Jonnesco, loc. cit
2. Guénard, Technique rationnelle de la De épi (Cong. franc. de Chirurgie, 1901). Fe
tigramme pour IT gouttes. J’aspire ce mélange dans la seringue et je l’injecte dans le sac arachnoïdo-pie-mérien ».
Le Filliâtre (1) a modifié, à son tour, la technique et sur 139 rachicocaïnisations il n’eut aucun incident sérieux. Ayant observé que la tension du liquide céphalo-rachidien variait suivant les individus, que chez les uns il s'écoulait en jet, que chez les autres il ne s’écoulait que goutte à goutte, et prévenu par l’observation de M. Guénard que, si l’hypotension modérée de ce liquide semble ne produire sur les malades aucun symp- ‘tôme pénible, par contre l'hypertension semble être la cause de tous les accidents, M. le Filliâtre conçut l'idée de ramener la tension du liquide céphalo-rachidien au même point chez tous sés malades. Ainsi, quand le liquide sort en jét, il attend qu'il s'écoule goutte à goutte, et il retire alors 6 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien avant de faire l'injection.
. Nous adoptons la méthode de M. le Filliâtre. Mais s’il est nécessaire de retirer, avant d'injecter du chlorhydrate de cocaïne, médicament hypertenseur, une quantité assez importante de liquide céphalo-rachidien, il n’est point utile d’en retirer autant pour injecter du mercure. Nous attendons, avant l'injection, que le liquide s'écoule goutte à
goutte, puis nous en retirons encore environ I à 2 centimètres cubes. La quantité de solution injectée demeure toujours inférieure à la quantité de liquide céphalo-rachidien extraite : nous évitons ainsi l’hypertension. Mais il n’est pas toujours possible d'extraire quelques centimètres cubes de liquide (obs. XXVII) ; mème, dans ce cas, nous prenons garde à ne point injecter plus de mercure que nous n'avons retiré de liquide céphalorachidien.
Le Filliâtre pensa aussi que si l'injection cocaïnée avait pu irriter les méninges, c'était peut-être qu'elle était insuffisamment stérilisée ; il essaya à nouveau la solution aqueuse de cocaïne parfaitement stérilisée, et n'eut aucun accident. Pour nous, nous utilisons des solutions mercurielles isotoniques au sérum sanguin, et parfaitement stérilisées. Nous pensons qu’il n'y a aucun inconvénient à ce procédé,
De cette façon, nous nous mettons à l'abri des accidents graves, nous n'avons pu réussir à supprimer les incidents — et ils sont nombreux —- qui surviennent à la suite d’injections sousarachnoïdiennes de sels mercuriels.
Nous n’avons pas observé ces céphalalgies de durée insolite, telles qu’en signalent Muller et Munchmeyer, après injection de stovaïne. Au contraire, nos malades qui présentaient des céphalées violentes les ont vu disparaître, immédiatement après l’injection.
Des vomissements bilieux ou alimentaires ont apparu chez l’une de nos malades immédiatement après l'injection ; l’anorexie fut marquée.
Plus importants sont d’autres phénomènes que signalent la plupart des auteurs et que nousmême avons pu constater : ce sont des douleurs lombaires, avec irradiation vers les membres inférieurs, douleurs qui sont parfois d’une intensité suffisante pour nécessiter une piqûre
- de morphine.
Ce sont des paraplégies souvent d'assez longue durée. Nous n’en avons pas observé, mais ce que nous avons pu constater, ce sont des fourmillements douloureux dans les membres inférieurs, avec impotence fonctionnelle notable, et telle que deux de nos malades ont dû rester pendant plusieurs jours confinées au lit.
La rétention d'urine s’observe très souvent, et dans deux de nos observations, elle dura cinq
jours.
La constipation est également très fréquente et accompagne la rétention urinaire.
Les urines sont parfois peu abondantes, et, après l'injection, peuvent renfermer de l’albuinine. Ce fut le cas de deux de nos malades chez lesquelles nous pûmes déceler, avec diminution de
la quantité, une albuminurie transitoire.
En outre, la température s'élève au-dessus de
la normale et peut alteindre 385. Ce fait a été
déjà signalé par Carrieu, Claude et Lhermitte.
Il estexceptionnel que ces phénomènes pénibles ne se produisent pas. Quel que soit le sel, quelle que soit la dose employés on les observe ; ils sont pour ainsi dire constants. Il est rare que les malades n’éprouvent, après ces injections —.
comme dans un cas que nous avons étudié — que des fourmillements de peu d'intensité et de courte durée dans les membres inférieurs, sans autre trouble réactionnel.
Lesinjections sous-arachnoïdiennes de sels mercuriels présentent donc des inconvénients nota- bles, qui enlimiteront l’emploi.
Les injections épidurales, elles aussi, s’accompagnent d'accidents pénibles, et ne semblent pas devoir remplacer les injections sous-arachnoï-. diennes. Elles ne pourraient d’ailleurs agir que là où la moelle seule est atteinte, c’est-à-dire dans les myélites et le tabes. Et encore dans tous ces cas, y a-t-il un processus méningé important, que décèle la lymphocytose. : rs :
Dans les cas de méningites Sccondaites de céphalées rebelles, de paralysie générale, les injections épidurales, portant leur action sur les racines
“postérieures, sont nettement insuffisantes.
Les injections sous-arachnoïdiennes ont donc le gros avantage d’agir plus et mieux là où les injections épidurales agissent ; d'agir aussi LES.
où elles-cine peuvent être utilisées. C’est pourquoi dans tous les cas, nous préférons à la voie sacrée, la voie sous-arachnoïdienne.