ACCORD ENTRE L'ÉVÊQUK DE MUNSTER ET LA FRANCE
restitué aux Suédois les territoires perdus en Allemaguo que, moyennant la promesse d'observer les conditions faites aux catholiques^ stipulées dans le traité de paix de 1648, et de supprimer les abus et les préjudices dont les ecclésiastiques ont été victimes, malgré la clause de laisser les choses en rétat où elles se trouvaient en 1624; la situation actuelle est tellement grave, qu'elle mérite l'attention du roi trèschrétien; dans le projet impérial pour la Suède, on avait cherché par l'art. 5, d'y porter remède ; mais cet article n'a pas été observé, et à présent, c'est à la piété de S. M. d'ordonner à ses plénipotentiaires que, dans les traités où n'entrent pas de princes catholiques, on ait à prendre en considération les indemnités des biens ecclésiastiques et les intérêts de la religion catholique. ^ On espère, conclut-il, que les Suédois y acquiesceront. L'évêque de Munster, tant recommandé par S. S., était bien près de s'entendre avec les Suédois, mais les négociations ont été rompues, et aujourd'hui il est le premier exposé aux armées, et l'on ne comprend pas que S. M. veuille l'obliger à céder aux Suédois toutes ses conquêtes sans compensation; Munster, la seule ville catholique, est traitée pire que les autres ».
Mais, le 24, il lui avoue s'être trompé, car le jour même où se signait le traité entre les Impériaux et les Français, ceux-ci en concluaient un autre de neutralité avec l'évêque de Munster, par lequel, l'évêque s'oblige à donner à la France, en cas de guerre, le nombre de soldats auquel il est obligé par la matricule de l'empire, et de procurer à la Suède tous les avantages possibles en échange de la restitution des états occupés par elle; en revanche, le roi de France lui donnera chaque année 50,000 écus. Ce traité a été négocié en secret et par l'intermédiaire du représentant d'Argentina. En attendant, le traité de paix fut signé et de PariS; vint une lettre déclarant que l'on acceptait, mais que l'évêque devait renoncer à la restitution des terres con-
quises par la Suède, l'argent du subside devant lui suffire et que ces terres devaient revenir aux princes plus éloignés: Brunswick et Brandebourg; et à cet effet les plénipotentiaires font des démarches, auprès de l'évêque. « Je tâche, conclnt-il, de soutenir la cause de l'évêque, faisant ressortir que c'est le seul prince catholique, et qu'on le met dehors ».
Le 25, Cybo écrit à Bevilacqua pour approuver sa conduite vis-à-vis des plénipotentiaires dans la signature du traité de paix. Et le même jour, il lui déclare que le pape s'est beaucoup réjoui de la conclusion de la paix, pour le bien public et la tranquillité de la chrétienté; mais non sans quelque amertume en apprenant que la paix de Munster a été renouvelée; et il ordonne à V. S. Ill.me de s'employer auprès des plénipotentiaires français, afin d'en obtenir les bons offices pour que, dans l'application des traités on prenne en considération la restitution des biens, ce qui n'a pu être obtenu en renouvelant la paix de Munster, et en même temps, de présenter de nouveau la protestation faite par Chigi. « Y. S. doit tâcher que, dans les territoires que l'on restitue à la Suède, ou qui resteront sous la domination des protestants, soit accordé le libre exercice du culte, ou tout au moins qu'il n'y ait pas de pénalités. Quant à la demande de l'électeur de Mayence, de conserver les bénéfices, bien que N. S. ne soit pas disposé à tolérer ce cumul habituel sur la même personne, réprouvé par les S. S. Canons, mais eu égard aux qualités de l'élu et à la situation particulière de Mayence, S. S., désirant donner une consolation à ce prélat, a ordonné que la demande soit examinée par une commission spéciale.
Et, le même jour, il mande à Bonvisi: « Je viens de recevoir l'annonce de la conclusion de la paix entre l'empereur et le roi très-chrétien. N. S. a désiré grandement et cherché au €Ours des négociations, une amélioration dans les affaires