‹ Innocent XIChapitre 165 sur 290 · LE PAPE APPROUVE LA PAIX · texte numérisé non relu

LE PAPE APPROUVE LA PAIX

de l'Eglise ; que l'on eût à restituer au catholicisme les diocèses et les abbayes sécularisées à la suite de la paix de Westphalie; mais nonobstant que tout cela ne se soit pas fait, S. S. s'est contentée de protester auprès de Mgr Bevilacqua, comme l'a fait Fabio Chigi à Munster, car la paix actuelle aurait confirmé celle de Westphalie. N. S., du reste, a montré et prouvé le grand plaisir qu'il ressentait de voir enfin terminée une guerre, si longue, si désastreuse, et dont la continuation aurait fini par épuiser la dernière goutte de sang du pauvre peuple qui vit dans les pays occupés par les armées. A cette fin, S. S. a évité, pour ne point entraver la conclusion de la paix, de se plaindre ou de faire n'importe quel acte pour prendre la défense de la cathédrale de Liège, dépouillée du duché de Bouillon et delà ville de Dinant et envers laquelle, malgré tout, S. B. croit avoir satisfait à tous les devoirs de son zèle pastoral pour remédier à cet inconvénient, comme V. S. 111. me le sait. Ce qui a le plus engagé N. S. à conserver cette attitude, c'est l'espoir que les armées et les subsides des princes catholiques ne manqueront pas pour la défense de la chrétienté menacée par des barbares en plusieurs endroits et, particulièrement dans les royaumes de Pologne et de Hongrie. Et S. S. ne cessera d'employer toutes ses forces dans ce but auprès des princes. Y. S. 111. me doit se prévaloir de tout cela auprès de l'empereur pour le réconforter au nom du pape si les conditions de la paix Ini paraissent trop dures; Il est nécessaire de faire des concessions au temps et, entre deux maux, choisir le moindre, car le pire de tout serait la continuation de la guerre dans les conjonctures présentes. N. S. s'est exprimé dans les mêmes termes avec l'ambassadeur d'Espagne, afin que celui-ci les transmette à S. M. catholique... toutefois, si V. S. Ill.me croit que S. M. puisse s'en offenser ou les interpréter dans le sens de partialité envers la France, S. S. s'en remet au jugement et à la pru-

dence de V. S. 111. me pour entretenir S. M. sur ce sujet; mais l'empereur ayant déjà déclaré à V. S. qu'il veut faire ce sacrifice à Dieu, il est vraisemblable qu'il n'aura pas besoin d'être exhorté à la résignation ».

Et, Bonvisi à son tour, écrivait, le 26, àBevilacqua qu'à présent il faut conclure avec les coalisés; que sans un traité avec eux, en efifet, les misères de l'Allemagne n'auraient pas de fin, car on n'a pas réglé le passage des Français de manière à ne pas créer de désordres. « On ignore aussi, écrit-il, l'impression que produiront à la Diète de Ratisbonne les concessions faites par l'empereur et qui excèdent l'autorité impériale, raison pour laquelle on n'est pas satisfait du traité. Je crois pourtant que le duc de Lorraine préférera rester en exil plutôt que de se voir ainsi sacrifié. Peut-être eut-il pu tout tolérer, mais ces quatre chemins qui partagent la Lorraine en autant de parties, rendent impossible toute ac^ ceptation, car S. A. n'aurait plus un coin pour vivre en sûreté, et on dit que le pays partagé de cette manière, ne rendrait pas plus de 100,000 thalers; il vaut donc mieux être plaint de tout le monde. On ne parvient pas à comprendre comment les plénipotentiaires impériaux ont pu accepter ces conditions, au lieu de s'en remettre au résident de S. A., auqiipl on avait envoyé des courriers avec ordre de ne pas accepter, sans toutefois récuser toute autre humiliation raisonnable imposée par le roi très-chrétien ».

Lauri écrit à Cylio:

Due commissioni mi ha date Monsig.'" Bevilacqua con sua lettera de' 21 febbraro giuntami in questa settimana. Una di adoperarmi à questa Corte, perche non siano restituiti à gli Svedesi gli stati perduti nella Germania, senza che vengan prima obligati à prometter l'osservanza délie condizioni favorevolij che nella pace del 1648 furono stipulate per la manutenzione délia religione Cattolica ne' sudetti Stati, et à togliere gli abusi, et i pregiuditii;

Page 1