‹ Injections intra-rachidiennes De Sels MercurielsChapitre 33 sur 38 · D. — MÉNINGITES AIGUËS SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

D. — MÉNINGITES AIGUËS SYPHILITIQUES

OBSERVATION XXII (Résumée)

(Claisse et Joltrain)

Malade de trente quatre ans, qui entre à l’hôpital le 29 novembre 1907 pour céphalée intense, frissons, vomissements.

Se plaint de maux de tête violents, à siège frontal, irradiés aux cavités orbitaires, accompagnés de vomissements cérébraux fréquents. Ces phénomènes durent depuis trois jours avec cette intensité.

Antécédents personnels. — En 1801, contracte le paludisme à Madagascar. Les crises paludéennes se sont plusieurs fois répétées depuis.

En 1897, blennorragie avec orchite.

En 1898, syphilis: Chancre induré- Roséole et plaques muqueuses. Traité à Saint-Louis par le mercure. Au bout de deux ans, apparaissent des kératoses palmaires et plantaires qui n’ont jamais disparu depuis.

Le malade est alcoolique.

Depuis sept ans, aucun traitement mercuriel ou ioduré n’a étéfait.

Il y a six mois, le malade est pris brusquement, dans la

-rue, d’un ictus avec perte de connaissance. Il est ramené

chez lui, et le même jour a deux nouvelles crises violentes

avec convulsions épileptiformes.

Pendant les huit jours qui suivent, il est en proie à un délire aigu, avec idées de persécution et de suicide.

A cette époque, seraient apparues une paralysie du membre inférieur droit et une paralysie faciale qui durèrent quinze jours.

En même temps, troubles oculaires (amblyopie, diplopie).

Mais tous ces phénomènes disparaissent peu à peu, et X... peut reprendre ses occupations lorsqu'il y a trois jours il fut pris de céphalée, de frissons avec tremblements qui nécessitent son entrée à l'hôpital.

Examen à l'entrée. — Le jour même de son entrée a une crise épileptiforme simulant en tous points une crise d'épilepsie vraie, mais sans incontinence d'urine ni mor sure de la langue.

A l'examen, hyperesthésie cutanée généralisée ; subictère.

Signe d'Argyll-Robertson très net.

Abdomen souple. Foie gros et douloureux, rate perceptible.

Pouls 100, température 378.

Pas de signe de Kernig. Pas de Romberg, ni de Babinski. Réflexes normaux. Etat mental très troublé : Pas de suite dans les idées, parole rapide, brusque. Le soir délire furieux nécessitant l'emploi de la camisole de force.

Le lendemain, la température est de 38 degrés, le pouls bat à 120, régulier et bien frappé.

Rien au poumon.

Constipation opiniâtre. Urines denses et hautes en

couleur non albumineuses.

Ebauche de Kernig, et légère contracture des muscles de la nuque.

On pense à une méningite tuberculeuse et pratique une première ponction lombaire.

Liquide très hypertendu, clair, albumineux.

L'examen cytologique montre 58 o/o de lymphocytes, avec nombreux mononucléaires d'assez grandes dimensions avec quelques granulations.

Pas de bacille de Koch ; ensemencement négatif.

Traitement. — Injections intramusculaires de biiodure d'hydrargyre ; injection intrarachidienne de 10 centimètres cubes d'électrargol.

Les jours suivants, du 3 au 6 décembre, la température monte graduellement jusqu'à 4o degrés. Syndrome méningé très net : céphalée, signe de Kernig, raideur de la nuque, inégalité pupillaire, troubles psychiques.

-— 2 décembre. — Nouvelle ponction lombaire, suivie

d'une injection intra-rachidienne de mercure colloïdal.

Pourcentage :

POLAR MP TER LR le A): 80 o/o EPP ROENLOS ARR SRI N . 10/0

Grandes cellules mononucléaires endothéliales 9 0/0

Lé liquide céphalo-rachidien retiré est toujours clair, mais albumineux.

Le point intéressant est la modification de la formule -cytologique, fait qu'ont déjà constaté Caussade et Jol-

train (x) lors d’injections de métaux colloïdaux.

Page 1