurs diverses professions manuelles, il est facile de faire comprendre aux jeunes gens la limitation forcée de la science « livresque » individuelle.

— Tout cela, Monsieur, est assurément bel et bon, mais... pour des ecclésiastiques. Et cependant vous nous aviez promis matière à action féminine, pratique et immédiate.

— J'entends bien, Madame... La réponse, toutefois, ne sera ni très longue ni bien difficile, si, du moins, j'ai pu vous convaincre des services de tout genre que les colonies scolaires sont appelées à rendre.

Dans la préparation et dans l'organisation des colonies scolaires, le rôle des femmes peut être — et doit être — considérable.

Il est d'abord toute une catégorie de colonies où leur collaboration est indispensable : ce sont les colonies destinées aux fillettes et aux grandes jeunes filles ^

Ces colonies commencent à s'établir. Nous ne parlerons que d'une seule, mais d'une originalité très suggestive.

11 y a quelques années M"® Gahéry fondait en plein faubourg de Charonne une œuvre dont le titre traduit bien l'inspiration directrice : V Union familiale ^. De l'ensemble de cette œuvre, nous ne relèverons que la tentative de colonie féminine.

Donc la directrice de V Union familiale avait reconnu 'urgente nécessité d'envoyer à la montagne les fillettes,

1. Nous signalerons, dans cet ordre d'idées, la généreuse initiative prise par M. Aine en vue d'assurer à un certain nombre d'ouvrières de l'aiguille un bienfaisant séjour sur une plage de l'Océan. A citer également la Colonie syndicale organisée par le Syndicat des ouvrières lyonnaises. (Cf. dans l'Action Populaire notre brochure intitulée : En plein air ; Colonies scolaires et Colonies syndicales.)

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