MORT DU P. PISCOPO, RETOUR DE PERSE
Le 25, Mellini annonce à Cybo que l'ambassadeur impérial, comte de Trascon, lui a parlé deux fois de la paix, se plaignant de la conduite de la France envers le duc de Lorraine tout en voulant garder comme allié l'évêque de Strasbourg, et que le comte insinua qu'il serait convenal)le que S. S., en sa qualité de médiateur, eût à intervenir pour atténuer ces exigences. Il se montra très partisan de la paix, faisant ressortir le tort que fait la guerre, même à la religion catholique, parce que la maison d'Autriche ne pouvant pas la soutenir toute seule est obligée de recourir aux armes hérétiques, et que, si elle peut réussir à se défendre contre les Français, il lui sera, par contre, impossible de repousser les Turcs, que si au contraire, elle aban-
concludendosi la pace con la Francia, deve. l'Imperatore prevalersi dell'armate proprie, e di tatta la Germania, per ricuperare il perdnto in Ungheria, e liberare Vienna dalla vicinaDza di solo 16 leghe, che sono di qui à Naiais; ma atterrisce la penuria del denaro, e sempre mi domandano quali soccorsi potrebbe dare ; 6 procurarli S. S.*^, et io per le generali assicuro dell'ottima disposizione, ma se potessi venire à qualche individuo, farei raao;gior colpo. Sarebbe perô necessario, che i soccorsi, che si procurassero fossero di denari, e non di gente, perché se fossero di Francesi non li piglierebbero.
« Per haver poi notizie di Persia, quà si ritrova un tal Sig.'' Pietro, che scrisse à V. E. con le passate, e stende una relazione, assai abondante, che mandero quando sia finita, e spero che sarà buona, essendo giovane . intelligente^ e di ottimi costumi, et à V. E. faccio humilissimi inchini, ecc.
Et le 30, Cybo informe Mgr Martelli, nonce à Varsavie, que le P. Piscopo, dominicain, est mort avant d'avoir remis au pape les lettres du roi de Perse, dont il était porteur. Ce religieux entre autres choses avait dit que ce roi était disposé à faire la guerre aux Turcs, poussé par les exhortations du pape, dans le cas où les princes chrétiens leur déclareraieu t la guerre.
308 LA MÉDIATlo:>' DU PAPE AU CONGRÈS
donne ses alliés hérétiques, ceux-ci, ne voulant pas subir la loi, prétendront la dicter, et leurs victoires seront funestes à la religion, car s'ils triomphent ils voudront tout pour eux-mêmes et chercheront, peut être, à rendre l'empire hérétique. Le comte constate que la religion catholique est de plus en plus en danger à cause des victoires du Brandebourg et du Danemark sur les Suédois, et que s'ils parviennent à chasser ces derniers de l'empire ils seront plus mauvais et plus à redouter, que, par conséquent, il fallait absolument faire la paix. Le nonce lui ayant dit que S. S. était la première à demander la paix et que tout dépendait des puissances, il lui arracha l'aveu que S. A. pensait de même. «Et, à ce point, le nonce écrit, qu'il a prié le comte d'engager Don Juan à lui répéter ces choses et, en effet, dit-il, non seulement le duc me les a confirmées, mais encored'autres ministres du gouvernement, comme je leur avais parlé du projet de Eaguse, ils furent unanimement d'avis qu'il fallait faire la paix à tout prix. "* Le nonce ajoute que, la veille l'ambassadeur d'Angleterre avaic annoncé que le mariage du prince d'Orange avec la fille du duc d'York était conclu, et il fait observer que, par ce fait, la Couronne espagnole avait un nouveau motif pour conclure la paix, car on peut craindre que le prince d'Orange, avec l'aide de la France et de l'Angleterre, se rende maître absolu de la Hollande et ne s'allie, par suite^ avec les deux première» contre les Espagnols, qui, alors, n'auraient plus l'aide des Hollandais.
Le 29, Tanari informe à son tour Cybo que le mariage du prince d'Orange, à causé des négociations qui l'ont préparé, réveille l'attention des coalisés d'autant plus qu'à Londres ont eu lieu des conférences entre le roi, York et le prince Guillaume; que celui-ci avoue ne pouvoir décider le roi à se ranger contre la France. Il paraît, écrit-il, que de ce Congrès doit sortir la paix, car, en substance, il s'agirait