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OBSERVATION XX

(Garrieu) Tabes. — Injections intrarachidiennes d'électromercurol. — Amélioration très marquée.

M. E..., quarante-six ans, entre à la salle Bichat, n° 8, le 21 Mai 1908, pour paraplégie. Jamais de maladies antérieures. Pas de signes de syphilis, cinq enfants dont deux en vie. Pas d'avortements.

Début de la maladie, il y a cinq mois, par douleurs dans les reins s'irradiant en ceinture à la base du thorax, fourmillements, puis douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs.

Depuis quatre mois, les jambes refusent tout service ; la malade reste couchée dans son lit ou assise toute la journée sur une chaise. Pas de troubles digestifs, mais mange peu. Urine deux ow trois fois, la nuit, le besoin est impérieux, perd parfois ses urines.

Son médecin lui a fait suivre, sans succès, un traitement antisyphilitique intensif.

La malade a beaucoup maigri depuis le début de la maladie, elle est ratatinée, édentée, cachectique et présente l'aspect d'une vieille .

Examen. — Les mouvements des membres inférieurs

sont possibles et assez énergiques, mais les mouvements commandés ne sont exécutés qu'avec une grande incoordination, surtout si les yeux sont fermés. Les réflexes tendineux et cutanés sont complètement abolis. La sensibilité superficielle et profonde au contact et à la douleur est très diminuée, surtout aux extrémités. Retard de la perception de cinq secondes au niveau des pieds. Notion de la position abolie. Pupilles en myosis inégales. Signe d'Argyll-Robertson très net.

La malade est non seulement incapable de marcher, mais même de se tenir debout : les jambes se dérobent sous elle.

Rien de particulier dans les autres organes.

Traitement. — Electricité, massage.

26 juillet. — Même état d’impotence et d’incoordina-

tion. Les membres inférieurs tendent vers la contracture, surtout le gauche.

13 août. — Ponction lombaire : 15 centimètres cubes de liquide clair, lymphocytes nombreux. Injection de 3 centimètres cubes d’électro-mercurol. Une heure après, douleurs vives,continues,avec élancements dans les reins et les membres inférieurs; maux de tête, vertiges, vomissements. Le soir température 37°8. Pouls 110 au lieu de 72.

23 août. — La malade a continué à avoir des nausées et des vomissements ainsi que des douleurs et de la

fièvre pendant huit jours. Aujourd’hui tous ces phéno-

mènes ont disparu peu à peu etla malade se trouve mieux

qu'avant l'injection.” Elle remue plus facilement ses jambes et se sent plus

forte.

2 septembre. — Exercices de marche. La malade se

tient un peu sur ses jambes si on la soutient. Mais beaucoup d’ataxie si elle essaie de marcher.

15 septembre. — Elle marche en s'appuyant sur les bras de deux aides.

30 octobre. — Deuxième ponction lombaire : Ilymphocytes moins nombreux. Injection de 1 eme. 1/2 d’électromercurol. Dans la soirée, douleurs dans les lombes et les jambes, maux de tête, nausées, température 3707, mais phénomènes moins violents qu'à la première injection.

5 novembre. — La malade, qui n'avait pas essayé de marcher depuis sa deuxième ponction,reprend aujourd'hui ses exercices et fait journellement des progrès.

15 décembre. — La malade marche assez bien avec deux béquilles ; troisième ponction lombaire, 14 centimètres cubes de liquide clair avec rares lymphocytes. Injection de 2 centimètres cubes d’électro-mercurol : nausées et vomissements, douleurs dans les reins, les jambes et la tête. La température atteint 385, et le pouls 96 pour tomber ensuite peu à peu.

2 février. — La malade arepris ses exercices depuis quelques jours : elle marche mieux, l'incoordination disparaît. Cependant il reste au repos un certain degré de contracture du membre inférieur gauche.

20 février. — Quatrième ponction lombaire avec injection de 2 centimètres cubes d'électro-mercurol. Mêmes phénomènes de réaction que précédemment. Après huit jours de lit les mouvements deviennent plus faciles ; la marche, avec deux béquilles, est plus aisée ; la malade peut faire ainsi le tour de la salle,

La malade sort le 2 avril 1909.

OBSERVATION XXI (Personnelle)

D. H..., femme âgée de soiïxante-neuf ans.

Tabétique sans ataxie.

La malade entre à l'hôpital pour la première fois le

5 décembre 1908, se plaignant de douleurs fulgurantes

très vives qui empêchent tout travail et tout repos.

A l'examen, on constate une abolition complète des réflexes rotuliens et achilléens. Le signe d’Argyll- Robertson est des plus nets. Pas de troubles de la sensibilité. Pas de Romberg.

En outre des douleurs fulgurantes, Mr: H... se plaint de mictions pénibles, accompagnées d’une sensation de cuisson assez intense.

M. Sicard pratique le 13 décembre 1908 une ponction lombaire ; on retire environ 6 centimètres cubes de liquide clair, hypertendu, contenant de l’albumine, et au microscope présentant de nombreux lymphocytes. On injecte

ensuite :

Eau alcoolisée à 5 degrés... 2 cmc. 1/2

SON MR ET IR NUE ae re à I Cgr.

— Analgésie partielle pendant deux à trois heures. Puis

douleurs assez vives pendant vingt-quatre heures, Immédiatement après, on commence à faire par voie

hypodermique le traitement mercuriel (13 injections de

. benzoate de Hg à o gr. 02). ares,

Les douleurs fulgurantes ne cessent que partiellement.

28 décembre. — Nouvelle injection de :

Eau alcoolisée à 5 degrés... 3 eme.

StOVAIRNE.. 5 ee. de SAC 1 gr.

Les douleurs provoquées par l'injection sont vives. Ge sont des douleurs en ceinture, accompagnées d'engourdissement des membres inférieurs, cessant au bout de vingt-quatre heures.

L'examen microscopique du liquide céphalo-rachidien montre une polynueléose importante, ce qui prouve bien que l'introduction du liquide dans le eanal à produit une réaction méningée violente.

On recommence à injecter par voie hypodermique du benzoate de mercure, et au bout de cinq jours, les douleurs fulgurantes ont complètement cessé.

En juin 1909, la malade revient à la consultation du D: Sicard. Les douleurs fulgurantes avaient complètement cessé pendant six mois. Elles ont réapparu ces jours-ci. M. Sicard pratique une nouvelle injection au mème taux que précédemment, suivie d'un nouveau traitement mer- curiel par voie hypodermique (18 injections de benzoate Ses È de mercure à o gr. 02). ;

Depuis, plus de douleurs fulgurantes.

Mais en mai 1910, apparaissent des troubles vésicaux ; N témoignant d'une infection vésicale assez accentuée. Les * douleurs fulgurantes n'ont pas réapparu., mais il eom- à mence à exister un léger degré d’ataxie. On recommence le même traitement qui donna par deux fois de si appré- | ciables résultats. à $

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27 mai. — Les douleurs vésicales sont moins violentes. <s4 Après la ponction, il y eut quelques douleurs peu intenses dansles membres inférieurs. La séro-réaction de Was-

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