LE NONCE REFUSE DE SIGNER LE TRAITÉ
chons sans cesse les occasions de marquer l'estime et le respect que l'on a ici pour S. M. Césarienne, et une nouvelle preuve en a été donnée ces jours derniers, par l'envoi du nonce chargé de porter les langes au nouvel archiduc, honneur qui n'avait plus été rendu depuis longtemps, quoique Clément X eût chargé Marescotti, à présent cardinal, de cette mission auprès du premier né de S. M., mais celui-ci étant mort tout de suite, la mission n'eut pas lieu ».
De même le 7, sur une interpellation du nonce Yarese, il lui répond qu'il n'a rien à ajouter à ce qu'il a écrit dans le passé touchant le bref de la médiation, et plus particulièrement sur le peu de prix que S. S. attache à la gloire d'être médiateur, car elle a seulement à cœur le repos public et les avantages de la religion.
Le 9, Bevilacqua informe Cybo que Los Balbases, lui participant les conditions de la paix, a dit que quoique l'Espagne fut obligée de se servir de la médiation de la Hollande dans les négociations du traité avec la France, on n'a pas renoncé à avoir celle de N. S. et que pour cela on ferait deux instruments de paix ; qu*à cette ouverture, il répondit que le pape n'avait d'autre but, en acceptant la médiation, que d'accélérer la conclusion de la paix et qu'il avait des ordres de ne point solliciter d'être admis dans la médiation, ainsi si la Hollande l'avait demandé, il aurait dû s'y refuser; et il ajoute qu'il a répété la même chose aux Français, exprimant le regret qu'ils aient à dire de n'avoir pu avoir l'honneur de signer à cause du bref, et que cela a fait mauvais effet au Congrès. Il déclare en-
ciables à cette Cour; toutefois j'ai cherché à dissiper ces craintes en exposant ces deux faits : 1° que N. S. travaillait à persuader au roi très chrétien d'abandonner la prétention de reprendre Philippebourg; 2° l'envoi du nonce porteur des langes. Cette nouvelle a dissipé tout ombrage ».
suite que Gurgh lui a dit que l'empereur veut la paix, mais qu'il y a toujours la difficulté à propos de Philippsbourg et de Fribourg et qu'on parle même de céder Colmar au lieu de Fribourg (1).
Et le 18, il l'informe que c'est grâce au secret maintenu par lui et les Français sur le différend du bref que l'affaire a abouti et à l'honneur de la médiation de N. S., sans qu'elle soit citée dans le traité; et il se réjouit de voir que tout le monde loue l'insigne modestie du pape... La paix entre la France et l'empire ne paraît pas être prochaine; et il n'y a pas accord entre les plénipotentiaires impériaux: Gurgh et Strachman sont dévoués à Neubourg et ils soutiennent trop la coadjutorerie de Cologne, tandis que Kinsky n'est pas de cet avis.
Le 20, Bevilacqua (2) mande à Yarese:
«Seule l'Angleterre est comprise dans le traité de paix entre la France et l'Espagne, les deux rois se réservant
(1) De son côté Bonvisi écrit à Cybo le 11, qu'il a informé quelques ministres, qui ne suivent pas la Cour, des soins paternels que prend S. S. pour régler les différends entre la République de Gênes et le très-chrétien, ne voulant pas ennuyer l'empereur, tout entier occupé cette semaine aux divertissements. « En attendant, les ministres tiennent des conférences, ils se plaignent beaucoup que l'évêque Gurgh, premier plénipotentiaire, ait quitté Nimègue pour se rendre à Cologne afin de travailler à l'obtention de la Coadjutorerie, le duc de Neubourg s'obstinant à croire que la nomination peut se faire sans le concours de S. S. ».
(2) Bevilacqua, dans un rapport hebdomadaire sur ce qui se passait à Nimègue, raconte qu'à la fin d'août 1678, De la Fuentes a offert un splendide dîner, suivi de bal, en honneur de la Los Balbazes, que les femmes des ambassadeurs français y sont intervenues, mais non leurs maris à cause de la question des visites; bien que De la Fuentes aille chez eux, le roi de France leur a ordonné de ne point paraître aux solennités. Et dans le