‹ Injections Intra-PéritonéalesChapitre 4 sur 6 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

Bé... (Jean) (1), soixante-quatre ans, tonnelier, caviste, entre le 2 janvier 1920 dans le service de M. le Professeur Arnozan parce que son ventre a beaucoup augmenté de volume.

La maladie a débuté par des troubles digestifs : anorexie, ballonnement après les repas et de l’asthénie. Quinze jours avant l'augmentation de volume de l'abdomen, il remarqua un œdème périmalléolaire gauche. Vers le début de décembre, il est obligé de lâcher sa ceinture et, depuis, sa laille s’est progressivement élargie. Pas de vomissements ni d'hémorragies d'aucune sorte.

Sauf une pneumonie, il y a douze ans, le malade s’est toujours bien porté. Excès de boissons fréquents : deux litres de vin par jour et plusieurs apérilifs variés. Pas de syphilis connue,

Les antécédents héréditaires ne présentent rien de notable.

L'examen montre un sujet encore vigoureux, au teint coloré, aux pommettes sillonnées d'abondantes varicosités, aux conjonctives légèrement subictériques. Bourrelet hémorroïdaire. Léger œdème périmalléolaire. L'abdomen est distendu, l'ombilic déplissé, la circulation collatérale nette, à type porto-cave. La palpation du foie est très douloureuse ; l'organe ne paraît pas diminué de volume, La rate n'est pas percutable.

(1) Malade présenté à la Sociélé de Médecine el de Chirurgie de Bordeaux, séance du 27 février 1920.

Il existe une matité à concavité supérieure dans la moitié inférieure de l'abdomen. Sensation de flot.

Rien au cœur : bruits un peu sourds à la pointe; pas d'arythmie ni de souffle, Poumons normaux. Tension artérielle (Pachon) — 9-15. Les urines sont rares (4 à 500 grammes) et foncées. Traces de sucre. Pas d'albamine. 15 gr. 50 d'urée par 24 heures. Pas de troubles du système nerveux.

Le repos au lit, le régime lacté réduit (1.200 gr.), puis lacto-végétarien, sans pain, la cure d'oignons, la théobromine (4 gr. 50) associée à de faibles doses de sulfate de soude n’empêchent pas l'ascite d'augmenter ni l’oligurie de persister.

Le 12 janvier, injection intra-veineuse de 1/2 milligramme d'ouabaïne Arnaud. Aucune action sur la tension artérielle ni sur la diurèse.

Le 13 janvier, à cause de la gène respiratoire, ponction de l’ascite (7 litres). Le liquide est citrin. L'examen cytologique révèle des placards endothéliaux et quelques lymphocytes. Réaction de Rivalta négative.

Le foie n’est pas augmenté de volume (13 cm. sur la ligne mamelonpaire). La palpation est douloureuse. Consistance ferme, mais pas dure.

Après la ponction la P. A. est de 7 1/2-18. Nouvelle injection intraveineuse de 1/2 milligramme d'ouabaïne, Aucune action sur le P. A. (1 heure après), ni sur la diurèse. ,

Les jours suivants l'ascite se réforme avec rapidité. La P. A. reste aux environs de 7-8 pour la minima et de 13-15 pour la maxima.

Le 23 janvier, injection intra-péritonéale de 1/2 milligramme d’ouabaïne. Le 25, les urines sont à 750 gr. par 24 heures et deviennent claires, le 28 à 1.000 gr ; le 29 à 1.500 gr. Nouvelle injection intra-péritonéale d'ouabaïne. La diurèse passe à 1.800 gr. le {er février. La circonférence de l'abdomen à hauteur de l'ombilic est passée de 90 centimètres à 83. Pour déceler l'ascite dans les fosses iliaques, il faut faire coucher le malade sur le côté.

On pratique une nouvelle et dernière injection intra-péritonéale de 1/2 milligramme le 2 février,

Le malade sort le 27 février; l'ascite n'est plus décelable, le foie n’est pas douloureux, la circulation collatérale persiste. Les urines varient de

1.200 à 1.500 gr. par 2% heures : elles sont claires et ne contiennent ni sucre, ni albumine.

RE 7 Des OBSERVATION II

Lav... (Gabriel), 58 ans, restaurateur. Le malade entre à l'hôpital le 31 mars 1920, parce que son ventre a beaucoup augmenté de volume, que ses jambes sont enflées et qu'il est très essoufflé.

Vers le milieu de janvier 1920, ses digestions devinrent très laborieuses : ballonnement après les repas, émission de beaucoup de gaz par l'anus, constipation opiniâtre nécessitant des laxalifs. Pas de vomissements. Appétit conservé. Les urines foncées depuis longtemps le restent. Prurit intermittent.

Vers le 15 février, les flatulences cessent mais le volume du ventre augmente progressivement en même temps qu'apparaît de l'æœdème des jambes. Les urines sont moins abondantes. Crises de céphalée nocturne. Pas d'ictère ni de flux hémorroïdaire. Quelques filets de sang dans son mouchoir, quand le malade se mouche.

Le repas et le régime lacté ne sont suivis d'aucune amélioration. Le volume du ventre et l’ædème des jambes continuent à augmenter. Une dyspnée assez vive accompagne le moindre effort.

Le malade entre à la salle 15 le 31 mars.

Antécédents personnels. — Pneumonie à trente-deux ans qui dure dix à douze jours. Installé comme cantinier en Tunisie, à l'âge de trentesix ans, le malade y contracte des accès de fièvre intermittente qui, chaque année de mai en novembre s'installent presque tous les jours. Ces accès débutaieut par des frissons suivis d'un stade de chaleur et terminés par des sueurs abondantes. Au dire du malade, dés piqûres et des cachets de quinine n'auraient améné aucun résultat,

En décembre 1914, violentes douleurs dans la région hèpatique. Un médecin diagnostique une congestion du foie, Pendant deux ou trois mois les digestions sont très pénibles ; il existe un peu de fièvre et du subictère ; les urines sont foncées. ñ

Ea juillet 1915, apparition d'un ictère intense avec foie gros et douloureux et de l'œædème des jambes. Un régime lacto-végétarien suivi pendant six à sept mois amène une guérison apparente mais les urines restent toujours foncées depuis.

Relour en France en juillet 1919.

Le malade qui a toujours été cantinier ou restaurateur accuse de nombreux excès d'alcool.

Pas de syphilis avouée,

Duranb. =

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