LES PASSEPORTS À JANSON ET HARRACH 28B
que cette évêqiie a toujours cherché à mettre la lu'ouille entre lui et la Cour de Pologne, J'ai répondu à cela, dit-il, qu'il valait mieux que l'évêque quittât la Pologne. Et, le 6 juin^ il fait savoir que S. M. a accordé le passeport à Fourbin Janson, mais qu'il enverra un archer pour l'accompagner et qu'il lui sera défendu de s'arrêter aux Cours des princes.
Or. le 11 juillet, il lui apprend qu'il avait déjà le passeport et l'archer pour l'évêque de Marseille, lorsque le nonce de Pologne lui a écrit que le prélat refusait de faire le voyage directement, voulant aller en Hollande pour consulter un spécialiste. « Ayant fait observer, écrit Bonvisi, que désormais à Nimègue les négociations se discutaient entre ambassadeurs, le comte Chineseg, vice chancelier, m'a répondu que cet évêque allait pour intriguer et contrecarrer les intentions des plénipotentiaires ». Et, le 18, le nonce se plaint à Cybo d'apprendre par une lettre de Yarese, que celui-ci n'a rien reçu au sujet du passeport de Harrach. Et, le 25, il ajoute qu'en ce moment une nouvelle lettre du nonce à Paris lui apprend que Pomponne avait dit, qu'il ne délivrerait le passeport à Harrach que lorsque l'évêque l'aurait informé qu'il était en possession du sien.
Le 14 août, Cybo écrit à Bonvisi que la prétention de la France est inexpljcable, car ce sont des plénipotentiaires qui doivent se rendre à Nimègue et que, par conséquent, il s'ensuit un retard pour les négociations. Et, le 22, Bonvisi lui manifeste ses regrets d'avoir appris de VaresequeMgr Fourbin avait écrit à Pomponne qu'il était en possession du passeport. « L'ayant dit à Hocher, écrit-il, il me remercia, ajoutant que c'était trop tard, parce que Harrach s'était embarqué à Cadix pour l'Angleterre et de là arriverait sur le continent. De cette manière, j'ai semblé être coupable du retard; et je crois, ajoute- t-il, qu'on fera des difficultés pour le passeport, à Vitry surtout, parce qu'en France on veut négocier comme des supérieurs. Mgr le nonce m'avise, en effet, qu'ils
Seront prêts à livrer les passeports aux députés du chapitre de Strasbourg, mais que l'échange doit se faire à Paris par les mains du nonce. Je crains, conclut-il, que les Impériaux n'admettant pas d'être traités toujours en inférieurs, et qu'il serait mieux d'envoyer les passeports à Bevilacqua >-. Et, le 29, Bonvisi répète que Harrach est parti le 15 du mois précédent pour la campagne et qu'il est passé ensuite à Cadix, que le passeport devait -arriver le 20 à Madrid, et qu'à la Cour on se plaint de la France.
Aussitôt que Bevilacqua fut installé à Nimègue, une question surgit avec la France dans la vérification de ses pouvoirs. Il sera opportun de rapporter toutes les dépêches y ayant trait^ car l'affaire resta en suspens près d'une année.
Le 11 juin, BeviJacqua informe Cybo qu'il s'est rendu chez les plénipotentiaires français et leur a soumis les copies des brefs qui authentiquent sa personne, mais que le jour suivant Colbert et d'Avaux vinrent l'avertir que dans le bref de présentation, après la mention du maréchal d'Estrades, ils étaient tous les deux traités praestantibus viris^ termes qu'on emploie pour tout particulier; que cependant si cela n'était que question de style il n'y avait rien à redire, « Sur ces observations, écrit-il, j'ai regardé les brefs aux plénipotentiaires de l'empire, et j'ai trouvé qu'après la désignation du premier ambassadeur, on disait des autres electis- S'imis viris^ pai'oles qui se trouvent aussi à la fin du bref aux français, et comme Mgr Gurgh n'est pas ici, je n'ai pas cru opportun de faire voir ces brefs à ces derniers; mais par mon auditeur j'ai pu les persuader. On trouve aussi que la parole socijs n'est pas assez honorifique, de même que celle qui serait équivalente à associat/s ou adjncf/is et non coUeghis ainsi que l'indique tout dictionnaire; que le lendemain, ils demandèrent que l'on fit un autre bref, désignant chacun avec le titre que lui donne le roi. Ces mi-