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LE BREF FACULTATIF RESTE EN SUSPENS

-de S. Ein. Et, le même jour, il lui répond que si les Français ne se contentent pas des raisons données touchant le bref facultatif, il cherchera à j^agner du temps en écrivant à Rome. Il attend la copie du bref pour Munster; que s'il est pareil il sutïira, autrement il faudra rendre le dernier conforme à celui là; mais que s'il n'existe pas on pourra en faire un autre. Et le nonce propose déjà cette formule: «que d'une part on nomme l'empereur, l'Espag-ne et les coalisés et, de l'autre, la France avec ses alliés; ou de n'en spécifier aucun en les comprenant tous sous le nom de princes catholiques. Et, il ajoute, qu'il n'a pas voulu manquer de mander cela à S. Em. parce qu'ici on en a parlé. » Et il conclut «que par son entremise les dithcultés pour les visites sont aplanies. »

Le 7, Cybo lui écrit: qu'il espère que Colbert et d'Avaux seront satisfaits des deux brefs, et que, comme on a adhéré à la demande de V. S. touchant le premier, de présentation, d'en envoyer un pour chacun des plénipotentiaires; mais que pour le bref facultatif, on ne peut faire de même, parce que sa rédaction est basée sur le style invariable de la curie.

Le 20, Bevilacqua lui annonce que les Français ont reçu des réponses de Paris; qu'ils sont contents de leurs brefs, mais que la Cour n'est pas satisfaite du bref facultatif, et que Son Em. jugera. Et, le 21, il mande encore à Varese: que les ambassadeurs de France lui ont déclaré que le roi persiste à vouloir que, dans le bref des pouvoirs, la Couronne de France soit nommée immédiatement après l'empereur, mais leur ayaut renouvelé la proposition d'en écrire à Rome, ils n'ont su que répondre et se sont bornés à dire que ce différend devait se traiter entre nous à l'amiable.

Le 4 septembre, Cybo répond au nonce, en lui transmettant la copie du bref qui fut donné à Mgr Chigi pour Munster, et il assure que dans tous les brefs, où il est que- :stion de. la France et de l'Espagne, on met utrumque Regium

sans distinction; «et j'espère, ajoute Cybo, que les plénipotentiaires actuels ne voudront pas être les premiers à prétendre que le Siège Apostolique ait à changer de style ». La question resta suspendue jusqu'à la signature de la paix entre la France et la Hollande; alors elle fut resoulevée avec vigueur par les Français et on peut se demander, laquelle des deux parties, le Saint-Siège ou la France, fit preuve de plus de loyauté.

Le 4 juin Bevilacqua annonce à Cybo que les ambassadeurs de France, montrent une grande méfiance envers les médiateurs anglais. Lord Barclay part, et il ne reste que Temple et Jenkins, qui comme parlementaires sont par conséquent adversaires de la France; que d'Estrades lui dit que le véritable intérêt de l'Angleterre est d'avoir des voisins toujours en guerre, pour les détruire et recueillir leur commerce; et qu'ainsi il ne restait à la chrétienté d'autre espoir d'avoir la paix qu'en N. S. Les Français comptent faire à la Hollande des conditions telles que, fatiguée, elle se détachera de la ligue; et alors elle verra combien lui coûte d'avoir retardé la paix; et que S. Exe. a conclu que les intentions des Espagnols sont douteuses et on peut croire que leur véritable médiateur est l'armée impériale.

Le 5, Cybo, lui répète « qu'on ne veut pas qu'il montre de la complaisance envers les Anglais au delà de ce qu'autorise le Saint-Otïice ; et qu'il lui convient <rêtre plutôt recherché ».

Le 11, le nonce informe Cybo qu'il a dit à Ronquillo que c'était agir contre l'intérêt public de s'étendre trop, dans les réponses, à prouver l'injustice des armées françaises, auxquelles ne peuvent manquer des raisons contre l'Espagne, et que continuant en cette manière bientôt les négociationspourraient dégénérer en manifestes de déclamations, etc. et qu'enfin on devait être plus bref dans les réponses. « J'ai

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