PAIX ASSURÉE ENTRE FRANCE ET HOLLANDE
aux marchands pour les abus qu^ils ont pu commettre par Je passé dans le commerce; qu'il voulait la paix et, comme preuve, il renonçait à tant de places qu'il avait conquises par la valeur des armes. Avaux en rendit compte à Beverning qui expédia un autre courrier en Hollande. «Il paraît, conclut le nonce, qu'Orange aussi gagne du terrain en Angleterre, et que celle ci s'agite à propos d^un projet entre l'Espagne et la France. »
Le 24, Bevilacqua informe Varese que, pour profiter des grandes dispositions que la province de Hollande montre pour la paix, le roi très-chrétien, en outre des dix jours accordés après le premier terme, a, de son camp, expédié le 18, à ses ambassadeurs, un courrier porteur d'une lettre, dans laquelle, ajoutant quelque chose aux bonnes conditions qu'il avait offertes, il les chargeait de dissiper la crainte qu'éprouvaient les Hollandais de le voir se rendre maître des Pays-Bas Espagnols, et les solliciter en même temps, à se séparer des coalisés, concluant pour leur compte la paix avec la France. On ignore l'effet de ces démarches, continuait Bevilacqua, mais les coalisés craignent que les Hollandais fassent la paix.
Et le 27, il écrit à Cybo que c'est lui, comme médiateur, qui demanda aux Français, à la conférence du lundi, la suspension d'armes de 6 semaines ; qu'il l'avait demandée seulement pour les catholiques, et les coalisés protestants y avaient adhéré. « Beverning s'est montré en cette occasion très favorable à la médiation pontificale, et manifesta sa reconnaissance envers N. S. pour la bienveillance avec laquelle il accueillit à ses pieds, deux de ses neveux, lesquels lui ont rapporté que S. B. se montra renseignée sur S. Exe. et en parla avec bonté ». Et, le même jour il ajoute que des nouvelles d'Angleterre donnent, comme certain, que l'on veut absolument la paix pour ne plus dépendre du Parlement; et qu'on la fait espérer comme prochaine.
Le 31, le nonce demande de nouveau comment il doit se régler, à présent qu'on a fait des traités séparés.
Et, à la même date, il écrit à Yarese: que les Etats de Hollande ont résolu d'envoyer immédiatement, comme ambassadeur, Beverning, lequel est déjà parti dimanche pour Anvers afin de se rendre au camp français; et qu'il paraît que, pour le moment, il y ait suspension d'armes afin de pouvoir négocier avec les coalisés.
Le 8 juin, Bevilacqua écrit à Cybo trois dépêches. Dans la première, il l'informe que l'on espère toujours davantage que la paix sera conclue avec la Hollande. Dans la seconde, il lui mande, que de Londres le duc d'York lui a fait savoir par ^intermédiaire de son ami, que le roi et lui sont décidés à la paix et que lui, le duc, a fait pression sur son frère pour complaire N. S., qui désire tellememt qu'elle soit conclue; et cela aussi pour procurer quelque avantage à la religion catholique. Et S. A. ajoute que c'est d'après ses conseils que S. M. a prorogé le Parlement au lieu de l'ajourner afin d'éviter quelque vote et des tentatives contre les catholiques, assurant qu'elle continuera à agir avec zèle et vigueur en leur faveur. « Il paraît, continue le nonce, que la Cour tend à obtenir des subsides du Parlement, mais sans Tobligation de faire la guerre à la France, afin de pouvoir reprendre le rôle de médiateur d'une manière plus convenable qu'auparavant; d'autres voudraient suivre l'exemple de Cromwel : faire approcher l'armée de Londres et obliger le Parlement à voter, mais le caractère pacifique de S. M. s'oppose à pareille mesure, de crainte de provoquer la guerre civile ; que l'on voudrait faire modifier les propositions françaises visant la Lorraine, afin que l'empereur concoure à la paix; que malgré les dires que le traité entre l'Espagne, la Hollande et la France — l'empereur exclu — serait arrêté, néanmoins les Espagnols déclarent qu'ils n'ont aucun ordre; que