‹ Innocent XIChapitre 146 sur 290 · CONDITIONS DE LA FRANCE À LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LA FRANCE À LA HOLLANDE

dans le bref tout de suite après celui de l'empereur, aussi pour supprimer les abus, disent-ils, qu'on a introduit à la secrétairerie d'Etat dans la rédaction des brefs. « Peut-être, écrit-il, on pourrait accorder au roi un bref comme il le désire et aux autres celui que je possède ». Et il ajoute que cependant les Français continuent à se servir de sa médiation, même aujourd'hui ils l'ont prié de faire une communication aux Impériaux. « Ils m'ont aussi assuré d'avoir recommandé aux Hollandais la concession du libre exercice du culte aux catholiques, mais qu'on leur répondit par un refus en dé-^ clarant verbalement qu'on leur continuerait la tolérance accordée à Amsterdam et dans quelque autre ville de la Hollande ». Et le 9^ il annonce que les Français, à leur tour, après une conférence avec les Anglais et les Hollandais sont venus lui dire d'abord : qu'ils avaient l'ordre de leur roi de le tenir au courant de tout, et ensuite qu'ils l'avertissaient que dans les négociations avec la Hollande, trois points offraient une solution dilficile: deux relatifs au traité de commerce et, le troisième, concernant la restitution et l'indemnité à accorder au prince d'Orange, à propos des biens confisqués en France. Quant au commerce le roi accordait aux Hollandais les conditions du traité de 1662, mais il ne voulait plus s'obliger à abolir les 50 sous par tonneau, ni réduire les droits sur 5 qualités de marchandises, S. M. voulant pleine liberté de hausser ou baisser les droits selon les conditions des temps. Et que, quant au prince d'Orange le roi était prêt à lui restituer les biens, mais relativement à l'indemnité à propos de la forteresse, il entendait que l'on se basât sur l'état où elle se trouvait avant la guerre et non pas après, et qu'enfin pour Maastricht il ne pouvait en être question qu'à la conclusion de la paix générale, puisque la Hollande avait cédé cette ville à l'Espagne. Le même jour, le nonce mande, que non seulement les coalisés invoquent la paix de Munster, mais encore les Français, qui comptent

obtenir Pliilippsbourg et l'Alsace et, pour les Suédois, leurs alliés, la restitution de la Poméranie et d'autres possessions perdues. L'empereur et l'empire la désirent par ég-ard pour les princes de l'empire exclusivement et non pour d'autres. II est vrai, écrit Bevilacqua, que ce seront les Anglais qui traiteront, mais il se peut, que l'occasion se présente que, lui aussi, ait à négocier entre la France et l'empire, et il demande, le cas échéant, comment il devra se comporter. Il propose, dans ce cas, de faire la déclaration préalable aux parties que toute acceptation de sa part, dans ce qui a trait à la paix de Munster, ne signifie pas approbation, ni consentement tacite à ce qui dans ce traité a provoqué la protestation de Chigi et la Constitution d'Innocent X.

Et le même jour, Cybo lui mande que le nonce de Paris l'avertit que le roi soulève la question du bref facultatif, comme il le fit déjà au début du Congrès. « La gloire importe peu à N. S. mais pour complaire, en quelque manière S. M., le pape a décidé de changer le bref en ne nommant personne, ni roi ni empereur si cela ne contrarie pas ce dernier. Je le transmets à V. S., mais elle doit le tenir secret, car j'en écris à Vienne, et le nonce informera V. S, et selon la réponse de Bonvisi, elle pourra entamer des négociations avec les plénipotentiaires cherchant à les amener à demander, eux-mêmes, le tempérament formulé dans le bref; seulement alors elle produira le nouveau bref; autrement V. S. leur fera bien comprendre qu'il ne peut convenir à S. S. de changer de style. V. S. devra faire voir ceux d'Aquisgrane (Aix-la-Chapelle), de Munster, ajoutant que le pape ne se soucie pas de la gloire d'être médiateur, et cherche avant tout la gloire de Dieu; et dans ce but si les Français déclarent ne pas vouloir reconnaître V. S. elle restera quand même au Congrès pour travailler à l'avantage de la chrétienté, et veiller aussi à ce qu'il n'arrive pas jde dommage à la religion catholique, protestant dans ces

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