LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN AVANT ET APRÈS LA PONCTION
Carrieu (1) examinant le liquide céphalorachidien avant les injections d’électro-mercurol qu'il pratiqua, y trouva une abondante lymphocytose. Cette Iymphocytose alla en diminuantavec les ponctions ultérieures, et il ne se trouva plus, aux derniers examens cytologiques que de très rares lymphocytes ou même pas dans le culot.
Cest un indice de l'amélioration du processus anatomique local, pour ne pas dire sa guérison.
Claude et Lhermitte (2) constatèrént aussi une importante lymphocytose avant l'injection sousarachnoïdienne. À cette lymphocytose pure, fait suite une polynucléose accompagnée d’éosino-philes mono et polynucléés dont le chiffre peut atteindre 30 o/o des leucocytes.
# Œttinger et Hamel pratiquant une ponction lombaire immédiatement avant et huit jours après l'injection de mercure colloïdal, trouvèrent 33 0/0 .
Li RE
de lymphocytes la première fois, 93 o/o la deuxième fois.
Claisse et Joltrain constatent avant l’injection 78 o/o de lymphocytes avee nombreux monononucléaires.
Deux jours après :
Polynuüuéléaires.s Lise 8o oo LYMPhOCFLES NE SAR RES II 0/0
Grandes cellules mononueléaires... 9 o/o
Trois jours après même formule leucocytaire.
Après une nouvelle injection, les polynucléaires augmentent à nouveau.
POlÿnuÉléAires Le. Nermmaspees 84 o/o LyMmpPhOCYÉES 5 meer 10 0/0 Mononucléaires, :...,.....%.....: 6 oJo
Trois jours après cette nouvelle injection, les lymphocytes réapparaissent en grande quantité.
Ces résultats sont d’ailleurs concordants avec ceux de M. Sicard et avec les nôtres.
Au début, dans les cas de méningomyélites, de tabes, de méningites et de paralysie générale, il existe une abondante lymphocytose. Immédiatement après l’injection, le lendemain par exemple, on constate une polynucléose parfois même excessive. 6
Cesréactionsméningées durentun certain temps, et la lymphocytose remplace progressivement la
polynucléose du début. Ce n’est guère que six à huit semaines après l'injection que le liquide céphalo-rachidien récupère sa constitution. Mais nous n'avons jamais noté les phénomènes anaphylacliques que signale Carrieu, dans deux cas de tabes,
Les injections sous-arachnoïdiennes semblent donc agir surtout comme agents provocateurs de diapédèse méningée.
L'entrée en scène de ces polynucléaires dans le sac sous-arachnoïdien, paraît donc un élément de défense des plus utiles.
Lévy j - 5
AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS MODIFICATIONS A LA MÉTHODE DE MERCURIALISATION RACHIDIENNE
La méthode des injections sous-arachnoïdiennes de sels mercuriels présente de réels avantages.
Dans un certain nombre d'observations où les
autres traitements n'avaient pas réussi, elles ont donné de très appréciables résultats. Si on les compare à d’autres cas où le ‘traitement mercuriel habituel réussit parfois, comme dans les méningomyélites, ou souvent, comme dans les ménin-
gites aiguës, on constate qu’elles agissent d’une
façon plus rapide et peut-on dire aussi plus efficace, car elles portent leur action directement
sur la moelle ou les méninges. La preuve de la plus grande efficacité de la méthode résulte de ce
fait que les réactions méningées se manifestent
très vives, presque instantanément, et durent un
assez long laps de temps.
Mais les inconvénients — accidents tous pro-
voqués par les injections mêmes — sont tels que souvent les malades, ayant reçu une première
injection refusent de s’en laisser faire une seconde,
Peut-on obvier à ces phénomènes douloureux si intenses ?
Sicard et Descomps (1) montrent que l'injection de médicaments spécifiques pourrait agir non pas tant à cause de leur spécificité elle-même, que comme agent de révulsion, en libérant les racines postérieures de la gangue conjonctive qui les enserre.
Aussi M. Sicard a-t-il récemment (2) tenté la mercurialisalion de ces syphilitiques médullaires, tabétiques et méningomyélitiques, par la {hérapeutique indirecte suivante qui repose sur un double fait biologique :
1° MM. Sicard ct Cestan, dans le service du professeur Raymond, ont montré que les culs-de-sac arachnoïdo-pie-mériens médullaires se prolongeaient davantage sur les racines postérieures que sur les racines antérieures, et M. Sicard (5) a fait voir que siles douleurs des tabétiques étaient prédominantes au niveau des membres inférieurs, c’est queles culs-de-sac arachnoïdo-pie-mériens des racines lombaires et sacrées étaient beaucoup plus volumineux, nombreux et allongés que les culsde-sac radiculaires des régions cervicales ou dorsales. C’est à ce niveau qu'il existe une véritable gangue méningée lymphocytaire qui enserre.les
1. Sicard et Descomps, Soc. de Neurol., 1905. 2. Sicard et Cestan, Soc. méd. des Hôp., 24 juin 1904. 3. Congrès de Lisbonne, Sect. de Neurologie, avril 1906.