Claiïsse et Joltrain, loc cit
2, Mosny et Pinard, Paraplégie spasmodique syphilitique. : Electrargol rachidien. Guérison. Soc. méd. des I6p., 19 juin 1908. RS
l'électrargol intra-rachidien peut, à lui seul, provoquer la guérison. Les sels colloïdaux sont en effet pourvus de propriétés antiseptiques énergiques, mais Mosny et Pinard eux-mêmes disent qu’ils emploieraient plus volontiers, et pensent-ils, d'une façon plus efficace, le mercure colloïdal si, à l'encontre de l’électrargol, il n’était pasdouloureux.
D'autre part, Claisse et Joltrain injectèrent de l’électrargol sans que leur malade s’améliorât ; la marche vers la guérison survint nettement le lendemain d’une seconde injection de mercure col- 1oïdal.
Ainsi l'injection de mercure par la voie sousarachnoïdienne procure une guérison plus rapide et dirons-nous, plus efficace.
En effet, quel est le sort réservé à ces malades? Sans doute le pronostic immédiat semble bénin. - Mais n’y at-il pas lieu de penser que si une syphilis effleure, dès le début, le système nerveux, elle l’atteindra plus tard de manière plus tenace. Le malade de MM. Sicard et Russy qui avait présenté des accidents méningés passagers trois mois après le chancre, ne mourait-il pas plus tard avec de
grosses lésions des centres nerveux ?
Fes injections pratiquées par la voie sous-arachnoïdienne atteignent directement les méninges. Elles agissent au point lésé. Ne peut-on pas espérer qu’en les répétant, on pourrait prévenir les accidents futurs ? C’est là une simple hypothèse, mais sur laquelleilimporte pourtant d'attirer l’attention.
A ie ue
C’est ce qui nous a incité à essayer la méthode dans les cas de céphalées rebelles.
Ïl faut,avec Milian (1), distinguer diverses céphalées syphilitiques : la céphalée secondaire, contemporaine de la roséole, profonde, gravative ou lancinante, comportant tous les degrés, guérissant en général merveilleusement par le traitement, améliorée par la ponction lombaire lorsqu'il y a hypertension ; la céphalée hkystérique, reconnaissable aux zones anesthésiques de la tête, aux stigmates hystériques ; la céphalée neurasthénique, plutôt angoissante que douloureuse, traduite par des sensations imagées de vide, de serrement, plutôt que par des souffrances ; la céphalée prémonitoire d’une syphilis cérébrale, fixe, violente, = maximum nocturne, accompagnée de symptômes somatiques, la céphalée névralgique, où la douleur est propagée le long des branches du triju- meau, de la branche ophtalmique en particulier.
La ponction lombaire ne permet pas de reconnaître de lymphocytose dans les céphalées secondaires contemporaines de la roséole, sauf cependant s'ilexiste, comme l’a montré Ravaut (2), des déterminations cutanées secondaires, mais ily a
1. Milian, Céphalée syphilitique et Ponction lombaire (Tribune médicale, 7 nov. 1903).
. 2. Ravaut, Le Liquide céphalo-rachidien au cours de la Syphilis acquise et héréditaire (Revue mens. de Médecine et de. Thérapeutique, 15 juin 1909).
LE Eee
toujours de l’hypertension du liquide céphalorachidien.
Les céphalées secondo-tertiaires présentent en général- une réaction méningée lymphocytaire marquée.
Les céphalées tertiaires s’accompagnent de lÿmphocytose abondante, el dans certains cas, elles traduisent à elles seules des méningites aiguës syphilitiques. Nous n’avons pas à revenir sur ce point. Elles s'accompagnent de quelques nausées, de quelques vomissements, disparaissent pour reparaître au bout de quelques semaines.
Dans les céphalées hystériques et neurasthéniques, il n’existe aucun phénomène réactionnel du liquide céphalo-rachidien.
Les céphalées avec névralgie du trijumeau ne s’accompagnent pas de lymphocytose céphalorachidienne sauf en cas de compression gommeuse du nerf.
Nous avons eu l’occasion de traiter par les injections intra-rachidiennes de biiodure de mercure deux cas de céphalée syphilitique. Chez l’une de nos malades à qui nous avons injecté 2 mgr. 1/2
de biiodure de mercure, il s’agissait d’une cépha-.
lée secondaire. La ponction lombaire donna issue à un liquide clair, moyennement hypertendu.
L'examen du liquide ne montra pas de Iymphocytose. |
#4 La céphalée disparut après la ponction. Ce phénomène était peut-être dû uniquement à l’éva-
ES
cuation du liquide céphalo-rachidien, et nous ne rapportons cette observation que pour montrer l'intensité des phénomènes réactionnels que provoqua l'injection.
Dans le second cas, il s’agit d’une malade syphilitique depuis cinq ans, atteinte de céphalée frontale avec points douloureux aux émergences du trijumeau. La malade avait été soignée à peu près régulièrement ; aucun traitement, pas plus le mercure et l'iodure que les antinervins n'avaient calmé sa céphalée.
Nous lui fimes une injection de 5 milligrammes de biüiodure d’hydrargyre. Il n'y avait ni hypertension du liquide, ni lymphocytose. Dès le soir, la céphalée avait disparu. Elle n'a plus reparu depuis. Mais les douleurs provoquées par l’injection furent extrêmement vives, et nous ne pûmes faire de nouvelle injection.
Voici donc un cas rebelle de céphalée, chez une malade traitée jusque-là sans succès, où le liquide céphalo-rachidien n'était pas hypertendu, et que guérit une seule injection intra-rachidienne de mercure.Nous n'osons conseiller ce mode de traitement des céphalées syphilitiques rebelles, à cause de l'intensité des phénomènes réactionnels, mais ne serail-ce pas là une méthode à employer, si l’on
parvenait d'une façon quelconque, directe ou
indirecte, à injecter sans douleur dans le liquide céphalo-rachidien des sels mercuriels ?
Les injections intra-rachidiennes sembient dé-
Se OÙ pourvues de toute action nocive sur le système nerveux et les méninges. C’est ainsi que Claude et Lhermitte citent l'observation d’un malade à l’au-
topsie duquel ils constatèrent l'intégrité absolue de la moelle lombaire et des méninges dans la
. région de l'injection tandis qu’au-dessus existait
une méningite syphilitique des plus nettes.
Si les indications de la méthode sont assez limitées, les contre-indications absolues le sont aussi. Ce sont les cas où le mercure lui-même est mal toléré, comme cela s’observe chez certains sujets. On s’en abstiendra également lors de lésions rénales, de cachexie trop avancée.
LE RENE à pl à SAC Rex