LA HOLLANDE ACCEPTE LES CONDITIONS DE LA FRANCE
Mais, dès la fin du mois, tout faisait prévoir que la paix approcliait. Louis XIV avait profité de l'indécision de la politique anglaise et s'était rendu à la hâte à l'armée de Flandre ; après la prise de Gand et d'Ypres, il présenta de nouvelles propositions à la Haye, sur lesquelles, malgré leur dureté, on finit par négocier et par s'entendre. Sa politique qui consistait à diviser les puissances alliées, fut couronnée de succès.
Le 6 mai. « Jamais, écrit le nonce à Cybo, il n'y a eu autant de mouvement au Congrès qu'en ce moment; la Hollande accepte les conditions offertes par la France^ mais Orange fait son possible pour empêcher qu'elles soient approuvées. Même à Londres les affaires du duc d'York semblent changer de tournure; l'ayant fait prier d'employer son autorité pour hâter la conclusion de la paix, il me fit répondre que jusqu'à présent il ne s'en était pas mêlé, croyant que la France n'en voulait pas, mais qu'à présent il va s'en occuper et que déjà il a préparé une bombarde^ qu'il attend les mouvements de la Hollande. Si dans quelques jours la paix n'est pas conclue, S. A. ira en Flandre et en Hollande, et fera son possibile pour la religion catholique. »
Cybo écrit à l'internonce à Bruxelles et au nonce à Nimègue, le 7:
Le ragioni che allegano i Ministri di Spagna per dare in mano degringlesi, e degli Olandesi le Piazze di Fiandra, non sussistono, mentre niun rispetto d'intéressé humano puo preponderare a quello délia Religion Cattolica, laquale per tal consegna incorrerà grandi, et irreparabili pregiuditii, e rovine. Non si governarono con tali massime i passati E,e délie Spagne, i quali più tosto che pregiudicare alla Religione con simili espedienti, sostennero lunghe, e dispendiose guerre, et hebbero per men maie il perdere i regni istessi. Il che tanto più da amiratione a Sua Santità quanto che nelPistesso tempo che per non lasciar cadere
in mano de' Francesi le Piazze le consegnano a clii un giorno diverrà loro nemico più fiero, fanno in Roma ogni sforzo per mezo di questo Ambasciatore di occupar la giurisditione del Papa, e tengono inquieto il governo con grave sconcerto, e scandalo universale. Cosa perô che porrà un giorno Sua Beatitndine in nécessita di quel rimedi, che saranno di poco lor gusto. Con occasione di rappresentare al Sig. Duca -Governatore il sentimento di Nostro Signore intorno alla consegna sudetta potrà V. S. significar parimenti le presenti riflessioni.
Le 14, il envoie à Bevilacqua des brefs pour protester contre les passages du traité de paix qui peuvent offenser la religion catholique; et lui ordonne de ne pas en parler, mais de s'en servir selon l'occasion. Le 18, à son tour, Tanari informe Cyho que le gouverneur de la Flandre envoie à Nimègue de très mauvaises nouvelles, disant qu'il est impossible de se maintenir, car aucune ville n'est libre et à disposition du roi. De Rome Cybo, informait Bonvisi, le même jour, •que de Constantinople arrivaient des nouvelles alarmantes touchant la Hongrie; et il charge le nonce «de persuader l'empereur de la nécessité de conclure la paix le plus tôt possible, parce qu'il vaut mieux répandre le sang des Turcs que celui des chrétiens ».
Le 20, Bevilacqua annonce que le traité est déjà conclu entre Avaijx et Beverning; que la première conférence a «u lieu le 27; que les Hollandais ont demandé la suspension d'armes pour 3 mois, et que le terme pour la conclusion de la paix soit retardé jusqu'à décembre. Avaux leur répondit que cette prolongation était impossible, mais que le roi consentirait à prolonger la suspension aux coalisés jusqu'à fin décembre, et Beverning expédia un courrier en Hollande. Mais samedi arriva l'avis de Paris que le roi accepte pour la Hollande la réduction du demi sur les droits de différentes marchandises, moyennant la remise de toute peine