‹ Innocent XIChapitre 157 sur 290 · FRIBOURG OU PHILIPPSBOURG · texte numérisé non relu

FRIBOURG OU PHILIPPSBOURG

tentiaires de France ont dit aux madiateurs que, le délai fixé par leur roi pour l'acceptation des conditions de la paix, étant expiré, S. M. ne se considère plus obli^^ée à les maintenir, mais que, pour l'opportunité de la paix et étant donné que l'empire veut démolir Piiilippsbourg et le restituer à l'église de Spire, ainsi que le demandent plusieurs princes de l'empire, on y consentirait pourvu qu'on délivrât Fribouro^ avec un rayon d'une lieue de territoire autour, et la route qui unit cette place à Brissac. Par contre, les Impériaux déclarèrent au nonce qu'ils acceptaient la première offre de la France du 10 avril et qu'ils étaient prêts à conclure la paix sur les bases de l'ancienne alternative, et de la paix de Munster. Cette déclaration fit grande impression, car l'empire se sépare ainsi des princes du Nord. Dimanche dernier, les Français ont répondu que le temps pour la proposition de l'alternative était expiré, mais les Impériaux répliquèrent que dans le traité avec la Hollande, on a prorogé le terme jusqu'à novembre. « Tout cela fait craindre cependant qu'on ne puisse pas obtenir une suspension d'armes, car les Suédois veulent obliger les Français à se battre. » Et le 28, il mande à Cybo: que les Français accusèrent les Autrichiens de vouloir gagner du temps et de repousser la paix du moment qu'ils ne se décident pas sur l'alternative proposée par la France, de céder l'une ou l'autre de ces places: Fhilippbourg ou Fribourg. « J'ai obtenu, ajoute-t-il, que l'on ne répondît pas sur un ton hautain et rude, et j'espère avoir été écouté ». Les Impériaux craignent qu'aussitôt qu'ils auront fait la déclaration, la France veuille imposer à l'empire les mêmes conditions qu'elle pose à la Suède, entre autres, le passage par l'empire, et même d'établir des magasins pour

une place aussi inférieure, surtout comparativement à celle oocupéepar l'Angleterre ; que V. S. n'oublie pas, si on lui en parle de bien répondre ».

ses armées, avec le prétexte de secourir ia Suède ou d'attaquer d'autres princes qui voudraient continuer la guerre, et cette condition est repoussée absolument par l'empereur. Dans ce doute, S. M. veut conclure un traité séparément des coalisés. Il est juste pourtant de remarquer que les Français mitigeant leurs exigences, disant qu'ils sont prêts à accepter tout moyen terme qui n'imposera pas d'obligation pour la Suède, et que l'empereur, étant le chef de l'empire et, par décision de la Diète de Ratisbonne, l'arbitre de la paix, tous les princes le suivront; même l'électeur de Brandebourg déposera les armes. Et du moment que l'empereur déclare vouloir la paix selon le traité de Munster, on en déduit le rétablissement du duc de Lorraine dans ce qu'il a perdu. Ce prince semble certain de son rétablissement et n'entend céder quoi que ce soit de son territoire, mais la Hollande cherche de le persuader et par ses conseils et par ses menaces. Et le même jour, le nonce ajoute qu'il y a arrêt dans la décision des Impériaux parce qu'ils ne sont pas d'accord entre eux; on voudrait que l'empereur cédât Philippsbourg, du moment que la forteresse doit être démantelée, et qu'on garde plutôt Fribourg car il ne convient pas de céder la Brisgovie qui est patrimoine de la maison impériale.

Comme on reprochait aux Français de faire sans cesse de nouvelles demandes, en leur donnant toujours plus d'extension, Bonvisi écrit à Cybo le 30 : « Je n'ai aucune réponse de Hocher touchant la cession de Nancy au lieu de Philippsbourg, soit que les plénipotentiaires ne veuillent pas déclarer par écrit leurs idées, soit qu'ils le croient superflu voyant qu'on ne négocie pas sérieusement, mais qu'on fait des projets qu'on abandonne ensuite. J'ai voulu pourtant, selon les idées de Bevilacqua ne pas m'occuper de la précédente alternative et en principe parler plutôt, d'un échange

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