LE NONCE NE DOIT PAS SIGNER LE TRAITÉ
il Re di Francia dopo l'Imperatore, perché dopo la risposta data ai medesimi signori del consulte délia Sede Apostolica nelli due iiltimi trattati délia Pace di Aquisgrana e di Munster, non hanno più parlato di questa materia per lo spazio di mesi dieci. S. S. per incontrare le sodisfationi del Re in quanto gli è permesso, era condescesa a far spedire un'altro Brève clie fu inviato a V. S. Illma con lettere de' (manque la date). Ma non volendosi dar maggior tempo per trattarne con l'Imperatore del quale era necessario il consenso, e che si persiste di non voler recedere da quanto ha detto a V. S. Illma il Sig. di Pomponne, N. S. ha comandato al suo Nunzio in Nimega che non lasci di procurare la conclusione délia Pace con tutti gli offitii possibili, e li maggiori vantaggi per la Religione Cattolica e sospensione délie pêne nei Paesi Eretici contro li Cattolici, corne fu incaricata lei di trattarne col He. Ma che nel resto non vuole che s'ingerisca nelle scritture ed Istromenti che si facessero per la stipulazione délia pace, perché il Capo délia Chiesa, e Vicario di Christo non deve havere minima parte nelle capitolationi nelle quali vi intervengono i nemici délia Fede. e li Pibelli a Dio et alla sua Chiesa ».
Et le 23 (1), il répète à Bevilacqua «non seulement V. S. ne doit plus chercher à avoir une place dans j'ins-
(1) Le 22, Bevilacqua avait transmis à Cybo la protestation du prince de Tarante, duc de la Trémouille, afin que fussent reconnus ses titres à la couronne de Naples. Et le nonce ajoute que, s'agissant d'un Etat sur lequel le Saint Siège a des droits, il en rend compte à S. Em., quoiqu'il ait renoncé à les faire valoir par égard aussi pour l'Espagne. Et, le 13 août, Cybo lui répondit : la demande du duc est bien inopportune, et V. S. ne doit ni s'en occuper ni la présenter aux Espagnols. Se charger d'intérêts privés peut toujours nuire à la chose publique pour laquelle V. S. a été envoyée à Nimègue. (Le prince de Tarante, duc de la Trémouille prétendait au royaume de Naples, comme descendant de Charlotte d'Aragon, fille unique du roi Frédéric et d'Anne de Savoie, qui épousa Nicolas de Laval; de ce mariage naquit Anne de Laval, mère et grand' mère, respectivement, des ducs de la Trémouille).
trument de la paix, à cause des difficultés soulevées par la France, et même si celles-ci sont écartées, le pape ne veut pas que V. S. s'en mêle lorsqu'on soutiendra les intérêts de la Hollande ou des Anglais; la règle constante du Saint- Siège étant que ses ministres n'aient pas à s'occuper des affaires des hérétiques. Le pape, en envoyant Y. S. à Nimègue'pour travailler pour la paix entre les princes catholiques, n'a cherché d'autre récompense que la gloire de Dieu et la satisfaction d'y avoir J coopéré. Déjà j'ai écrit à Y. S. qu'il n'importait nullement à N. S. par quelles mains passaient les négociations, pourvu qu'elles conduisent à la conclusion de la paix ; et qu'on a pris en considération la demande des Français touchant le bref, pour faire connaître au très-chrétien que même en cela N. S. est disposé à lui complaire. J'ai écrit en ces termes à Yarese. En attendant, que Y. S. travaille pour la paix et les intérêts de la religion ».
Le 24, Bonvisi répond à Cybo qu'après avoir parlé à S. M. de la nécessité pour l'empire de conclure la paix, vu que tout le monde l'abandonne, il fit observer qu'il n'y avait pas espoir de maintenir l'union parmi les princes, qu'il serait même à craindre que l'armée, cernée par d'autres, ne puisse vaincre le maréchal de Créqui; que, d'un autre côté, les tumultes augmenteront en Hongrie si l'on n'y envoie pas de nouveaux secours; que dans cette éventualité on diminuera l'armée du Rhin et la défense en deviendra plus impossible, car facilement le Turc prendra occasion de ces désordres, et sans la paix tout sera perdu. « Mais, écrit-il, Philippsbourg tient beaucoup à cœur aux ministres, parce qu'ils estiment que, si cette place reste à la France, l'empire en deviendra l'esclave, car elle aurait à sa merci les électeurs; et que, pour ces raisons, S. M. serait obligée, disent-ils, de faire la paix avec le Turc, autrement, l'empereur étant engagé dans la guerre, le roi de France pourrait
l'empereur empêché de continuer la guerre 361
forcer les électeurs à l'élire comme roi des Romains sans eu être empêché ».
Le 26, Bonvisi écrit encore à Cybo, qu'il a été chez Hocher pour avoir une réponse à propos du formulaire du bref, mais apprenant que l'empereur voulait consulter Swarzenberg, il s'est rendu chez le prince qui rentrait de Bade. «Je l'ai trouvé, écrit- il, entièrement contraire: il m'a dit qu'à présent il était trop tard; que l'on aurait dû y penser aussitôt après que Bevilacqua avait été nommé à Nimègue; que changer le bref en ce moment serait un trop grand triomphe pour la France et trop de lâcheté de la part de l'empereur, s'il acceptait que le très-chrétien en profitât pour signer l'acte avant le roi d'Espagne, récusant l'arrangement adopté dans le traité des Pyrénées, où l'on convint de préparer deux instruments dans la langue des rois, et que chacun d'eux signerait le premier dans l'instrument rédigé en sa langue; que, de cette manière, l'avilissement de l'empereur ne serait aucunement une satisfaction pour l'Espagne; qu'en tout cas il faut voir la plénipotence du roi d'Angleterre parce que, si, dans ce document, l'empereur était nommé d'abord et les deux rois ensuite confusément comme cela était vraisemblable, et que les Français ne fissent aucune observation pour en obtenir la modification, il n'était pas convenable que S. S. le changeât pour donner une trop grande satisfaction à ceux-ci ». Le prince trouvait étrange aussi que Bevilacqua n'eût pas fait part de cette différence aux plénipotentiaires autrichiens afin d'en discuter la modification, et, par des paroles vagues, mais intelligibles, il a voulu faire comprendre qu'en n'ayant pas de suite rejeté la demande des Français, on avait montré qu'on l'acceptait. «J'ai essayé de lui répondre, conclut-il, mais sans réussir à le faire changer d'avis; et, par conséquent, étant donnée l'opposition de ce grand ministre, je crois qu'il n'y a rien à espérer de bon >».
Et le 30, Bevilacqua écrit: « Le fait que l'Ang-leterre est d'avis que l'on formulât un traité de paix, a suggéré l'idée aux Français d'entrer par son intermédiaire en négociations. Les Espagnols, dit-il, demandent trois choses: la restitution de ce qui a été occupé en Sicile, de la Franche Comté, et que l'on donne une frontière à Bruxelles, du moment que la France par ses conquêtes a élargi les siennes. Sur la première et sur la troisième proposition il ne sera pas ditïicile de s'entendre, mais toujours moyennant quelque compensation à la France; il en est autrement pour la seconde; elle présente bien des ditïicultés. En attendant on pourra avertir Spinola, comme si cela venait d'une tierce personne, que les Français se contenteraient de la restitution aux Suédois des Etats qu'on leur a pris, et que les Espagnols espèrent décider leurs confédérés à en restituer une partie ».
Le 13 août Cybo lui mande qu'à Vienne, en examinant la plénipotence des Anglais, on a constaté que d'une part l'empereur et ses alliés y étaienc cités chacun nominalement et, de l'autre, le roi de France et les siens, conformément à un des quatre projets formulés par Y. S. et refusé par les Français. Le pape pourrait se plaindre que la France prétend du Saint-Siège ce qu'elle n'exige pas de l'Angleterre, mais il ne faut pas s'en occuper, -et il suffit que y. S. le sache ».
Et, le même jour, il répond à Bonvisi, qu'il était inutile que l'empereur et les ministres fissent tant de discussions sur la modification à apporter au bref, car N. S. ne voulait pas qu'on en parlât à S. M. du moment qu'elle ne l'agréerait pas. « A présent c'est une affaire finie, ajoute Cybo, car îsT. S. ne veut pas que Bevilacqua signe, même si le roi de France retire la protestation, parce qu'il n'est pas convenable de se mêler avec les hérétiques, que toutefois les difficultés opposées par les Français n'empêcheront