DIFFÉREND AVEC LA FRANCE POUR LES BREFS
nistres ont soulevé plus d'objections encore pour le bref facultatif — celui qui me donne les pouvoirs — car il n'y a aucune indication du très chrétien ainsi qu'il en est pour l'empereur. Ils ont ajouté qu'à Munster on a soulevé déjà la même question; je leur ai répondu que j'en écrirais à Rome^ mais que la rédaction des brefs avait été faite selon l'usage, et qu'en attendant on devait laisser les choses comme elles sont, ce que les ambassadeurs acceptèrent, assurant que tout serait tenu secret; et pour plus de sûreté j'ai repris les copies, ahn qu'ils ne les envoient pas à Paris. Maintenant j'attends les ordres de V. Em. » Et, le même jour, en rend compte à Varese (1).
Et, le 25, il écrit à Cybo: «Le maréchal d'Estrades a fait voira mon auditeur le parag^raphe d'une lettre de Pomponne, où le ministre écrit que les ditïicultés soulevées par eux touchant le bref facultatif avaient l'approbation du roi, mais que, d'un autre côté, S. M. avait grandement agréé la faci-
(1) « Ayant soumis aux plénipotentiaires français la copie du bref qui lui donnait les pouvoirs et la copie du second qui le chargeait de coopérer efficacement à la paix, ils trouvèrent quelque chose d'insolite dans le premier, car l'empereur y était nommé séparément tandis que le roi très chrétien se trouvait mêlé avec les autres rois et princes catholiques, et que les ambassadeurs insistèrent pour qu'on le modifiât avant de le publier. « Je me suis engagé, écrit-il, à en référer à Rome et de demander la copie du bref du Congrès du Munster. On opposa aussi, continue Bevilacqua, des difficultés pour le second bref, parce que le maréchal d'Estrades, premier plénipotentiaire, y est cité nominalement alors que ses deux autres collègues sont simplement désignés comme: praestantes viri, electissimi socij. Afin d'éviter tout mécontentement j'ai répondu que ce bref sera modifié et qu'on en adresserait un à chacun des trois ambassadeurs. »
Le 11, encore, il manda à Cybo, que le magistrat avait publié une proclamation contre quiconque offenserait la famille du nonce.
lité avec laquelle le nonce les avait assoupies, en se conformant bien aux intentions de N. S. et mettant celles-ci surtout en opposition à la conduite des Anglais, qui par leur manière d'agir n'ont jamais permis que le roi pût leur manifester ses propres sentiments pour la paix. »
Le 3 juillet, Cybo répond à Bevilacqua que si les Français ne se rendent pas aux raisons qu'il leur a exposées et continuent à prétendre que sur un des brefs il y ait le nom de chaque plénipotentiaire et, sur l'autre, le nom du roi, il ne doit pas rompre toute négociation, mais gagner du temps en offrant d'en écrire à Rome, de sorte, que le cours de la médiation ne soit interrompu; ce qui pourrait peut-être fournir un prétexte aux Anglais pour gagner du temps. Et, le 10, il lui transmet les brefs désirés pour les plénipotentiaires français: Colbert et Avaux, « mais avec ordre de ne les remettre qu'au cas où les raisons présentées et la finesse de V. S. les aura persuadés. Toutefois si Y. S. les leur donne, elle priera ces ministres de tenir la chose secrète, afin de ne pas susciter la même prétention chez les Impériaux et les Espagnols. »
Le 25, Bevilacqua, écrit que, se trouvant malade, il compte pouvoir remettre les bref aux Français dans la semaine, mais qu'il a bien peu d'espoir d'après ce que lui avait écrit Varese, auquel Pomponne aurait dit «qu'il y avait une petite différence et qu'il trouvait juste l'observation des ambassadeurs à ce sujet» et «ceux-ci il y a quelques jours, ajoute le nonce, m'ont dit que de France on leur a mandé des exemplaires de brefs adressés à plusieurs personnes où chacune avait un nom distinct des autres. Je n'ai pas voulu insister, pour les voir, et j'ai changé de conversation. Du reste personne ne connaît l'incident, et les ambassadeurs continuent à traiter avec moi. »
Le 6 août, il réclame auprès de Cybo de ce que Varese refuse de l'aider dans l'affaire de Lorraine s'il n'a pas d'ordre