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CYBO ENGAGE LE NONCE À FACILITER LA PAIX

rier extraordinaire à Cologne, et de dire que le pli ne contient que les instructions du pape pour que Y. S. ait à demander des avantages pour les catholiques, car cela sera toujours utile ». Et le même jour, il ajoute : « comme il peut y avoir urgence de décider sans attendre une réponse de Rome, y. S. prendra conseil du nonce à Cologne ou auprès d'autre, et décidera suivant que sa présence sur les lieux et la connaissance du fait le lui conseilleront. Et Y. S. pourra se régler de cette manière, dans l'éventualiié où l'Espagne aurait faculté de négocier et conclure elle-même sans l'empire; tout conseille à Y. S. de faciliter la paix générale et surtout de façon que personne ne puisse accuser de tiédeur la médiation pontificale . . . que si elle ne peut tout obtenir, Y. S. doit au moins sauver une partie; d'autant plus que la paix avec l'Espagne peut conduire à celle de l'empire... Bonvisi toutefois, fait espérer que l'empereur aussi finira par l'accepter. . . L'évêque de Cambray exerçait la juridiction temporelle et, depuis 1550, peu à peu elle a été amoindrie, il semble au pape qu'aujourd'hui ce serait le moment de voir si on peut la recouvrer. Y. S. doit avertir l'cvêqué du désir de S. S. ». Le P^ juillet Bevilacqua (1) répond à Yaresr. « Il n'est pas vrai que j'ai promis que le bref serait modifié, même

(1) C'est à propos de la controverse de la rédaction du bref qu'une question qu'on pourrait appeler de compétence surgit entre les nonces Varesp* et Bevilacqua. Celui-ci, le 24 juin 1678 avait écrit à Yarese que, comme il fallait attendre longtemps avant de recevoir de Rome des instructions, sur les nouvelles remontrances des ambassadeurs de France touchant le texte du bref, il s'adressait à lui pour obtenir du roi très-chrétien qu'il veuille s'en contenter comme à Munster; mais qu'en tout cas, on ait à donner des ordres à Nimègue pour ne pas exclure la médiation jusqu'à, ce que vînt la réponse de Rome. Il ne paraît pas que Mgr Yarese eut à cœur de traiter cette question à Paris, peut-être parce qu'il était déjà malade, et il répondit à son collègue en alléguant

s'il était pareil au bref de Munster, et j'ai donné ma réponse par écrit, le 2 août, en la faisant remettre au maréchal par mon auditeur; V. S. Ill.me doit aussi savoir que le bref n'a jamais été publié, mais montré en copie; par conséquent il peut être changé ou supprimé, comme il plaira à N. S. Eu reste, après ce qu'on a dit, je ne doute pas que S. S. ne trouve quelque expédient pour satisfaire aux demandes de S. M.; mais c'est la question du temps, bien qu'à cause de nouvelles diiiicultés, la conclusion de la paix reste incertaine. Et, le 8, il lui confirme que les probabilités ont diminué, car les députés d'Amsterdam, de Rotterdam et de Harlem ne veulent signer ni la paix, ni le traité de commerce, à moins d'une déclaration positive de la France qu'elle restituera immédiatement les places qu'elle avait promis de rendre après la ratification de la paix; ils demandent aussi une modification à deux articles du traité de commerce. Le prince d'Orange a envoyé des messages à Londres, et dans le cas d'un refus aurait invité les ambassadeurs résidents, de s'unir à l'Angleterre en faveur de la guerre.

Le 3, Bevilacqua informe Cybo que les Français lui ont déclaré que leur roi veut absolument que son nom vienne

les instructions de Cybo: d'après lesquelles tout nonce devait l'ecevoir pour ses démarches des instructions de la secrétairerie d'Etat. Mais Bevilacqua lui répliqua le 12 juillet, qu'il s'inclinait devant la lettre du cardinal Cybo, mais qu'il était certain que S. Em. n'avait pas entendu fixer la règle pour les cas urgents, car dans ses instructions, il y avait aussi, qu'il ne fallait pas attendre les ordres de Rome en entretenant cette correspondance avec les nonces, car il pourrait en résulter du dommage pour les négociations ... « et aujourd'hui, conclut Bevilacqua, je reçois le même avertissement de S. Em., il me semble donc que V. S. ne peut pas déroger aux ordres de Cybo et se refuser à s'engager avec franchise à surmonter les difficultés qui se présentent, car l'urgence del'a£faire ne permet pas d'attendre les ordres de Borne ».

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