‹ Innocent XIChapitre 160 sur 290 · LES LIGUES SE DISSOLVENT · texte numérisé non relu

LES LIGUES SE DISSOLVENT

continue à soutenir les coalisés du Nord, et de les gagner à elle s'il les abandonne. Je conseille à l'empereur de conclure la paix, en y comprenant ceux qui veulent y entrer sans mentioner individuellement les coalisés du Nord, de s'obliger à ne pas secourir ceux qui ne le suivraient pas et que si la France prétendait passer sur le territoire <le l'empire pour les attaquer, on aurait quelque motif de piomettre secrètement de ne pas s'y opposer, et de cette manière on sauverait en apparence toute dignité. Que si le roi de France se dispense du consentement des électeurs ecclésiastiques et du duc de Neubourg, qui ont déclaré vouloir jouir de l'article 19 de la paix de Hollande, ceux-ci n'auront pas à se plaindre de l'empereur, mais des Hollandais, qui ne les garantiront pas. Je ne sais pas, conclut Bonvisi, si l'on suivra ce conseil» (1).

Le 2 décembre, Bevilacqua écrit que les Impériaux veulent négocier la paix avec les Français, et qu'il ne sait comment s'y prendre car il s'agit toujours de la paix de Munster; «mais, ajoute-t-il, Jenkins a fait lui-même les premiers pas et j'en suis content et, si l'on arrive à ce que la France renonce à la prétention d'avoir la propriété des

(1) Le 29, Bevilacqua annonce que l'autre soir, à la réception ordinaire chez M.me Colbert, un laquais de Hyde, ivre, a lancé des invectives devant la maison de la nonciature, qui est tout près, et a même cherché à forcer la porte ; qu'il donna l'ordre à sa famille de ne pas intervenir, de le laisser crier et que le vin ferait le reste ; mais que le lendemain d'Avaux vint dire au nonce, de la part de l'ambassadeur anglais, que non-seulement on avait chassé le laquais, mais qu'il avait été consigné au majordome de la nonciature pour être puni, car, bien qu'il n'y eut pas de rapporte entre les maîtres, l'anglais n'en avait pas moins de respect pour le nonce ; qu'il exprima ses remerciements et que le laquais vint faire ses excuses au majordome.

chemins du duc de Lorraine, la paix pourra se conclure. Les Impériaux voulaient céder Bouillon au lieu de Fribour^, puis ils changèrent d'avis ». Le 3, Cybo lui recommande les églises d'Allemagne laissées par la paix de Westphalie à la maison de Brunswick et au marquis de Brandebourg. L'ambassadeur de France, auquel N. S. en a parlé, a promis d'en écrire en exposant qu'il y a des motifs pour restituer ce qui fut accordé pour indemniser des pertes faites dans la guerre avec la Suède, d'autant plus qu'à présent on a obtenu davantage... Et, le même jour, il l'approuve d'avoir déconseillé la demande que voulait faire Brunsv^ick de s'annexer Osnabruck et aussi l'église de Hiedelsheim. Y. S. doit chercher le plus possible la réintégra' tion des églises, couvents et abbayes cédés par la paix de Westphalie».

Le 3, Tanari, de Bruxelles, assure Cybo qu'il fera de son mieux pour se renseigner sur ce qui se passe en Angleterre; à présent surtout, qu'il paraît que les affaires s'embrouillent toujours plus, de manière à faire craindre un soulèvement général du royaume non moins ruineux pour les catholiques qu'à la maison royale. L'envoyé extraordinaire venu d'Espagne est muni de feuillets en blanc, signés par le roi avec ordre à ses ministres d'obtenir, si possible, des changements au traité de paix avant de transcrire la rectification . . . Toutefois celte Cour a écrit aux plénipotentiaires qu'ils ne pourraient obtenir un plus grand avantage, que la restitution immédiate des territoires promis plutôt que d'entrer dans de nouvelles négociations. On croit qu'on a, déjà échangé les ratifications à Nimègue. Il est incroyable, mais vrai, que la perte causée par le retard apporté aux résolutions d'Espagne au sujet des localités qui doivent être restituées, se chiffre à plusieurs millions; et le duc ne doit pas penser, durant plusieurs années, de pouvoir tirer de ces pays la moindre somme.

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