‹ Innocent XIChapitre 156 sur 290 · CHANCES DE PAIX AVEC 1/EMPIRE B · texte numérisé non relu

CHANCES DE PAIX AVEC 1/EMPIRE B

révêque de Liège, afin qu'il pût rentrer en possession des places de Dinant et de Bouillon, la correspondance entre Rome et Paris ne contient-elle depuis lors, que peu de détails sur J'activité pontificale; c'est à Vienne principalement que cette activité se déploie avec ardeur, non sans y rencontrer des préventions qu'elle arriva à éliminer, en partie, en poussant S. M. à signer la paix. Ainsi le 16, Bonvisi écrit-il à Cybo: «Je rentre, au milieu de la nuit après une audience très longue chez l'empereur. Il me semble avoir obtenu un bon résultat, grâce à de nouveaux arguments que je lui ai exposés, lui faisant observer le fait que la rébellion en Hongrie s'était apaisée au seul bruit de la conclusion delà paix. S. M. a promis d'envoyer à ses plénipotentiaires à Nimègue, de nouveaux ordres correspondant mieux aux besoins ». Et le même jour, dans une autre dépêche en clair, il exprime l'opinion que, dans la situation actuelle, il n'y a qu'à gagner du temps, parce que, plus les affaires empireront en Hongrie, et plus augmenteront les probabilités de l'alliance avec la Pologne, ce qui diminuera les jalousies. Et, en attendant, les choses de Hongrie dépendront de la nature des réponses des députés français à Abatfî et aux Hongrois; si ces derniers n'obtiennent pas de secours de la Valachie, l'arrangement deviendra plus facile, tandis que s'ils l'obtiennent, ce sera à l'avantage des Turcs ».

Bevilacqua informe Cybo: qu'il craint que les Français exigent toute la Brisgovie avec Fribourg. Et, le même jour, il annonce qu'il ne demandera pas que N. S. soit nommé dans l'instrument de la paix et qu'il est même probable qu'on ne lui en parlera plus, parce que, avant d'expédier

nière ville, pour occuper les terres conquises par l'èvêque de Fulda; on dit qu'il les restituera, afin d'amener le nouvel évêque à faire partie de la ligue ».

l'acte aux alliés, on en donne avis à ceux qui y sont nommés. Et, en même temps, il mande à Yarese: «j'ai écrit que, dans la mention des princes qui pourraient adhérer au traité, les deux rois nommeraient le pape avec les égards dus au Siège Apostolique ; mais le cardinal Cybo me fait savoir que N. S. ne veut y être cité en aucune manière, et que, si les ambassadeurs en font la demande, on doit décliner l'offre, pour le motif qui guide S. S., à se tenir éloignée de toute gloire mondaine. Il n'y a qu'un seul cas où S. Em. me permet d'y consentir: c'est celui où le refus de cette offre pourrait offenser le prince. J'ai cru bon de faire connaître à V. S. 111. me l'ordre du cardinal, afin qu'elle évite de parler en aucune façon de la mention de S. S. dans l'acte que l'on aura à publier, mais que dans le cas où l'on en parlerait à Y. S. 111. me^ elle puisse répondre (1). Et le 25, il lui ajoute que les plénipo-

(1) Mais c'est Oybo même qui lui en parle, car le 2 novembre il écrit à Yarese : « Il est notoire combien le pape a contribué à la paix entre les deux Couronnes — France et Espagne — pourtant on a été surpris de la nouvelle donnée par Bevilacqua que Colbert plénipotentiaire français, à Nimègue, avait proposé de faire quelque mention de la médiation pontificale dans l'annexe qu'on devra adjoindre au traité de paix. Bevilacqua sachant combien S. S. ambitionne peu cette gloire, pouvait cependant considérer que du moment qu'on n'a pas donné au pape la j)lace qui lui était due à tous les titres dans l'instrument, il n'est pas convenable d'accepter maintenant l'offre d'une place qui ne correspond pas à sa dignité ». Et Cybo revient encore sur ce sujet, car le 5 novembre il écrit à Bevilacqua que, Yarese lui a fait savoir que Colbert avait manifesté le désir d'insérer dans l'instrument de paix quelque mention à l'honneur de N. S. « J'ai remarqué en cette occasion la prudence de Y. S. quia de suite repoussé l'offre sans même m'envo3^er de rapports à ce sujet. Colbert eut dû comprendre qu'après avoir, sous de frivoles prétextes, exclu de la foi mule du bref la médiation pontificale,, il n'était plus convenable d'offrir

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