‹ Innocent XIChapitre 158 sur 290 · LES FRANÇAIS CÈDENT PHILIPPSBOURG · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS CÈDENT PHILIPPSBOURG

entre Fribour^^ et Philippshourg, avec la certitude que les Français accepteraient peut-être celle-ci au lieu de Nancy. Mais dorénavant je ne crois pas qu'il soit de la dignité du Saint-Siège de faire des propositions sans fondements, parce qu'on a l'air de vouloir travailler au succès des intérêts des Français et sonder la volonté de la Cour impériale sans aboutir au traité, et bien des fois on m'a fait allusion à cela. Là trop grande rigueur des Français, outre qu'elle ruine les princes catholiques d'Allemagne, sera cause de la perte de la religion en Hongrie, parce qu'il faut tout accorder aux révoltés. Ceux qui ont allumé l'incendie auront à en rendre compte à Dieu, tandis que l'empereur sera excusé par la nécessité ».

Le 4 novembre, Bevilacqua informe Cybo que les Français sont venus lui faire cet aveu qu'ils n'ont pas fait aux Anglais: qu'ils se contenteraient si l'empereur gardait Philippsbourg, leur cédant Fribourg avec son comté et une communication entre cette place et Brissac, et par comté ils entendaient les environs de Fribourg, car en d'autres temps Fribourg avait formé un comté; que pour le reste le trèschrétien a intérêt à ce que ceux qui veulent la paix rappellent leurs troupes de la guerre, ne permettant pas qu'ils soient secourus par l'empire de quelque manière que ce fut, et cela parce que la France s'intéressait au sort de ses alliés. Et que le roi ferait son possible pour persuader l'évêque d'Argentina et le prince G. de Fûrstenberg de chercher à rentrer dans les bonnes grâces de l'empereur. Le nonce ajoute que les Impériaux, après avoir reçu des ordres de Yienne, ont répondu: que l'empereur garderait Philippsbourg et céderait Fribourg avec les villages de Leen, Meghausen et Kircherardt, assurant qu'en bonne foi on ignore s'ils formaient un comté ou non ; qu'au lieu d'accorder la propriété d'une route entre Fribourg et Brissac on offrait le libre passage, sans obligation de logement vu que le trajet est court.

qu'on admettait les conditions touchant les princes qui resteraient en guerre, mais que l'on n'avait pas faculté d'accorder à la France la liberté de secourir ses alliés^ car ce serait troubler Tempire; que pour l'Autriche et la France il sutîirait de faire la paix entre elles. Les Français par contre soulevèrent d'autres difficultés, à propos des dépendances de Fribourg et de la route en demandant que la faculté du secours fut pleine et libre. Aujourd'hui, conclut-il, on continue les négociations, mais le troisième point est bien difficile à résoudre. Les Impériaux répliquent qu'on peut secourir la Suède par mer. Les deux parties ont communiqué les négociations aux Anglais, et Jenkins a dit qu'il vaudrait mieux pour l'empereur de continuer la guerre, car alors son roi pourrait s'armer et imposer des traités séparés. Et, le même jour, le nonce écrit, qu'après avoir bien exa miné le traité entre la France et la Hollande, il s'est persuadé qu'il ne contient rien qui puisse donner lieu à des protestations, car non seulement il ne porte pas préjudice à la reli gion catholique, mais qu'au contraire bien des clauses à préjugés, introduites par les Hollandais contre la capitulation de 1632, ont été repoussées. Et, il ajoute, qu'il espère que les églises des pays au delà de la Meuse, sont à l'abri de tout danger de la part des Français; « et à la Haye jusqu'à ce que Y. Em. ne m'ordonne le contraire, je suspendrai tout acte de protestation contre ce traité. Y. Em. aura vu que l'on parle souvent de la paix de Munster; mais dans mes conversations j'ai bien eu garde d'en parler, tout en ayant protesté auprès des Impériaux et des Français contre les conditions de cette paix et tous m'ont promis d'insérer ma protestation dans le protocole. Mais écrit-il, dans les négociations avec l'empire, on prend pour base la paix de Munster, c'est pourquoi j'ai prié que l'on impose à la Suède le rétablissement de l'ancien état de choses plus favorable aux catholiques ».

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