INCIDENT AVEC LE CARDINAL PIO
pour que la médiation de Bevilacqua s'étende également aux ànticatlioliques. Par une autre dépêche du même jour, il informe le nonce que, dans le dernier consistoire s'est présenté à l'audience le cardinal Pio, qui, dans les récents tiraillements avec l'ambassadeur d'Espagne, ne s'est pas conduit comme son devoir et son caractère le lui imposaient. N. S. n'a pu faire autrement que de lui faire comprendre, par une grande froideur, qu'il n'avait pas à discuter avec lui de l'affaire dont il voulait l'entretenir. Les assistants ont remarqué ce fait et en ont été contents, car toute la Cour sait que c'est S. Em. qui a poussé l'ambassadeur à ses violences... «V. S. 111. me, écrit Cybo, probablement connaît déjà la chose parce que le cardinal en aura informé l'empereur. Elle doit faire comprendre à S. M. combien agissent mal pour le service de la maison d'Autriche, ceux qui conseillent d'agir contre le pape de cette manière, surtout dans les circonstances présentes où l'amitié et la médiation pontificales sont si nécessaires à l'Espagne. L'affaire, dont le cardinal Pio voulait entretenir le pape en consistoire, se rapportait au consentement donné par le Brandebourg à ce que Bevilacqua pût exercer sa médiation aussi pour lui. N. S. ne manifesta aucune opposition, mais dit seulement qu'il ne croyait pas qu'une pareille intromiesion serait agérable à S, M. impériale, que, du reste, il n'était pas convenable que le nonce apostolique traitât à Nimègue, d'une manière publique et directe, des intérêts des princes hérétiques. Cette attitude de S. S. vis-à-vis du cardinal était bien justifiée, et il ne pouvait en être autrement, car il est notoire à toute la Cour que S. Em. a été l'instigatrice principale du marquis del Carpio » (1).
(1) Et sur ce sujet, Cybo écrit encore à Bonvisi, le 27 novembre, que le Saint-Siège manquerait à la tradition de ses prédécesseurs à l'ancienne et immuable discipline de l'Eglise, s'il
Le 22, Bevilacqua annonce que Gurgh et Los Balbabes sont venus lui dire qu'il faut conclure la paix, mais qu'il croit que cette démarche n'est que l'œuvre des Esi)agnols, qui la désirent.
Le 28, Mellini informe Cybo qu'enfin on connait le motif de l'envo^i à Madrid d'un courrier extraordinaire à l'ambassadeur an«^lais de la part de son roi. Le marquis de Borf^omainero, ambassadeur d'Espagne à Londres, après le honteux abandon de Charleroi se serait rendu chez le Secrétaire d'Etat pour lui déclarer que le roi catholique avait compris que l'Angleterre non seulement ne rendait aucun service à l'Espagne, mais qu'au contraire elle en sacrifiait les intérêts; que, en conséquence, S. M. avait résolu de suspendre tout commerce avec la nation anglaise et qu'on prétend que cette menace a été faite pour soulever les marchands contre le roi. Le Secrétaire d'Etat ayant fait connaître au roi les déclarations de l'ambassadeur, on dit que S. M. s'est mise à sourire et a ordonné de les publier et de les faire afficher au Cercle des marchands, ajoutant qu'il les considérait comme un commencement de i'upture entre les deux Cours, et même comme une déclaration de guerre.
envoyait à Bevilacqua l'ordre d'exercer également son autorité de médiateur, en faveur du Brandebourg et des autres princes hérétiques. « V. S. 111. me doit faire observer à l'empereur que du moment que Clément X avait fait tous ses efforts pour le déconseiller de se liguer avec les hérétiques, et que S. M. ne s'était pas rendue aux justes instances de ce pontife, il n'était pas possible au pape d'ordonner à son nonce de s'occuper des intérêts des hérétiques, sauf le cas où il y aurait espoir très évident de tirer de cette intervention quelque grand profit pour la religion catholique. Enfin V. S. 111. me doit dire à l'empereur qu'en cette matière N. S. ne se reconnaît pas en droit de pouvoir satisfaire au désir de S. M. . . . mais qu'il est tout disposé à saisir une autre occasion pour la contenter "■>.