‹ Innocent XIChapitre 120 sur 290 · LE NONCE NE PEUT NÉGOCIER AVEC LES HÉRÉTIQUES · texte numérisé non relu

LE NONCE NE PEUT NÉGOCIER AVEC LES HÉRÉTIQUES

même proposé, écrit-il que, chacun Mit à me révéler en secret ses sentiments que j'aurais ensuite publiés. Ayant demandé à l'ambassadeur d'Espagne de voir "sa plénipotence, il lui répondit, que l'acte avait été consigné aux Anglais, et qu'alors il se contenta d'en avoir une copie authentique. J'ai découvert, ajoute-t-il, que parmi les plénipotentiaires français il n'y a plus un grand accord; Colbert veut dominer, appuyé par son frère influent près du roi. C'est de sa part que sont venues les contestations pour les brefs et, comme il faudrait le contenter, N. S. pourrait adresser le bref à chacun, quoique ce ne soit pas pour plaire au maréchal d'Estrades, qui cependant a fini par y consentir afin de ne pas rompre avec le collègue, bien qu'il reconnaisse l'avantage du bref actuel » (1).

Le 12, Cybo répète au nonce «que la paix de Munster ayant été condamnée par le Saint-Siège, K S. ne peut la reconnaître, et par conséquent, si on pose ce traité comme condition de la paix, Y. S. doit garder de la réserve. »

Le 15, Bevilacqua accuse réception des pouvoirs qu'il a reçus de la Congrégation pour traiter avec les hérétiques lorsqu'il y a nécessité pour le bien public; et demande s'il peut avoir d'autres facultés vu le grand nombre des catholiques qui viennent à Nimègue. Et, le 18, il mande que

(1) Cybo manifeste à Bevilacqua sa surprise de lire qu'il aurait fait observer aux Espagnols que les Français pourraient dire aussi beaucoup d'eux. « V. S. doit comprendre que les Espagnols auraient pu, dans ce cas, l'accuser de partialité... Je répète à V. S. les précédentes instructions: de se garder de tout ce qui peut la rendre suspecte ». Et le cardinal ajoute qu'il s'est abstenu de lire à S. S. sa lettre chiffrée. Et, le 23 juillet, le nonce lui répond, à son tour, que, lorsqu'il engagea les Espagnols à se garder de donner des réponses pouvant irriter la France, il parla de manière à ne pas être soupçonné, et qu'il y avait si bien réussi que les Espagnols eux-mêmes lui avouèrent qu'il avait raison.

l'ambassadeur espagnol a commencé ses visites ; qu'il eût voulu les faire avec ses collègues, mais dans leurs lettres de créance n'ayant simplement que le titre de plénipotentiaires, les Anglais se refusent absolument à leur donner la main et le titre d'excellence^ bien que les Espagnols assurent que, dans deux mois, ils recevront d'autres lettres avec la qualité d'ambassadeurs; les Anglais qualifient leur prétention de « superbie » espagnole. Le nonce transmet les noms de tous les plénipotentiaires, afin, qu'avec les paroles Nimègue, médiation, médiateur et correspondance, ils soient ajoutés au chiffraire. Enfin il se montre content de la conduite des Français envers lui, car, entre autres preuves d'estime, ils l'ont prié de rédiger un règlement pour les familles des ambassadeurs, et que les Anglais ont accepté.

Bevilacqua, le 18, informe Cybo:

Ritornato il S.'' Beverningh dal suo giro all'Haya, e presso il Principe d'Oranges fece lunedi nella solita conferenza de' collegati relatione de' suoi negotiati, anche à fine di levar l'ombre che contre la sincera intenzione degl'Olandesi si eran negl'animi degl'alliati concepite. Disse dunque che la libertà conceduta dal E-è di Francia a' loro legni per la pesca dell'aringhe era stata un'eiïetto délie rimostranze de suoi sudditi, che risentivan altretanto danno dalla prohibitione, quanto ricavavano utile dalla suddetta concessione, onde non si doveva far conto che l'Olanda ne restasse punto obbligata alla Francia, e che questo atto fosse un preludio di pace corne era stato falsamente diseminato, ne meno che tendesse alla perfettione del trattato di commercio, c'hoggi stà sul tavoliere con quel regno. Poichè quanto adesso resta va ancora irrésolu to in cinque articoli, i quali non si sarebbero accordât! senza partecipazione loro, e con dichiarazione, che non haverebbe effetto, se non seguisse la pace générale ; fatta questa relatione passô il Beverningh a una grave essortatione a' suoi collegati, perche lasciate le generalità, volessero seriamente applicar à i mezzi di conseguire una pronta pace. Esser le pro-

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