CYANURE DE MERCURE
Sel blanc, cristallisé, sans odeur, soluble dans l’eau, l'alcool, la glycérine ; le cyanure de mercure contient 79,4 o/o de mercure, à l'état dissimulé. =
Le cyanure de mercure ne donne pas de pré cipité avec les alcaloïdes, ce qui permet de S l’additionner de cocaïne ou de stovaïne, sans que Le letitre de la dissolution baisse du fait de la for-
mation d'un composé insoluble comme cela se
produit avec les autres. sels. RUES Le cyanure de mercure est le plus toxique des
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9, sels mercuriels. En injection, même à faibles doses, il donne, ainsi que de nombreux auteurs et en particulier Lévy-Bing, l'ont constaté, des phénomènes d’intoxication : coliques, diarrhée, érythème. Il prédispose à la stomatite.
La solution de cyanure de mercure dans le sérum physiologique
Cyanure de mercure............. 1-CmMC.
Chlorure de sodium.:........... ogr. 75 Eau distillée quant. suff. pour... 100 cmc.
ne coagule pas l’albumine.
MERCURE COLLOIDAL
Le mercure colloïdal peut être obtenu soit par la voie chimique, soit au moyen de l’arc électrique comme les colloïdes métalliques, or, argent, platine. ste
La méthode chimique ne donne qu’un composé
‘impur, mal défini, dont la solution est instable ;
aussi doit-on, surtout pour les injections intrarachidiennes, s'adresser de préférence au mercure électrique. :
Le mercure colloïdal électrique s'obtient en faisant jaillir, au sein de l’eau, sous un potentiel de 90 à 100 volts, l’arc entre deux électrodes mer-
curielles constituées, l’une par une grosse goutte de mercure, l’autre par des gouttelettes s’écoulant
Lévy us , 3
automatiquement par l’orifice d’un tube capillaire. L’arc, éclatant entre la gouttelette et la goutte, amène la pulvérisation d’une petite quantité de mercure et la formation au sein de l’eau d’une suspension colloïdale.
Le mercure colloïdal ainsi obtenu se présente sous l’aspect d’un liquide gris,trouble par réflexion et limpide par transparence, titré à ogr.5o de mercure métallique par titre.
L'examen à l’ultramicroscope y décèle la présence, en quantité considérable, de petits grains brillants, animés d’un mouvement brownien intense. Le transport électrique démontre qu'il est fourni par un colloïde négatif.
Soumis à l'analyse, ce liquide ne laisse passer, à travers le sac dialyseur, la moindre trace de sel mercuriel ; il est donc bien exclusivement constitué par du mercure colloïdal. |
Le mercure colloïdal précipite au contact des Apt te toutefois par l'addition d’un colioïde naturel, on lui confère, vis-à-vis de ces agents précipitants une immunité telle qu'il est possible de l'additionner de la quantité nécessaire de chlorure de sodium pur pour le rendre isotonique et pour en permettre en particulier l'injection dans le canal rachidien.
De tous ces sels, quel est celui qu'il vaut mieux employer ? et à quelle dose ? |
Le cyanure de mercure est, de tous, celui qui comprend la plus grande quantité de mercure
(79, 4 oJo), mais c'est aussi de tous le plus toxique. Cependant M. Sicard l'utilise et lemploie suivant
la formule :
SÉOVAME A CU RAT 1 centimètre cube Cyanure de mercure...... 1/4 de milligramme Eau alcoolisée à 10 0/0..:.. 1 centigramme
Il injecte 1 centimètre cube de cette solution. Malgré la faible quantité de cyanure, malgré l'addition de stovaïne, les réactions douloureuses sont intenses. |
Nous avons injecté, pour notre part, du biodure de mercure en solution isotonique aux doses de 1 centigramme, 5 milligrammes, et 2 mgr. 1/2. C’est aux doses de 2 à 3 milligrammes que M. Sicard ‘emploie également ce sel. |
Le benzoate a été injecté à la dose de 1 centigramme par centimètre cube.
Dans tous les cas les douleurs furentvives, moins vives peut-être avec le benzoate qu'avec le biiodure.
Lé mercure colloïdal, dont la teneur en mereure est faible, est employé par Carrieu à la dose de 2 à 5 centimètres cubes. Les phénomènes .
réactionnels sont intenses. Dans un cas où nous l'avons employé cependant (mais nous n’injec- tâmes que 1/2 centimètre cube), il y eut seulement quelques engourdissements dans les membres inférieurs, et une légère sensation de meurtrissure lombaire.
Îlest fort délicat de préconiser un sel plutôt . qu’un autre. Peut-être la toxicité du cyanure estelle trop grande pour qu’on puisse en conseiller l'emploi.
A tout prendre, et malgré leurs inconvénients, nous préférons encore le biiodure et le benzoate, sels stables en solution isotonique.
L’électro-mercurol pourrait être employé en cas de méningites, où l’action colloïdale se joindrait à l’action mercurielle, mais c’est un corps encore trop peu étudié pour qu’on puisse être fixé sur sa valeur thérapeutique. ,
Il est difficile de prévoir la dose à injecter.
Les phénomènes généraux observésne paraissent pas plus vifs avec les fortes doses qu'avec les faibles doses.
Carrieu conseille d’injecter tous les mois ou moins souvent, suivant les effets produits, 2 à 5 centimètres cubes de solution d’électro-mercurol ; pour nous, il nous semble qu’il serait préférable d’injecter au début, 1/4 puis 1/2 et r centigramme de biiodure ou benzoate de mercure, non pas chaque jour comme l'a fait Schachmann, mais à intervalles plus éloignés : chaque fois que le liquide céphalo-rachidien n’est plus soumis à la réaction méningée, c’est-à-dire lorsque la polynucléose a de nouveau cédé sa place à une lympho-
cylose, semblable ou inférieure à celle du début.
Ceci n’a lieu que sept ou huit semaines après l'injection. Cette façon d'agir doit surtout être
recommandée dans le tabes, maladie essentiellement chronique. Dans les méningites et les myélites on est autorisé à les répéter plus fréquemment, tous les quinze jours par exemple, jusqu’à guérison ou amélioration notable.
Il est probable que le mercure pris par voie sous-arachnoïdienne s’élimine comme le mercure absorbé d’autre façon. Nous n'avons jamais pu le retrouver dans l'urine, sans doute à cause de la faible quantité qui avait été injectée.