‹ Innocent XIChapitre 141 sur 290 · INCIDENT À PROPOS DES POUVOIRS · texte numérisé non relu

INCIDENT À PROPOS DES POUVOIRS

Beverûing a demandé une suspension d'armes de six semaines pour amener les coalisés à accepter la paix, mais que s'ils s'y refusent, les trois Etats se verront obligés à la signer. Enfin le nonce accuse réception des brefs pour s'opposer à des tentatives contre les catholiques allemands ».

Et dans la troisième, il annonce: «que Jenkins ayant refusé la plénipotence du marquis De la Fuentes, en en avertissant les autres membres du Congrès, il en parla aux Français, et ceux-ci refusèrent aussi de l'accepter, en disant que leur roi n'ayant pas admis les deux médiations de N. S. et, du roi d'Angleterre, ils ne pouvaient accepter la plénipotence d'une partie récusée par l'autre médiation, à moins que celle-ci ne désiste de son opposition ». Et le nonce ajoute : « leur ayant fait observer que la plénipotence accordée à De la Fuentes comprenait aussi celle de ses collègues espagnols, ils répondirent que cela était exact et mettait en doute les actes qu'ils avaient accomplis, et malgré mes observations les Français refusèrent de les connaître. De la Fuentes pourtant notifia à tout le monde son arrivée, envoyant ses gentilshommes d'abord chez le nonce, ensuite chez les autres, mais les Anglais et les Français refusèrent de l'admettre comme plénipotentiaire ; les premiers en disant qu'ils ne pouvaient pas, le reconnaître, à cause qu'on ne lui accordait pas le traitement dû à son caractère, et les autres parce qu'il avait fait visite d'abord aux Impériaux et ensuite aux Anglais. Le Suédois répondit qu'il ne pouvait se séparer de ses alliés et Yan Haven selon l'habitude des Hollandais difïere son adhésion jusqu'au retour du collègue ». Le nonce en rendant compte de tout cela à Cybo, ajoute « que cette manière de faire une distinction entre les médiations a scandalisé le Congrès et ne fait point honneur à un roi qui porte le titre de fils aine de l'Eglise ; et il prie S. Em. d'en parler à l'ambassadeur de France, tout en croyant que les Français ne se rangèrent pas à l'avis des Anglais avec l'intention de faire

du tort à N. S. mais simplement pour mieux captiver leur médiation».

Le 6, Bevilacqua écrit à Cybo, qu'il n'y a pas à douter que sous peu la paix sera signée entre l'Espagne et la France et entre celle-ci et la Hollande, que peut-être même elle est déjà conclue; que Los Balbases lui a dit que l'on fait aussi des démarches auprès de l'empereur, mais que tout dépend du duc de Yillahermosa, gouverneur de Flandre; et qu'il a ajouté que si la Hollande voulait se retirer, l'Espagne était décidée à faire la paix, citant le proverbe espagnol: que le poison doit être avalé ou jeté; mais que l'on désirait sauver l'empereur. Le nonce déplore n'avoir pas encore les instructions, car si la paix se fait entre la France et l'Espagne et que la médiation ne puisse avoir lieu, on perdra l'occasion de procurer aux catholiques et à la Religion de Malte quelques avantages, à moins que pour ne pas offenser l'empereur il n'ait plus à s'occuper de médiation; il promet aussi de travailler à ce que Binant ne soit pas détaché de Liège, mais il craint de ne pas réussir.

Le 11, Cybo approuve le nonce de s'être plaint auprès des ambassadeurs des Cours catholiques de l'inconvenance usée envers le nonce Apostolique en ne lui ayant communiqué les négociations des traités qu'après leur conclusion et lorsqu'ils sont déjà à la connaissance de tout le monde, et il le félicite du résultat obtenu. Et, le même jour, il lui annonce que le pape ne manquera pas de s'adresser au trèschrétien en faveur du duc de Lorraine; mais on prévoit que l'on rencontrera bien des difficultés.

Le 12, Bonvisi écrit à Cybo d'avoir fait part à l'empereur des craintes que donnent les mouvements du Gr. Vizir en Hongrie et en Italie, lui faisant considérer qu'en continuant la guerre il y gagnerait bien peu; qu'il n'y avait pas d'espoir de voir s'améliorer les conditions actuelles de la paix, parce que S. M. n'était pas soutenue par les coalisés, que les Espa-

Page 1