‹ Innocent XIChapitre 155 sur 290 · PROTESTATION DU NONCE · texte numérisé non relu

PROTESTATION DU NONCE

des catholiques à celles des hérétiques. Et, dans la paix avec l'empereur, si l'acte n'est que la conflrmatioQ de la paix de Munster, il est nécessaire de protester, parce que ce serait le maintien des préjudices à la religion catholique, et ce d'autant plus, si Y. S. étant présente, ne fait aucun autre acte contraire; mais il sutïira de se servir d'une formule générale dans le sens de celle du nonce apostolique à Munster. «Le pape s'en remet complètement à la prudence de V. S., tant pour le lieu et le moment que pour ce qui peut résulter pour sa personne; seulement la protestation doit se conformer aux instructions de N. S. ordonnant à V. S. de se rendre parmi les hérétiques pour faciliter la paix €ntre les catholiques et empêcher des dommages à l'Eglise». Le 14, Bevilacqua (l) déclare à Cybo qu'à Yarese il a seulement écrit pour qu'il ait à s'informer habilement, s'il était vrai que les ambassadeurs avaient reçu l'ordre de leur roi touchant le bref. Et il ajoute que, au sujet de la paix, les Impériaux parlent de suspension d'armes, ce qui permet d'espérer que la paix sera conclue, mais quant à l'alternative de la France, entre Philippsbourg et Pribourg, ils veulent garder la première place et céder la seconde; que dans cette éventualité viendra la question de l'étendue de territoire à céder avec la ville de Fribourg, car la France pré-

(1) Le 8 octobre, Bevilacqua avait mandé à Cybo que le marquis Spinola, plénipotentiaire d'Espagne, Ta informé qu'il s'est plaint vis-à-vis de Beverningh, hollandais, qu'on laissât les commendes de Malte, qui sont très riches, aux calvinistes, et que celui-ci s'est montré disposé à trouver quelque arrangement, comme, par exemple, d'obliger les commandeurs actuels à payer de grosses sommes à la Religion de Malte pour qu'elle puisse acheter d'autres possessions en pays catholiques. Et le nonce ajoute avoir répondu « qu'il trouvait l'expédient difficile à mettre en pratique ».

tendra à toute la Brisgovie, ce à quoi l'empereur se refusera; mais peut-être pourra-t-on s'arranger. La France refuse toute compensation pour cette cession ; elle préférerait plutôt Pliilippsbourg afin d'éviter la question de la Brisgovie. Plusieurs princes allemands voudraient aussi cette cession ; car du moment que cette forteresse devra être démolie si elle reste à l'empereur, ils n'auront plus de rempart pour se défendre contre l'électeur palatin. En terminant, il dit qu'il Y a désaccord entre les Français depuis le départ d'Avaux, mais Colbert prévaut toujours, et les Impériaux de même ne sont pas d'accord, car Gurgh et Stadman sont d'un parti et Kinsky de l'autre.

Comme on le voit, l'attention de la diplomatie papale se porte désormais du côté de l'empereur, qui présentait le seul obstacle à la paix générale, parce qu'il ne voulait pas se résigner à accepter les dures conditions que lui imposait Louis XIY. La Cour de Rome ne faisait pas question du plus ou du moins, visant uniquement à rendre l'empereur libre de se tourner contre les Turcs ; aussi à part les recommandations en faveur des intérêts catholiques (1) et de

(1) Le 3 septembre, Cybo écrivait à Bonvisi que la conservation des Eglises d'Osnabruck et de Hidelshein doit intéresser l'erapereur. On dit qu'elles seront cédées à Brunsvich et non aux Suédois. Quant au prince Guillaume de Ftirstenberg, le cardinal écrit « qu'il espère qu'en le remettant en liberté on fera mention de l'immunité ecclésiastique en y introduisant le nom du pape plutôt que celui du roi d'Angleterre ».

Et le 16, Bevilacqua. écrit à Bonvisi que les affaires des princes catholiques prennent une mauvaise tournure. « On a perdu l'évêque de Munster, et il est fort à craindre que son successeur ne meure lui aussi, et, si cette église, comme celle de Paderborn, reste sans chef, il y aura lieu de craindre de les perdre, car déjà le duc de Brunsvich a profité de la mort de l'excellent évêque de cette der-

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